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REPRESENTATION DES FEMMES DANS LES MEDIAS: Le combat n’est pas encore gagné



Les femmes sont encore sous-représentées dans la couverture assurée par les médias d’information. C’est la conclusion du rapport du monitorage des médias dont les résultats ont été présentés mercredi dernier 29 septembre 2010 par le Réseau Interafricain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement (Famedev) au siège de l’Ong sis à Liberté 6 Extension.



REPRESENTATION DES FEMMES DANS LES MEDIAS:  Le combat n’est pas encore gagné
« Les femmes sont toujours considérablement sous-représentées et mal représentées dans la couverture assurée par les médias d’information, selon la recherche menée dans le cadre du Projet mondial de monitorage des médias (Gmmp) et ce, en dépit de changements substantiels survenus depuis les débuts du projet, il y a quinze ans », a signalé d’entrée de jeu Médoune Seck, Directeur administratif et financier de Famedev, présentant ledit rapport. Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la Fédération internationale des journalistes (Fij) a présidé la cérémonie qui était un forum de questions sur la situation du genre dans les médias. En effet, selon Médoune Seck, « la recherche coordonnée par l’Association mondiale pour la communication chrétienne (Wacc) dans 108 pays du monde dont le Sénégal a démontré qu’il y a encore beaucoup dans la gestion du genre dans les médias ».

« À l’échelle mondiale, quelque 76 % des personnes que l’on entend ou desquelles il est question dans les nouvelles sont des hommes. Ainsi, le monde que nous décrivent les médias d’information demeure largement masculin », nous révèle le rapport présenté par le Directeur administratif et financier de Famedev. « Le Gmmp a procédé au monitorage de 1 365 journaux, stations de radio, de télévision et sites Internet, totalisant 17 795 reportages et évoquant 38 253 personnes dans les actualités de 108 pays représentant 82 % de la population mondiale », a-t-il renchéri. Et de poursuivre : « Quelque 24 % des personnes dans les nouvelles sont des femmes, comparativement à 17 % en 1995. Par ailleurs, dans les reportages, 44 % des personnes fournissant des commentaires représentant l’opinion populaire sont des femmes, en comparaison avec 34 % en 2005 ». Cette tendance des résultats mène au constat selon lequel « les médias d’information manifestent des préjugés sexistes évidents, 46 % des reportages renforçant les stéréotypes sexuels » et que « quelque 13 % des reportages sont axés principalement sur les femmes ». Pis encore, « les femmes occupant des postes à l’extérieur du foyer ne sont pas représentées de manière proportionnelle à leur présence réelle, les commentaires d’expert proviennent en très grande majorité des hommes, puisque sur cinq experts, on ne compte qu’une seule femme ».

Cependant, il faut reconnaitre qu’il y a aujourd’hui une petite amélioration de la situation, car « les femmes journalistes sont responsables de 37 % des reportages alors que ce chiffre atteignait 28 % il y a 15 ans ; les reportages des femmes contestent les stéréotypes sexistes deux fois plus fréquemment que ne le font les reportages de leurs homologues masculins ». En 1995, par exemple, il y a eu 28 % de reportages faites par les femmes au niveau mondial dans les médias, en 2000, il y en a eu 31 %, et 37 % en 2005. Ce qui signifie aussi qu’il y a plus de femmes reporters à la télévision et à la radio que dans la presse écrite.

Le monitorage se fait tous les cinq ans à une date qui est tenue secrète par les organisateurs à l’échelle mondiale. Elle a été organisée le 11 novembre 2009 siège de Famedev à Dakar. Les médias ayant fait l’objet du monitorage sont « Le Soleil » et « Sud Quotidien » pour la presse écrite, « Rfm », « Walf Fm » et « Radio Sénégal » pour la radio et la « Rts 1 » pour la télévision. En définitive pour le cas du Sénégal, « les résultats issus du monitorage indiquent clairement que les sujets de reportage concernent ou touchent les hommes à 80% au détriment de la femme à qui seulement 20% des sujets sont accordés ». Toujours selon le rapport, « les mêmes tendances reviennent pour ceux qui font la une dans notre pays, 80% pour les hommes et 20% pour les femmes ». D’où le plaidoyer lancé par Gabriel Baglo de la Fij pour plus d’équité genre. Néanmoins, il Le rapport 2010 comporte un plan d’action à l’intention des professionnels des médias et de toute personne engagée à l’égard des médias d’information empreint d’éthique en matière de genre. Mais il y a encore un long chemin à faire et bien des barrières socio culturelles à briser pour arriver au parfait équilibre.

Chérif FAYE
Sudonline.sn



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Vendredi 1 Octobre 2010 - 09:03



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