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VOYAGE AU CŒUR DU PASTORALISME: Enquête sur le système d’élevage au Sahel et en Afrique





VOYAGE AU CŒUR DU PASTORALISME:  Enquête sur le système d’élevage au Sahel et en Afrique
Mercredi 22 février. Dans les salons réchauffés du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale Acp-Ue (Cta) à Bruxelles, plus d'une centaine de participants venus de nombreux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) se réunissent pour se pencher sur un sujet qui ne fait pas souvent la une de l'actualité pour ses aspects les plus significatifs. Laissé aux zones les plus improbables de la planète, le pastoralisme est un secteur de l'élevage encore bien méconnu du grand public. Au Sénégal, comme ailleurs dans le monde, c'est une activité des peuples nomades, presque à l'écart de la marche du monde.

En dehors des conflits entre éleveurs et agriculteurs, les activités de l'élevage extensif contenues dans le concept de pastoralisme, sont souvent relatées à travers les tueries, révoltes dues de pasteurs dues à la pression sur les terres de pâture et à la fermeture des voies passage sur le continent pour l'agriculture. Au Sénégal, dans le centre du pays, la menace de session par l'Etat du ranch de Dolly à une famille et un groupe d'affairistes avait failli se transformer en guerre larvée entre paysans mourides et les pasteurs peuls du Sénégal en avril-mai 2003 (1). Ce fut d'ailleurs un des révélateurs du malaise qui entoure les relations entre activités d'élevage et d'agriculture. L'incident, volontairement crée par une décision émanant de l'Etat, a été aussi l'illustration d'un manque d'avenir et de perspectives de tous les métiers liés au pastoralisme dans le Sahel et en Afrique. Cela, malgré le signal d'alarme tiré depuis la fin des années 1960, par les chercheurs, autres spécialistes de ce secteur vital de l'économie rurale africaine.

A Bruxelles pour cette fois, le pastoralisme a voulu, à travers les paroles des acteurs du continent africain, des chercheurs et autres partenaires au développement, montrer une autre image du secteur de l'élevage extensif encore basé sur la transhumance. Une image positive, en se projetant sur l'avenir. Oui, d'avenir, parce qu'il en existe aussi dans ce secteur, en fouillant dans le fond d'une partie des économies rurales africaines, que les gouvernants, ont encore du mal à prendre en charge. Cela, à travers deux thèmes majeurs : «Enjeux et opportunités pour les éleveurs pastoraux des pays Acp» et une réflexion pour «un meilleur avenir pour les éleveurs pastoraux : enseignements et mesures nécessaires ».

Réduit à ses conflits permanents avec les opérateurs économiques de fortune et le bradage de terres agricoles, l'élevage sous sa forme extensive ne semble pas avoir d'avenir. Spécialiste du développement pastoral et ancien professeur à l'Ids, Sussex, Jeremy Swift dans sa note d'introduction a estimé que si on fait le dénombrement des populations qui restent encore confinés dans ce métier en Afrique, il n'en reste aujourd'hui que quelque 200 millions de personnes. A la vérité explique le chercheur, « il n'y a même pas de données fiables sur le nombre ».

Certaines restent confinées à la question ethnique, d'autres manques manquent de fondement scientifique. D'ailleurs, qui sont ces gens ? Où vivent-ils, de l'Asie à l'Europe, en passant par l'Afrique et l'Amérique Latine ? On les trouve encore essentiellement dans les steppes, la toundra (2), la montagne… Le professeur Swift a introduit l'idée d'une nouvelle définition de cette activité en faisant un appel du pied aux sociologues, aux "pastoralistes," agronomes et autres anthropologues des terroirs ruraux du monde. Pour un système de survie fortement spécialisé, il a fait remarquer que les systèmes de production traditionnels sont encore beaucoup plus rentables que le système actuel. Cela, en dépit de l'avancée du sous-secteur de l'embouche bovine, ovine etc.

DU SAHEL AUX TERRES ETHIOPIENNES
268 millions d'éleveurs pastoraux en Afrique

De nos jours et depuis plusieurs années, on a noté une contribution significative du pastoralisme dans la croissance économique des Etats. Selon les statistiques du cadre politique de l'Union Africaine, quelque 268 millions d'éleveurs pastoraux vivent encore sur 43% des terres africaines et contribuent de 10 à 44% du Produit Intérieur Brut dans les pays concernés. Selon Jérémy Swift, «L'idée que le pastoralisme n'apporte rien à l'économie est tout à fait fausse. Au Mali, il représente la moitié du Produit National Brut (Pnb) agricole. Le problème est que les investissements sont faibles… »
En creusant un peu plus loin, on peut voir qu'en Afrique occidentale, la contribution de l'élevage au Pib agricole varie de 5% en Côte d'Ivoire à 44 % au Mali et fournit de l'emploi à environ 50% de la population économiquement active. L'élevage est aussi un facteur clé d'intégration avec le bétail ; et les moutons et les chèvres restent des produits d'exportation majeurs des pays sahéliens enclavés vers les pays côtiers et sous-humides.

En Afrique centrale, la contribution du secteur au Pib de ces pays a été estimée à 27% au Tchad, 13% au Cameroun, et 9% en République centrafricaine. Ce qui a permis le développement du commerce interrégional en direction de pays consommateurs comme le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale etc. Même cas de figure en Afrique orientale où selon les experts, les multiples avantages socio-économiques et culturels du pastoralisme sont mieux exploités.

L'ETHIOPIE, LE SOUDAN ET LA SOMALIE
Trois cas d'exception

Le Soudan et la Somalie sont de grands exportateurs vers les pays du golfe. L'Ethiopie garde un réseau important d'exportation informelle à travers la Somalie et un réseau formel en plein essor vers ces mêmes Etats du golfe. L'Afrique de l'est se caractérise aussi par l'exploitation des zones pastorales pour la conservation de la vie sauvage (3) et le tourisme en particulier au Kenya et en Tanzanie. Un peu plus au sud, on peut juste signaler également que le pastoralisme sud africain concerne environ 60% des troupeaux nationaux et dans un pays comme la Namibie, le secteur de l'élevage en majorité pastoral, contribue à hauteur de 3% du Pib et 28% du Pib agricole. Métiers de paradoxe ; mais métier qui a su garder ses points forts.

Une étude de l'Institut International pour l'Environnement et le Développement (Iied) a montré que «les éleveurs pastoraux qui ne nourrissent les animaux que sur les pâtures naturelles des terres arides peuvent parvenir à un taux élevé de productivité que sur des exploitations modernes construites selon le modèle occidental… » «Au niveau de la Cedeao, a souligné Boureima Dodo, Secrétaire permanent technique du Réseau Bilital Maroobé en Afrique de l'ouest, une décision a été prise ces dernières années avec un outil important de mise en œuvre : le Certificat international de transhumance(4) entre les pays du Sahel et les pays qui reçoivent ont fini d'organiser les dates de transhumance et les zones de traversées… »

L'adoption du plan d'élevage de la Cedeao pour ce qui est de la sécurité et de l'offre de facilité de passage sont aussi des gages, même si les demandes ne correspondent pas toujours aux exigences et à la bonne maîtrise des éleveurs des aires de parcours. Bourama Dodo d'ajouter «qu'au niveau des pays, et même de la sous région ouest africaine, des textes sont élaborés pour marquer un regain d'intérêt par les Etats, mais il y a beaucoup d'insuffisance dans ceux-ci qui bloquent encore. Nous souhaitons aussi la création d'un espace de dialogue au niveau sous régional… »

UNE ACTIVITE ECONOMIQUE ENCORE PEU CONNUE
Les dessous d'une réelle frustration

La production pastorale n'est pratiquée aujourd'hui que sur 25% des terres mondiales et environs 66 % de la surface totale du continent africain. Elle représente 10% de la production mondiale de viande et soutient, selon les chiffres fournis par les experts, quelque 200 millions de ménages pastoraux qui élèvent encore quelque un milliard de têtes de chameaux, de bétail et de petits ruminants dont un tiers environ en Afrique subsaharienne.

Parmi les autres avantages de l'élevage extensif, on peut aujourd'hui citer entre autres, la production et la consommation de produits laitiers, de viande, de peau et de tissus. Il y a aussi l'utilisation d'animaux pour le transport, et le labour, les divers usages faits sur le fumier comme fertilisant et la grande variété d'animaux cohabitant souvent avec les animaux domestiques et qui constituent une source importante de subsistance pour les communautés pastorales grâce au tourisme et d'autres usages non consommateurs…

Les éléments de perspectives ne manquent pas dans ce secteur : et rien que pour l'accès aux marchés, les éleveurs pastoraux restent confrontés à un obstacle majeur en Afrique notamment, en tenant compte des distances très variables d'un lieu, d'un pays à un autre. Un autre défi à relever, la santé animale et la forte mortalité du bétail dans certaines zones à cause de la mauvaise qualité des services vétérinaires et la persistance de certaines épidémies comme la fièvre aphteuse (5), la fièvre de la vallée du Rift (6) etc.

Quand on y ajoute les rigueurs du climat dans certaines zones comme dans le Sahel, dans l'est de l'Afrique (en Ethiopie, en Somalie, au Kenya etc.), on comprend, à l'évidence que le chemin en direction du paradis est encore long pour ces gens. Ce qui a poussé les experts à tirer les conclusions que, «Les éleveurs pastoraux seront parmi les premiers groupes à perdre leurs moyens de subsistance en raison de la disparition des zones de parcours et des points d'eau… » Le changement climatique est aussi passé par là…


UNE QUETE DESESPEREE DE RECONNAISSANCE
Où sont les politiques ?

Depuis les ravages de la sécheresse des années 1970, l'élevage connaît un regain d'intérêt du côté des politiques avec des soutiens un peu partout au niveau du continent. Dans la région de la Cemac (7), des instruments spécifiques de coopération ont commencé à se faire sentir à travers l'accord de coopération relatif à la création de la commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (Cebevirha).

Au sein de la Comesa (8), il existe un projet de cadre politique en faveur de la sécurité alimentaire des zones pastorales publié en fin 2009. Cela, dans le cadre troisième pilier du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (Caadp). Cadre qui propose une harmonisation régionale des politiques nationales en soutien aux mouvements régionaux des éleveurs pastoraux afin de permettre une utilisation efficace des écosystèmes transnationaux des zones de parcours et en faveur du commerce du bétail.

Dans le cadre de l'Igad (9), un cadre politique régional pour la santé animale a été finalisé en 2009, lequel bien que n'étant pas focalisé sur le pastoralisme, s'applique pleinement aux vastes zones pastorales des Etats membres. En Afrique de l'ouest, les gouvernements ont adopté une série de lois pastorales destinées à protéger les terres pastorales et d'améliorer la mobilité du bétail ainsi que les droits d'utilisation prioritaire des ressources.

C'est dans ce contexte que des efforts ont été réalisés en Afrique occidentale dans la formulation des législations en faveur de la mobilité pastorale


AFRIQUE DE L'OUEST
Des pistes d'espoirs en vue…

Il existe face à ce décor apocalyptique des fois, des signes d'espoirs et des éléments d'innovation. Et il a été remarqué que les éleveurs pastoraux, en plus des avancées scientifiques et technologiques, développent et testent de nouvelles connaissances et pratiques afin de saisir les opportunités émergentes de participation aux marchés nationaux et régionaux, comme le font déjà les éleveurs du nord du Kenya, les marchés éthiopiens de chameaux et le marché kenyan du lait où ces avancées ont permis d'améliorer considérablement l'accès à un fourrage à valeur élevée…
En Afrique de l'ouest, un pays comme la Mauritanie profite, elle aussi des avancées de la technologie pour améliorer la qualité des services offerts par l'élevage extensif en ayant mis sur pied des unités de production, de transformation et de conservation. Le pays produit aujourd'hui du lait frais en usine faite avec le respect des normes internationales.
Selon Miryam Abeiderrahmane de Tivisky Dairy, unité de production basée dans le pays, « Pour un pays dont le cheptel est plus important en nombre que la population, la principale question reste celle des débouchés extérieurs à cause des normes européennes. Et comme la Mauritanie est aussi en marge de la Cedeao, les sources de blocage pour sortir cette activité de son isolement, sont nombreuses. »

Au Sénégal, où les pasteurs du monde rural avaient bien du mal à écouler leurs productions journalières de lait, la Société Dolima mise sur pied il y a quelques années par un jeune vétérinaire, est d'entrain de bien organiser ce marché. Et aujourd'hui, avec le système de collecte et de transformation du lait, elle est entrain de révolutionner sensiblement les circuits de distribution du lait dans le pays. Cela, après les échecs notés au début des années 1980 dans le secteur.

Une autre innovation majeure se fait sentir dans le pastoralisme à travers l'introduction de l'assurance pour le bétail en Afrique. L'idée fait son chemin et il existe encore des pistes de réflexion sur la réduction de la prime d'assurance proposée par les compagnies pour la couverture des risques liés à la maladie et à la sécheresse.



NOTES

1-En avril 2003, Les éleveurs affiliés au Syndicat unique des éleveurs du Sénégal, au Syndicat nationale des Pasteurs du Sénégal, à la Maison des éleveurs, à la Fédération Nationale des Gies d'éleveurs, au Syndicat des commerçants de grands et des petits ruminants ont organisé une conférence de presse ; fustigeant l'attitude du gouvernement du président Abdoulaye qui a émis le souhait idée de céder le ranch de Dolly à une famille maraboutique et quelques hommes d'affaires…

2- Formations basses à croissance très lente et vivaces seulement pendant une brève saison estivale, pelouses avec buissons rampants. Ce type de végétation est homogène sur toute la planète. La température moyenne du mois le plus chaud est inférieure à 10°C.

3- Créé en 1951, le Serengeti se situe entre 920 et 1850 m d'altitude en territoire tanzanien. Le parc national est l'un des plus vastes écosystèmes préservés d'Afrique. Le lac Manyara et le Ngorongoro sont aussi des aires de passage d'animaux de la Tanzanie. Tout à côté, on peut signaler aussi le Massaï mara, réserve nationale du Masai Mara qui est une réserve nationale située au sud-ouest du Kenya. C'est le prolongement naturel du Parc national du Serengeti situé en Tanzanie. Elle tient son nom de la tribu qui vit sur ses terres, les Masaïs, et de la rivière qui la traverse, Mara.

4- Décision N°1-94 du Cebevirha-018-CE-29du 16 mai 1994 autorisant la mise en circulation du passeport pour le bétail et le Certificat international de transhumance et fixant les modalités d'utilisation.

5-La fièvre aphteuse est une maladie virale animale généralement non mortelle, voire bénigne qui affecte notamment les bovins et les porcs, les chèvres, les moutons et d'autres animaux. Très contagieuse, bien que durant un temps de contagion plus bref qu'on ne le pensait autrefois, elle a un fort impact économique qui justifie des politiques nationales et internationales. Les chevaux n'y sont pas sensibles et les hommes très rarement.
6-La fièvre de la Vallée du Rift (FVR) est une zoonose virale touchant principalement les animaux mais pouvant aussi contaminer l'homme. L'infection peut provoquer une pathologie sévère tant chez l'animal que chez l'homme. Les morts et les avortements dans les troupeaux infectés par la FVR entraînent aussi des pertes économiques substantielles. Le virus de la FVR appartient au genre Phlebovirus, l'un des cinq genres de la famille des Bunyaviridae. Il a été identifié pour la première fois en 1931 au cours d'une enquête sur une épidémie touchant les moutons d'une ferme de la Vallée du Rift, au Kenya.

7-La Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (Cemac) regroupe 6 pays: le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République de Centrafrique et le Tchad. La Cemac constitue un prolongement de l'Union monétaire (Beac) et de l'Union Douanière et Économique de l'Afrique Centrale (Udeac) dont elle prend le relais et qu'elle renforce. Le Traité instituant la Cemac a été signé le 16 mars 1994 à N'Djamena (Tchad).

8-Le Marché commun de l'Afrique orientale et australe aussi connu sous son acronyme anglais Comesa (Common Market for Eastern and Southern Africa), est une organisation internationale à vocation régionale de l'Est africain dont l'objectif est de créer une union douanière entre ses vingt pays membres. Ce marché commun, fondé en décembre 1994 pour renforcer un accord de libre-échange en place depuis 1981, regroupe une population totale de 340 millions d'habitants et a un produit intérieur brut total de 170 milliards US $ en 2006. Le volume des transactions commerciales entre les pays membres et le reste du monde atteint annuellement 52 à 60 milliards US $ entre 1997 et 2002[1].

9-L'autorité intergouvernementale sur le développement ou Intergovernmental Authority on Development (Igad) est un groupement régional associant sept pays est-africains : Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan et Ouganda.

Sud Quotidien

Samedi 24 Mars 2012 - 09:51



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