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Rareté du poisson sur le marché en cette période de ramadan : Sale temps pour les ménagères



En ces temps qui courent, les Saint-Louisiens rencontrent d’énormes difficultés pour trouver du poisson.Le produit étant devenu rare sur les marchés, ses prix ont connu une flambée de la part des vendeuses.Difficiles pour beaucoup de suivre cette hausse, malgré leur désir de déguster du bon riz au poisson après une journée de jeûne.



Rareté du poisson sur le marché en cette période de ramadan : Sale temps pour les ménagères
Plat préféré de nombre de Saint-louisiens, le riz au poisson est très onéreux en cette période de Ramadan. En servir à la rupture du jeûne relève d’un véritable parcours de combattant, pour la ménagère. Pour cause, le poisson, rare sur les marchés, se paie cher. Comme à l’accoutumée, les voix des vendeuses se font tonitruantes pour attirer la clientèle. Mais ce dimanche, à 16 heures, l’envie d’écouler le poisson, notée chez les vendeuses, est dissipée par le désir des clients d’en acquérir. Le décor de cet espace réservé au poisson, sis au marché Sor de Saint-Louis, en dit long. Installées jusque sur la chaussée, les vendeuses ne se plaignent pas d’un manque de visite. La clientèle est bien présente. Au point de ne pouvoir être contenue par l’espace qui lui est réservé. Elle empiète largement sur la route. C’est le branle-bas sur ce lieu. Le brouhaha créé par les marchandages fuse de partout. Une chaleur d’étuve sévit.
Assise devant son étal sur lequel reposent cinq espèces de poissons, Maïmouna Sarr se protège des rayons du soleil avec son parasol. Elle le tient de sa main gauche. La droite se charge de tâter le produit. Elle a la visite d’une cliente. Celle-ci, penchée sur l’étal, reluque le produit et fait son choix. La cliente extirpe un poisson du lot. Après un bref échange de mots, la dame se retire. Maïmouna refuse de verser dans un marchandage qui tire en longueur. La rareté du poisson sur le marché l’a poussée à placer la barre très haut. Idem pour ses commères, d’ailleurs. ‘Si quelqu’un me paie certains prix, je lui demande d’aller voir auprès des autres’. Pour avoir du ’beur’ moyen (espèce noble), auprès de cette vendeuse, il faut casquer 3 000 francs. Le prix est fixe. Elle n’entend pas le vendre moins que ça. Et pourtant, il y a quelques jours, l’espèce se vendait à 1 500 ou 2 000 francs. Cette hausse n’est toutefois pas fortuite, renseigne Maïmouna Sarr. ‘J’ai acheté la caisse à 65 mille francs’, dit-elle. En acquérir est d’une grande difficulté. ‘Je me rends au quai de pêche à l’aube pour en avoir. Et ce n’est pas toujours évident de trouver du poisson à vendre’, dit-elle. S’en sortir, de justesse, après vente n’en est pas moins difficile. ‘Parfois on s’en sort, d’autres fois, non. Et c’est ce qui est plus fréquent et on se voit obligé de compenser le gap’, crie sa voisine, Awa Fall. Awa, elle, s’est payé la caisse de poisson à 125 mille francs. Elle vend la même espèce que Maïmouna. Seulement, la taille de son produit est un peu plus grande. D’où le prix d’achat plus élevé. ‘J’achetais, d’habitude, la caisse à 75 mille francs’, renseigne la vendeuse. Et pour penser en tirer profit, elle vend l’unité entre 9 mille et 11 mille francs. Ce revers de fortune, Awa Ndiaye lui trouve une explication : ‘Beaucoup de pêcheurs ne vont plus en mer. D’aucuns n’ont plus de licences, tandis que d’autres ne peuvent accéder à leurs matériels saisis en Mauritanie.’

Le ‘Yaboye’ hors de portée

Ecailleuse de poisson, Astou Sall n’est pas, non plus, épargnée par la rareté du produit. Son travail, peu fructueux, l’est encore moins, ces temps-ci. Pis, cette situation l’a contrainte à un chômage forcé. ‘Ces jours-ci, les affaires ne sont pas bonnes. Je rentre parfois chez moi bredouille. Je reste ici toute la journée sans avoir un seul poisson à écailler. Le poisson est cher sur le marché et avec la conjoncture, il n’est pas donné à tous d‘en acquérir’, dit-elle. Toutefois, le choix n’est pas largement donné aux clients. L’offre est pratiquement pareille. ‘Sompate ’, ‘beur’ et autres carpes sont plus présents sur le marché.

Seau vide, cette dame, la trentaine passée, affiche une mine marrie. ‘Je ne vois même pas le poisson que je peux acquérir à un prix qui me convient’. L’obligation pèse, cependant, sur elle. Bien que, constate-t-elle, trouver du poisson à un prix abordable soit un véritable casse-tête, cette dame est tenue d’en rapporter chez-elle. Et du frais, comme préféré par son beau-père. ‘Nous sommes des Saint-Louisiens. Nous sommes habitués à manger du poisson après la rupture du jeûne. Et mon beau-père préfère de loin le riz au poisson. Si je préparais du repas juste pour mon mari et mes enfants, j’allais cuisiner autre chose, d’autant plus que le poisson est difficile à avoir ces jours-ci. Je ferais tout pour avoir du poisson frais, histoire de faire plaisir à mon beau-père’, lance la bru. Celle-ci vient juste de marchander un ‘sompate’. Mais les discussions menées avec la propriétaire sont restées vaines. Pour cause, la dernière nommée n’écoule pas le poisson à moins de 2 500, dit-elle. Pourtant, cette dame, la trentaine, ne trouve pas le produit très charnu. ‘L’on peut juste en avoir trois morceaux’, dit-elle. D’habitude, fait-elle savoir, un tel poisson ne coûte même pas 1 000 francs. ‘Je lui ai proposé 1 000 francs pour ce poisson ne faisant pas partie des espèces nobles, mais elle a refusé, et campe sur les 2 500 francs. Je ne peux pas l’acheter. C’est trop cher pour moi’, ajoute la dame.

Le constat est le même chez Bintou Mané. ‘J’ai pratiquement fait le tour du marché aux poissons, je n’en ai toujours pas trouvé qui correspond à ma bourse’. Après maints marchandages, Bintou n’est pas arrivée à trouver un terrain d’entente avec la vendeuse. ‘J’ai payé 5 000 francs pour acquérir trois ‘beur’, mais la vendeuse a refusé. Elle vend 2 500 francs l’unité’. Elle n’a pas de choix sur les espèces. En trouver est son unique dessein. ‘Je cherche juste à avoir ce qui est compatible avec mes moyens’. ‘Avec cette conjoncture, ce n’est pas facile d’en trouver. Il faut que les hommes augmentent la dépense quotidienne’, lance, d’un air taquin, Bintou Mané.

Venu accompagner son épouse au marché, Daouda Guissé trouve, par contre, les prix abordables. ‘Si on veut vraiment un bon poisson, on doit débourser entre 4 000 et 5 000 francs. Celui qui n’a pas ce montant peut choisir le ‘Yaboye’’. Et encore le ‘Yaboye’ qui se vendait à vil prix a vu son prix croître, ce jour. Il ne se livre pas à moins de 100 francs. Cher pour certains, le prix est jugé abordable par d’autres. ‘Je trouve que c’est abordable aujourd’hui, souligne Bintou Mané, J’ai acheté, avant-hier, six ‘Yaboye’ à 1 000 francs’. Ainsi, en ces temps, le ‘thiebou dieun Penda Mbaye’ (riz au poisson) se réussit difficilement. Avec cette flambée du prix du poisson, certains préfèrent se rabattre sur la viande qui, elle-même, n’est pas, non plus, accessible.

Aïda Coumba DIOP

via Walf.sn

PiccMi.Com

Mardi 9 Août 2011 - 08:43



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