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SOUVENIR 28 JUILLET - Bouna Alboury NDiaye -Mansour Bouna NDiaye : Tel père, Tel fils« Buuna njaay maa jigène, buuna njaay ba jolof marré naan, buuna ya benum teen, waa jolof dissa naan, reewmi naat ». C’est le refrain de l’épopée déclamée en l’honneur de Bouna Alboury Ndiaye, le dernier roi du Jolof, le seul souverain qui accepta d’abandonner son trône pour se consacrer à sa natte de prière jusqu’à être élevé au rang de Sultanul arifiin !
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Il s’est éteint le lundi 28 juillet 1952. Le lundi 28 juillet 2008, son fils Mansour Bouna Ndiaye le rejoignit. Le père et le fils ont ainsi, avec l’incommensurable grâce divine, mené le même combat, celui de l’affirmation de la dignité de l’homme noir et à travers lui celle de toute l’humanité.
Bouna Alboury Ndiaye est né en 1878. Tout semblait le destinait à l’apocalypse tellement sa jeunesse fut chaotique et difficile parce qu’ayant coïncidé avec la fin de règne de son père Alboury Ndiaye qui avait pris le chemin de l’exil plutôt que de se soumettre à l’hégémonie coloniale. Capturé par les Maures, il sera repris par le gouverneur Alfred Dodds dans le but de veiller sur lui afin d’en faire le continuateur de l’œuvre de son père. C’est que d’abord Bouna qui avait à l’époque 12 ans, avait un élan et un charisme précoces. Ensuite, il dégageait dans l’épreuve une assurance, une fois et un entregent qui semblaient le destiner à un bel avenir. Le Colonisateur a toujours manifesté un enthousiasme devant les princes intelligents et charismatiques. Sidya Diop, le fils de la Linguère Ndatté Yalla et du Béthio Sacoura Diop avait tellement fasciné le gouverneur Louis-Léon Faidherbe que celui-ci en fit, un moment son fils adoptif en le baptisant Sidya-Léon Diop. La jeunesse de Bouna Alboury Ndiaye ne diffère pas trop de celle de Sidya-Léon Diop. Ils ont été tous les remarqués et adoubés pour leur intelligence et leur génie militaire. A 18 ans, le 17 décembre 1895, Bouna Alboury est investi à Yang Yang, roi du Jolof et Sidya-Léon Diop, vingt sept ans auparavant, à 20 ans est élevé au grade de sous- Lieutenant avant d’être installé comme Chef de canton à Nder. Ayant été amené l’un à Tunis et l’autre à Alger, ils ont, à leur retour porté tous les deux le manteau du refus et se sont vite dressés contre les velléités de l’autorité coloniale qui voulait les soumettre à l’ordre occidental et tuer en eux toutes contestation. Contemporain d’Alboury Ndiaye, Sidya Léon Diop mènera une bataille acharnée contre l’ordre colonial à la tête d’une puissante armée. Des années après, au Jolof, Bouna Alboury mena une bataille similaire contre les forces coloniales non en prenant les armes mais en investissant l’honneur et la dignité de son peuple. Son œuvre essentielle a été de lutter pour que son peuple puisse jouir d’un parfait équilibre social et moral et avoir des raisons de vivre. En Fait Bouna Alboury était un Roi-Bâtisseur d’infrastructures puis un Guide religieux -Bâtisseur d’âme. En pleine période de soudure et de sécheresse, il creuse presque Cent puits et son nom salvateur entra dans la légende. Puis il fait construire un long chemin de fer pour une excellente circulation des biens et des personnes. L’œuvre de cet illustre personnage historique est immense. Il n’était pas seulement Prince par la naissance. Il était Prince par le génie, par le charisme et par les actions. Dans sa démarche seigneuriale, dans son approche de l’autorité, dans son sens inégalé des relations humaines et dans sa gouvernance par l’exemple, tout en lui indiquait le possesseur légitime et adulé d’un pouvoir royal qui couve et couvre. En 1946, il a refusé d’être le candidat de l’autorité coloniale contre Léopold Sédar Senghor et Lamine Gueye, préférant s’accommoder de son peuple que de mener le jeu machiavélique de l’hexagone. Pourtant, cela ne l’a jamais empêché d’avoir et de garder des contacts féconds avec le clergé catholique. Bouna avait abandonné le Trône. Seydi Hadji Malick Sy en avait fait Moukhaddam de la Tidianya. N’est-ce pas un exemple achevé de détenteur de pouvoir qui, en raison de son âge et des exigences, a préféré tourner le dos aux jouissances du pouvoir pour se consacrer à Dieu ? Bouna Alboury Ndiaye est un exemple à suivre. Il n’a jamais triché à son peuple et ne lui a jamais menti. Jamais il n’a mené un jeu séparatiste qui fruste. Quand bien même il était Prince et Moukkhadam relevant de l’obédience de Seydi Hadji Malick Sy, il a donné à sa fille ainée le nom de Sokhna Diarra Bousso la mère de Cheikh Ahmadou Bamba et donné sa fille, Seynabou Ndiaye Bouna en mariage à Serigne Mouhamdou Moustapha Mbacké, fils ainé du fondateur du Mouridisme. Il était intimement lié au Monseigneur Hyacinthe- Joseph Jalabert, à l’époque Vicaire apostolique de Sénégambie qu’il a lui-même accueilli à Yang-Yang avant d’accueillir à Louga, en 1936, le Cardinal Jean Verdier, Archevêque de Paris, venu à Dakar pour l’inauguration de la Cathédrale de Dakar. C’est que Bouna le bâtisseur ne faisait pas de différence entre les confréries musulmanes et avait très tôt posé les jalons du dialogue islamo-chrétien. De son vivant, il donnait au Sénégal un magnifique spectacle de grandeur. Des hommes politiques, marqués eux-mêmes par son charisme et sa grandeur, avaient reconnu en lui, avec l’instinct que leur donne le sens de l’honneur, un élu du destin. Il n’était pas finalement le souverain du Jolof ; il en était aussi le protecteur. Yang-Yang était comme une citadelle. Son œuvre a été poursuivie par son fils, Mansour Bouna Ndiaye, ancien Député Maire de Louga, l’homme grâce à qui la Tamkharit est devenue un jour férié. Mansour Bouna a mené toutes les batailles pour la sauvegarde du patrimoine historique matériel et immatériel. Comme son père, il fut aussi un homme prodigieux, un véritable Prince qui croyait à la République. Comme son père aussi, il est mort un lundi 28 juillet à la même heure. Fidèle a une tradition solidement implantée par ces derniers, une lecture du Saint Coran et seances de prieres pour une paix durable au Senegal aura lieu le Jeudi 28 Juillet 2011 à 17h à Louga et le Vendredi 29 juillet à partir de 9h à la Grande Mosquée du quartier Thièly de Linguère où repose Bouna Alboury Ndiaye sous la direction de Abdou Aziz Ndiaye Bouna, Serigne Ndiaye Bouna et la participation de toute la famille.
1922, délégué des rois et chefs de province de l'Afrique occidentale française (AOF) à Paris, Bouna N’Diaye remonte les Champs-Élysées à cheval, aux côtés d’Alexandre Millerand, président de la République, et il dépose une palme sur la tombe du soldat inconnu à l'Arc de triomphe, en présence d’André Maginot, ministre de la Guerre, et du député Blaise Diagne
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Par Tamsir Jupiter NDIAYE - Journaliste , Chroniqueur
Jeudi 28 Juillet 2011 - 07:44
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