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UNE SEMAINE APRÈS LE RAMADAN : Retour aux vieilles habitudes



Le mois d’abstinence et de grâce du ramadan est dernière nous. Les mauvaises habitudes qui avaient été mises de côté par les croyants refont surface. Fini la tolérance, la compréhension et le pardon. Une enquête effectuée dans les rues de la capitale nous a permis de faire le constat.



UNE SEMAINE APRÈS LE RAMADAN : Retour aux vieilles habitudes
Dans le minibus que nous avons emprunté, éclate une violente dispute entre une jeune fille et une dame d’un âge mûr. Tout est parti d’une histoire de place à bord. Prétendant être asthmatique, la jeune fille ne voulait pas se déplacer de la fenêtre pour céder le passage aux autres. Un geste que déplore la dame Astou D. « Le mois de ramadan est derrière nous et j’ai assez d’énergie pour répondre à tes injures jusqu’à l’aube », fait savoir la fille à la dame âgée. Et c’est parti pour une querelle entre les deux protagonistes. « Les tensions montent avec la canicule. Rares sont les personnes qui sont d’humeur à faire la morale », lance un jeune homme d’une trentaine d’années.

Dans une ambiance conviviale et une atmosphère détendue, Modou Sall lance des piques à son ami : « Boy, je vais te faire la peau si tu ne me rembourses pas mon argent ». A l’ami de répliquer : « le jeûne est à peine fini que tu reprends tes anciennes habitudes. Attend au moins deux semaines ou trois », lui dit-il sur un ton taquin. Pour pratiquer leur religion et espérer obtenir le pardon de Dieu, ces jeunes adolescents disent avoir tourné le dos à beaucoup de comportements durant le mois de ramadan. « C’est un mois sacré et le jeûne ne rime pas avec les insultes ou autres actes que nous avons l’habitude de poser », précise Modou. Ils soutiennent avoir repris les sorties nocturnes et toutes les choses ayant trait à la jeunesse.

Rattraper le temps perdu

Un scénario presque identique au marché hebdomadaire de Sahm. Ici également, deux jeunes filles d’une vingtaine d’années marchandent des sous-vêtements. Interpellée sur notre enquête, Rama Cissé lance : « le ramadan est fini, donc on a le droit d’aller à la plage, d’aller danser, nous divertir en fait ». Tenant à la main deux maillots de bain de couleurs rose et bleu, cette jeune fille dit être prête à... rattraper le temps perdu. « Les vacances tirent à leur fin donc on doit faire le maximum avant la rentrée des classes », rajoute sa copine. A l’arrêt de car de la Cité des eaux, l’atmosphère est tout autre. Ici, les insultes se font entendre de partout. « Coxeurs » (rabatteurs des transports en commun) et apprentis (receveurs) de car se renvoient la balle d’insanités avec aisance. « Donne-moi les 50 francs Cfa avant que je ne t’arrache les dents. Tête de c... », dit un « coxeur » à l’apprenti de car. Interpellé, il confie sous le couvert de l’anonymat : « J’avais arrêté toute insulte durant le ramadan. Je ne voulais pas gâcher mon jeûne à cause d’eux (apprentis de car) ». D’un geste rapide tantôt accompagné d’un saut, il rattrape en l’air les pièces d’argent que lui jettent les apprentis. Quelques minutes d’observation, nous ont permis de voir que notre interlocuteur n’a pas mis du temps pour reprendre ses vieilles habitudes.

Pendant le ramadan, de nombreuses choses bannies par la religion musulmane sont laissées par les croyants. Ils tentent tant bien que mal de se parfaire. « Mais quant on chasse le naturel, il revient à galop », souligne le vieux Demba Sow. Assis sur un banc en bois à l’arrêt du bus, les yeux fixés sur un journal, il déplore le comportement des musulmans d’aujourd’hui. « Les gens qui retournent leur veste en mois de ramadan ne croient pas en Dieu et ne se suffisent pas du Coran. On est pratiquant ou on ne l’est pas. Il n’y a pas de demi-mesure dans l’Islam », lâche-t-il.

Sokhna DIOM (stagiaire) | le soleil

Lundi 20 Septembre 2010 - 07:36



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