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Un Sénégalais veut faire rapatrier le documentaire officiel du premier Fesman





Un Sénégalais veut faire rapatrier le documentaire officiel du premier Fesman
L'acteur culturel sénégalais Bouna Sémou Ndiaye a entrepris de faire rapatrier de la Russie au Sénégal le documentaire complet du premier Festival mondial des arts nègres (1966), un projet dont les péripéties lui ont inspiré un film qu'il a commencé à tourner.

M. Ndiaye, revenu des Etats-Unis où il résidait depuis quelques années, a dit à l'APS avoir saisi par écrit l'ancien ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, puis le titulaire actuel de ce département, Mbagnick Ndiaye, pour leur faire part de son projet.

Le rapatriement du documentaire complet consacré à la première édition du Festival mondial des arts nègres passe par le rachat de ses droits détenus par les Russes, a expliqué Bouna Sémou Ndiaye, producteur de l'émission "Bonjour Africa". Cette émission sur la musique africaine est diffusée sur 13 chaînes FM aux Etats-Unis et à Porto-Rico.

Selon M. Ndiaye, le film connu des Sénégalais est celui réalisé par l'Américain William Greaves, les Russes détenant l'œuvre officielle, le documentaire complet consacré à cet événement majeure de l'histoire de la culture noire.

Dakar avait abrité le premier Festival mondial des arts nègres, sous l'égide de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor, quelques années après l'accession de la plupart des pays africains à l’indépendance.

Bouna Sémou Ndiaye a dit que le film de Greaves l'avait laissé "perplexe" lorsqu'il lui a été donné de le suivre à Duke University (Caroline du Nord), où il donnait des cours sur la musique et le cinéma originaires d'Afrique.

S'entretenant par la suite, avec l'auteur, des "manquements" de son film, Greaves en était venu à lui parler des conditions particulières dans lesquelles son documentaire avait été réalisé en 1966, sur une initiative personnelle.

L'Américain s'était de lui-même déplacé à Dakar où il avait trouvé les Russes à l'œuvre, avec le matériel adéquat. Lui a dû les suivre et n'a pu compter que sur l'aide d'un chauffeur de Radio Sénégal qui lui servait de preneur de son.

Bouna Sémou Ndiaye est revenu sur le contexte de l'époque, caractérisé par la guerre froide et l'opposition idéologique entre les blocs de l'Est et de l'Ouest, mais aussi la discrimination raciale aux Etats-Unis, toutes choses qui faisaient que les pays africains, nouvellement indépendants, "ne suscitaient pas beaucoup d'intérêt" à cette époque.

Suite à son entretien avec Greaves, le Sénégalais est entré en contact avec le New York African Film Festival, obtenant auprès de sa directrice une copie du screening du film complet russe, mais aussi toutes autres informations dont il avait besoin, relativement au lieu d'archivage du documentaire, à son auteur et son distributeur.

Il dit détenir maintenant par devers lui une copie du documentaire, en attendant que ses droits soient rachetés par la partie sénégalaise. "Mon projet, c'est de faire en sorte que le film soit vu non seulement par les dakarois, mais également par les Sénégalais. Il faut que cela tourne dans les régions" du Sénégal, a-t-il déclaré.

Mis à part ce documentaire, les Russes ont par devers eux 170 heures de tournage au Sénégal, toutes datant de 1966, un patrimoine documentaire qui selon lui doit également revenir au Sénégal, selon Bouna Sémou Ndiaye. Il a dit que le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, avait été "très réceptif" à son initiative.

Diaz lui a assuré l'appui du ministère de tutelle et pense même que ce film documentaire, une fois ses droits acquis, pourrait être projeté à l'occasion de la prochaine édition des rencontres cinématographiques de Dakar (RECIDAK), par exemple.

Bouna Sémou Ndiaye a par ailleurs annoncé avoir parallèlement débuté le tournage du film sur les péripéties de son initiative, entre Dakar, New York et Moscou.



Mardi 25 Novembre 2014 - 17:01



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