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RECRUTEMENTS DE COMPLAISANCE AU «SOLEIL» : Le maquillage directorial tombe sous le rayon des faits



PiccMi.Com - A travers un communiqué que nous reproduisons, in extenso, le Syndicat des travailleurs libres du Soleil (Stls) dénonce «des pratiques ne militant pas en faveur d’une bonne gestion».



De gauche à droite : Mamadou Sèye, ancien Directeur général du «Soleil» et L’actuel Directeur général  Cheikh Thiam.
De gauche à droite : Mamadou Sèye, ancien Directeur général du «Soleil» et L’actuel Directeur général Cheikh Thiam.
Ces derniers temps, le Syndicat des Travailleurs Libres du «Soleil» attire l’attention des autorités, de la Direction générale et du public sur des choix de gestion irrationnels. Le dernier en date est le recrutement de six agents administratifs sous recommandation du Ministre de la Communication, des Télécommunications et des Tics, Moustapha Guirassy. Les arguties avancées pour expliquer cette énième forfaiture ne convainquent même pas ceux-là qui les ont élaborées, à plus forte raison des membres du Personnel conscients des dérives dont les manifestations sont visibles au quotidien. Le Directeur Général n’a pu infirmer les faits !

Le ratio Administration-Rédaction ignoré

Interrogeons les chiffres actuels avant de passer en revue l’histoire récente des mobilités sociales dans la Société sénégalaise de presse et de publications (Sspp), éditrice du quotidien Le Soleil. 150 agents permanents, 77 administratifs contre 50 journalistes, 2 documentalistes, 6 reporters-photographes et 15 agents des Services techniques. Faites le rapport et voyez comment il est malvenu de renforcer le bataillon des «agents administratifs». Six recrutements de journalistes que nous avons salués ne peuvent pas équilibrer la balance voire inverser la tendance dans une entreprise de presse dans laquelle le cœur de métier est de faire un journal. En 2000, à l’occasion d’une journée d’études destinée à «réconcilier Le Soleil avec les Sénégalais», le ratio Administration-Rédaction est revenu dans beaucoup d’interventions. A un niveau de responsabilité très élevé, un chiffre était donné : 3 administratifs pour 1 journaliste. La structuration du personnel de la Société sénégalaise de Presse et de Publications (SSPP) portait déjà, en elle-même, les germes de la non-viabilité de l’activité. En 2001 et en 2003, des journalistes ont été intégrés pour un total tournant autour de la vingtaine. En 2005, il y a eu deux réintégrations et un recrutement. L’Administration a continué à se renforcer.


Derrière le prétexte des retraites, le népotisme

Déjà, en 2003-2004, la question du recrutement a suscité un débat souvent passionné dans différentes réunions du Conseil d’Administration. La poursuite de l’exploitation, pour une entreprise non conforme aux normes de l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (Ohada) en matière de rapport Ressources/Charges, passe par la maîtrise des flux. D’un taux de 25% sur le rapport Ressources/Charges, on est passé à 85%, avec des escales à des seuils tout aussi critiques en différentes gestions (60, 70, 75%...) Comment investir ? Comment mettre en œuvre une stratégie de gestion des stocks ? Le Directeur général, dans ses explications relayées par la Presse comme dans sa Communication à son personnel le mardi 18 octobre 2011, a prétexté des départs en série, de 2011 à 2015 (en tout, 45 selon lui), pour justifier des recrutements de six (06) agents proches du ministre de la Communication, Moustapha Guirassy. C’est une bien curieuse manière de fonder des dérapages népotistes sur une tendance aux départs. Pour corriger le ratio qui ne cadre point avec la vocation d’une entreprise de presse, la SSPP devait, judicieusement, procéder à la redistribution des postes budgétaires libérés. A défaut d’un plan social, la reconfiguration des parts des différents corps de métiers permettait de corriger le rapport Ressources/Charges mais aussi de ne recruter que par nécessité. Il ne sert à rien d’enrôler des profils douteux ou inexistants en lieu et place des postes à incidence directe sur la production. Cette option ne fait que projeter, dans un futur proche, les errements du passé. Nous le maintenons avec force : la formule « agent administratif » est le lieu où une administration case tous les choix irrationnels. Dans les sociétés modernes, le corps de métier n’est pas un champ de « compétences » élastique.

Les alibis «Politique de l’Etat» et «Conseil d’Administration»

Les départs ne sont ni des faits nouveaux ni des motifs de procéder à des recrutements de complaisance. En 2005, il y avait 1,2 reporter par service (soit 9 au total contre 17 de rang supérieur). Six collaborateurs extérieurs attendaient d’être recrutés. Le Conseil d’Administration avait donné son aval. Cependant, la Direction générale de l’époque estimait être dans l’incapacité d’intégrer ces confrères fort méritants. Pourtant, de 2005 à 2009, pas moins de 22 départs, pour raison de retraite, démission, disponibilité et décès, ont été enregistrés dans la Rédaction centrale. Les postes budgétaires n’ont pas été automatiquement redistribués. Les deux mamelles de la société (publicités et ventes au numéro) se tarissaient et la rémunération du service public tardait à tomber. Le recouvrement était la seule planche du salut, malgré le peu de moyens mis à sa disposition. Le Conseil d’Administration libère des postes budgétaires en fonction des besoins, mais surtout des capacités de l’entreprise. Il ne tient pas la main du Directeur général pour lui faire signer n’importe quel type de contrat. Il ne saurait donc y avoir un abus de la caution de l’instance de contrôle. Il importe aussi, d’interpeller solennellement les Administrateurs de la SSPP sur ces dérives qu’elle bénirait. Toujours sur cette question, la SSPP ne saurait trouver un parapluie sous la politique de création d’emplois de Monsieur le Président de la République pour fouler au pied les règles d’équité, de professionnalisme et de rigueur. Cette bonne «charité» devait commencer par les prestataires qui ont poireauté, sous le régime de l’oubli et de la précarité, depuis près d’une décennie ?


Un journal sous perfusion


Tout le monde le sait. «Le Soleil» est tenu sous perfusion par l’Etat du Sénégal. L’argent n’est pas destiné à un usage selon les humeurs d’une personne simplement nommé par décret et qui pense, aveuglément, être en mesure de décider du destin des uns et des autres. Il a obligation de veille sur les ressources et leur redistribution judicieuse. Qu’il parle toujours à la première personne du singulier, dans une Administration, est symptomatique d’un état d’esprit. Le «je» est un empire domestique. Dans un Etat ou dans une entreprise qui survit grâce à des fonds publics, le «moi» est l’expression des confusions fatales. Le Syndicat des Travailleurs Libres du Soleil (STLS) attire l’attention des plus hautes autorités de ce pays sur les agissements de délégataires de pouvoir qui les engagent dans des horizons personnels qui n’ont rien à voir avec les urgences de la République. Nous sommes bien placés pour saisir le sens des options de l’Etat et ses besoins. Ici, nous sommes en présence d’ambitions personnelles menaçant de couler les œuvres collectives. Le STLS ne vivra jamais de complaisance et ne mourra jamais de légèreté devant ses responsabilités.

L’ostracisme érigé en mode de gestion

Au-delà de cette question des recrutements de complaisance, le Syndicat des Travailleurs Libres du Soleil exige que quelques points soient tirés au clair. Le programme mis en œuvre, depuis quelque temps, est une série de recrutement à des positions stratégiques de l’Administration. Des agents à la compétence avérée ont été ostracisés pour faire de la place à de nouveaux venus incapables de répondre, objectivement, au motif de leur arrivée, et à des positions de cadre. Le STLS donne son accord à tout contrat qui se ferait sous le sceau de la nécessité. Nous exigeons le respect strict des procédures de recrutement, qui consistent à recenser tous les postes vacants et définir les différents profils adaptés, avant de procéder aux appels à candidature afin que tous les Sénégalais puissent postuler à chances égales. Depuis deux ans, le Directeur général initie des missions à l’étranger pour l’acquisition d’une unité d’impression. Et ce n’est pas fini ! Ce dossier est géré en solitaire. Aucun technicien de la boîte n’y est associé. C’est une nébuleuse totale. En dehors de ces dépenses faites pour des missions, des techniciens suédois ont séjourné à Dakar l’année dernière, aux frais de la SSPP. Leurs conclusions restent lettre morte parce que l’imprimerie ne fonctionne toujours pas ! Avant cette même période, des séances de maintenance ont été menées à l’interne, à coup de millions. Cela ne s’appelle pas tâtonnement lorsqu’au bout de ces «diagnostics», le Directeur général, évoque, à mi-mots, une nouvelle acquisition ? Malgré les tests assez probants en 2010, l’actuel Directeur général semble avoir fait l’option d’une nouvelle unité d’impression. Le STLS demande que soit fait le bilan de cette opération «imprimerie» de même que l’évaluation des coûts afférents à l’impression du quotidien «Le Soleil» chez un concurrent.

13ème mois du Dg ?

Le Directeur général avait quitté «Le Soleil » il y a une décennie. A sa nomination par décret, il n’était plus un employé de la boîte. Il ne doit pas bénéficier de la gratification du 13e mois, fixée sur la base de son salaire, puisqu’il représente l’employeur. Il doit donc se contenter des nombreux avantages et privilèges dont il bénéficie durant tout son magistère. Depuis l’année 2009, le personnel de la SSPP bénéficie de l’augmentation globale des salaires. Depuis, il existe un important stock d’arriérés. Nous exigeons leur paiement intégral. Seuls deux collaborateurs du Directeur général sont rémunérés sur la base de la grille de la Radiodiffusion Télévision du Sénégal (RTS). Les autres agents se contentent de la Convention collective des Journalistes et Techniciens de la Communication sociale en déphasage avec le coût de la vie. Conséquence : des écarts remarquables dans le traitement des uns et des autres. Par souci de justice sociale, le STLS exige que soient corrigées ces disparités. Les conditions de travail sont à améliorer. La mobilité dans la Rédaction est réduite à cause des véhicules immobilisés. La promesse de nouvelles acquisitions tarde à se faire alors que le lot des reporters est d’aller vers les actualités. Le téléphone est, lui aussi, un instrument précieux dans le processus de collecte et de traitement de l’information. Le STLS dénonce le mauvais procès d’intention collé à la comptabilité. En effet, ce Département regorge de ressources humaines dont leurs compétences et leurs expériences ne sont plus à démontrer. Certes, il y a eu quelques dysfonctionnements, dus essentiellement à un mauvais management des hommes initié par la Direction générale. Mais les comptables confirmés, secondés par des stagiaires, en dépit de nombreuses difficultés matérielles, s’efforcent, tous les jours, de produire les états financiers de la SSPP «Le Soleil». Il ne faudrait pas profiter de cette situation pour essayer de justifier d’autres recrutements inappropriés.

Conclusion

Pour finir, le STLS réaffirme son ancrage dans le champ du devoir de veille, en dépit des gesticulations malhabiles destinées à ériger un écran de fumée devant des dérives criantes. Nous le réitérons, cette entreprise n’appartient pas à un Directeur général. Il est le fruit de l’effort de tous les Sénégalais à avoir un instrument d’information et de communication. Nous nous réservons le droit de saisir qui de droit afin que soit mis un terme à la gestion à tempérament d’une société publique.
Le Bureau du Syndicat des Travailleurs Libres du Soleil

PiccMi.Com

Mercredi 26 Octobre 2011 - 14:21



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