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Règlement du conflit casamançais : Pourquoi Wade a échoué



Onze ans après l’alternance, la situation semble toujours confuse en Casamance. Les attaques rebelles de ces derniers jours sont une confirmation que Wade ne peut pas régler le conflit seul. Ce qui fait dire à beaucoup d’observateurs sur le terrain que le président a échoué en Casamance.



Règlement du conflit casamançais : Pourquoi Wade a échoué
Dans son discours de prestation de serment du 3 avril 2000, le président Wade avait promis de régler le problème de la Casamance en 100 jours. Mais onze ans plus tard, la situation empire. En deux semaines, neuf soldats sont morts sur le champ de bataille, les armes lourdes remplacent le processus enclenché pour trouver la paix. Aussi des personnes proches du dossier se lèvent pour sonner l’alerte et critiquer la méthode Wade. Selon ces personnalités que nous avons approchées, dix ans après la volonté de rupture avec le système Diouf, la méthode Wade pêche toujours en Casamance. Le président de la République qui a remis en cause le système de négociations mis en place par son prédécesseur aussitôt après son élection, modifiant le fonctionnement du processus, semble avoir éloigné la paix. Pourtant, depuis l’accord de cessez-le-feu de 1991, la Casamance vivait une situation de ni paix ni guerre.

‘Dès mon arrivée, j’ai pris la décision d’écarter tous les intermédiaires. C’est un problème national et j’interdis aux étrangers d’y interférer. Chaque chose en son temps. Il faut d’abord sécuriser les frontières. Dans une deuxième phase, j’entamerai des discussions avec les chefs militaires de la rébellion’, disait Me Wade au stade Léopold Sédar Senghor, lors de sa prestation de serment. ‘Cette phrase du président Wade lors de son investiture montrait sa volonté de rupture avec le système Diouf’, rappelle un homme qui a travaillé dans des projets de développement en Casamance. Pour Wade, la manière dont son prédécesseur s’était occupé du dossier casamançais, était une des principales causes de la poursuite du conflit. Il a donc voulu rompre avec ce système. Si la rupture a été moins radicale que Wade ne l’avait annoncé, elle n’en a pas moins profondément transformé le processus de paix.

Comptant sur la force d’alors du Parti démocratique sénégalais (Pds) en Casamance avec les Marcel Bassène et autres, sur les liens tissés au cours d’une expérience commune de la prison et lors de sa brève participation au processus de paix en 1991, Wade a jugé que l’alternance devait suffire à la Casamance, pour peu qu’on rompe avec les méthodes de Diouf : ‘On a beaucoup pataugé dans ce dossier. Nombre d’intermédiaires, fortement rétribués d’ailleurs, ont profité de la crédulité de mon prédécesseur, comme certains exploitent la misère du tiers-monde.’ Wade a ainsi largement coupé les aides versées par l’Etat au Front Nord et à l’aile politique établie à Ziguinchor sous ‘protection’ sénégalaise. Il a mis fin au ‘processus de Banjul’ et cherché à éloigner le dossier de la scène publique, allant jusqu’à faire poursuivre en justice les journalistes trop diserts sur le sujet : les cas des journalistes de Rfi, Diane Galliot et Sophie Malibeaux, et d’Ibrahima Gassama de Sud Fm en sont une illustration. Il a effectivement interdit toutes les interventions, extérieures ou intérieures.

Plutôt que de passer par les hommes politiques casamançais ou d’établir des contacts avec l’aile politique du Mfdc, Wade a adopté deux méthodes : Il a d’abord cherché à approcher directement les combattants, surtout ceux du Front Sud. Le ministre de l’Intérieur, le général en retraite Mamadou Niang, qui avait participé à la négociation des seuls accords passés directement avec les maquisards en 1991-1992 semble avoir joué un rôle dans cette orientation. ‘Avec sa nouvelle méthode pour rompre avec son prédécesseur, Wade voulait dialoguer directement avec les rebelles, sans pour autant les connaître. Mais parce qu’il voulait garder le contrôle du processus, ce sont ses hommes, ses proches, systématiquement non casamançais et souvent pas au fait de la situation, qui ont tenté d’établir le contact. On peut citer, entre autres, le marabout Cheikh Alioune Souané, Serigne Béthio Thioune, Mbaye Ndiaye et Abdoulaye Faye, membres fondateurs du Pds, Farba Senghor qui se sont successivement impliqués. Tous ont fait le voyage de Bissau et de Ziguinchor et, plus récemment, de Banjul, sans succès notable’, explique un proche du dossier.

La deuxième méthode est liée à l’argent. En effet, simultanément à cette volonté de s’approcher des rebelles, Me Wade a aussi adopté la méthode des mallettes d’argent que les ‘Messieurs Casamance’ portaient. Des mallettes remplies d’argent qui ont profité aux porteurs et leurs complices qui sont de faux passeurs qui se sont adressés aux faux rebelles. ‘Pour continuer à tromper le président, ces Messieurs Casamance sont allés jusqu’à créer de prétendus sages de la Casamance et de faux rebelles repentis’. Le cas de la femme Mariama Sané en est un. Présentée comme une ex-rebelle qui a combattu dans les forêts, elle est démasquée par les femmes du bois sacré qui lui interdisent même la parole à Foundiougne 1.

Aujourd’hui que cette méthode a échoué, la Casamance est toujours dans une impasse. Ce qui pousse cet ingénieur de l’Isra qui a travaillé à Djibélor, à 4 km de Ziguinchor, à demander ‘que Wade reconnaisse son échec’.

Najib SAGNA
Walf.sn

PiccMi.Com

Vendredi 14 Janvier 2011 - 11:58



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