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RECRUDESCENCE DES CÉSARIENNES DANS LES STRUCTURES DE SANTÉ : ARNAQUE FINANCIÈRE OU URGENCE MEDICALE ?





RECRUDESCENCE DES CÉSARIENNES DANS LES STRUCTURES DE SANTÉ : ARNAQUE FINANCIÈRE OU URGENCE MEDICALE ?
Les accouchements par césarienne sont, de nos jours, devenus récurrents. Ce type d’intervention qui n’est pas à la portée de tout le monde est devenu banal. Une situation qui fait croire à beaucoup que des structures de santé surtout les cliniques privées en abusent pour se faire de l’argent. Mais les praticiens de la santé pensent plutôt qu’on leur fait un mauvais procès.

La césarienne est définie comme une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie générale ou locale au cours de laquelle le bébé naît à l'aide d'une incision effectuée dans l'utérus. Elle peut être effectuée en urgence, au cours de l'accouchement, ou programmée à l'avance. De nos jours force est de constater que les accouchements par césarienne sont devenus récurrents. Ce procédé médical consiste, en effet, à faire une incision dans l'abdomen de la femme enceinte. Ce qui rompt ensuite la poche des eaux et fait sortir le liquide amniotique, puis le bébé est extrait.

Vu l’augmentation de la césarienne dans les structures de santé comme les cliniques, certaines personnes pensent que les praticiens en abusent pour se faire de l’argent. Car, la césarienne coûte cher dans certaines cliniques. C’est donc la raison pour laquelle nous nous sommes intéressés à cette intervention chirurgicale qui suscite tant de commentaires. Son coût élevé fait croire à certaines que des structures sanitaires privées en usent pour se sucrer. Les praticiens, de leur côté, trouvent qu’on leur fait un mauvais procès. Dans tous les cas, les avis sont partagés.

LE PRIX DE LA CÉSARIENNE PEUT ALLER JUSQU'A 800.000 FRANCS CFA OU PLUS

Une césarienne coûte au moins 500 000 francs Cfa dans les structures privées. Selon les cliniques, les prix peuvent variés. Car, en plus de l’opération, il faut y ajouter les frais d’hospitalisation. Ce qui explique les différences de prix. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les «hôtels médicalisés» ou cliniques privés sont raisonnables dans leur tarification. Car la loi leur impose de verser une partie du coût de la césarienne à tous les praticiens qui ont participé à l’opération. Par exemple le médecin gynécologue peut avoir entre 160 000 et 200 000, l’anesthésiste ainsi que l’aide soignant auront aussi leur part. Toutefois, ce partage n’est aucunement gratuit, c’est une obligation.

En effet, dans le privé, la responsabilité du médecin est individuelle contrairement au public. Dans le centre de santé et hôpitaux publics, la césarienne est certes gratuite mais la patiente devra acheter le kit accouchement. A l’hôpital principal, par exemple, ça varie entre 400 000 et 500 000 francs. Des sommes qui, dans tous les cas, ne sont pas à la portée de tous. Ce, même si la césarienne est un moyen de lutter contre la mortalité néonatale

LES FEMMES POUR UNE BAISSE DU COÛT DE LA CÉSARIENNE

L’accouchement peut s’avérer difficile pour certaines femmes. Dans ce cas, les médecins ont recours à la césarienne pour sauver la mère et l’enfant. Mais, certaines déplorent le coût élevé de la césarienne. Des femmes césarisées ont accepté de se prêter à nos questions. Ce que ces mamans déplorent, c’est sa cherté surtout dans le privé.

Mme Faye a accouché d’un garçon, il y a trois mois. Sa grossesse étant compliquée, elle a fini par être césarisée. «La raison de ma césarienne était le surpoids. Mon bébé avait dépassé 4 ilogrammes. Il faisait 4k 300. C’est la raison pour laquelle mon gynécologue m’a dit que ce serait risqué d’accoucher par voie basse. J’ai mis du temps pour me rétablir certes, mais cela s’est bien passé. Je trouve que c’est une intervention que les médecins font quand ils n’ont pas de solution. Personnellement, mon gynécologue m’a très trop averti que j’allais accoucher par césarienne», informe la dame âgée d’une trentaine d’années. Mme Faye insistant sur le prix de l’opération, déclare : «Dans le privé, on casque fort. Mon mari a dépensé presque 500 000 dans une structure privée. Si on pouvait diminuer le prix de l’opération, ce serait mieux». M. S., secrétaire dans une entreprise de la place, a fait le même constat. «C’est excessivement cher. On doit voir comment alléger le coût parce qu’un accouchement peut, au dernier moment, avoir une complication», soutient-elle. La dame de teint clair a aussi subi cette intervention.

Sur ce, elle ne manque pas de nous donner des détails : «La complication que j’avais est que mon bébé était en position de siège. C’est la raison pour laquelle j’ai subi une césarienne. Mon médecin n’a pas attendu que j’entre en travail. L’opération s’est très bien passée et je n’avais aucun problème ». Sous le couvert de l’anonymat Mme X pense, pour sa part, qu’il y a une exagération sur le prix de la césarienne. De son avis, «la santé est une priorité. On doit revoir les prix». Celle-ci est hypertendue et a une fois accouché par césarienne : «J’étais hypertendue durant ma grossesse. Arrivée à terme, ça s’est aggravé.

Pendant plusieurs jours j’avais des contractions, des douleurs intenses, mais l’enfant ne venait pas. Je suis allée à trois reprises à l’hôpital et à chaque fois on me demandait d’attendre. On m’a demandé 400 000F Cfa dans une structure de santé», explique la mère de famille. Plus mesurée, Aminata plaide pour le juste milieu, car dit-elle: «Pour moi accoucher normalement est meilleur. Mais la médecine a progressé, les médecins ne prennent plus de risque. Certes la vie n’a pas de prix, mais le coût est très élevé surtout dans les cliniques».

DOCTEUR ATAB BADJI, GYNECOLOGUE- OBSTETRICIEN - «LES MEDECINS N’ONT AUCUN INTERET A FAIRE DES CESARIENNES ABUSIVES»

Docteur Atab Badji, gynécologue-obstétricien, trouve que certains leur font un mauvais procès en pensant que des structures de santé surtout privées abusent de la césarienne pour se faire de l’argent. D’après Dr Badji, «les médecins n’ont aucun intérêt à faire des césariennes abusives ». «Leur objectif, fait-il savoir, c’est de sauver la mère ou bien de sauver l’enfant». En ce sens, il déclare : «Il ne faut pas oublier qu’un accouchement normal n’est pas sans risque. Il y a beaucoup de choses qui sont liés à l’accouchement normal. Le contexte d’avoir plusieurs enfants a changé. Une femme césarisée a des chances d’en avoir jusqu'à trois. Une femme peut faire quatre césariennes et exceptionnellement cinq, tout dépend de la qualité de la césarienne».

Le gynécologue trouve que c’est très normal qu’il y ait une augmentation du nombre de césariennes «parce qu’il faut qu’on mette la césarienne dans son contexte». «On est dans un contexte marqué par une insuffisance des soins. Le nombre de gynécologues était insuffisant par rapport à un problème qui était là, la mortalité maternelle. Je trouve que c’est très logique qu’il y est une augmentation des cas de césariennes parce que tout cela entre dans le cadre de la lutte contre la mortalité néonatale», renseigne Dr Badji qui indique, par ailleurs, qu’il y a trois cas majeurs, en général.

«Le premier, c’est les cas de césariennes obligatoires. Il y a des femmes qui, pour un rien, ne peuvent accoucher par voie normale d’un enfant de poids normal. C'est-à-dire un enfant dont le poids est supérieur ou égal 2,5 Kg. Ce sont les femmes qui ont un bassin rétréci comme on le dit dans notre jargon. Chez ces femmes, la césarienne est obligatoire. Il n’y a pas d’autre alternative. Il y a aussi des césariennes de nécessité c'est-à-dire la femme peut accoucher par voie normale plusieurs fois et se retrouver avec un problème. Par exemple, elle peut avoir une hypertension très sévère ou qu’elle perde la poche des eaux. Ce qui la met en danger. Quand il y a une course entre la vie et la mort, il faut donner à la vie toutes ses chances. Le dernier, ce sont les grossesses précieuses. C’est le cas des femmes qui font leur première grossesse à 40 ans ou 35 ans. Quand des femmes de cet âge tombent enceintes, ce sont des grossesses précieuses. Il y a aussi les femmes qui font des accouchements à répétition» souligne Docteur Atab Badji, gynécologue-obstétricien

Le Populaire

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Mardi 11 Novembre 2014 - 12:06



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