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Va-t-on vers la dépénalisation internationale de la consommation du haschich ?





Va-t-on vers la dépénalisation internationale de la consommation du haschich ?
PICCMI.COM - Sévèrement réprimé, l'usage de stupéfiants est l'une des causes principales de la surpopulation carcérale. Au point que certains suggèrent de dépénaliser la consommation de l’haschich.

"Ce Gandja n'est pas de qualité. La bonne came est rare ", assure cette demoiselle, venue commémorer, le 11 mai dans un coin Dakarois, où quelques joints circulent. Sujet tabou jusque là, la consommation de stupéfiants est désormais abordée au grand jour. Et pour cause, depuis ces dernières années, l'usage de drogues, a explosé, et les consommateurs, tout en restant prudents, craignent moins les « indics ». Pourtant, la loi n'a pas changé et punit sévèrement la consommation de stupéfiants.

La drogue n'est en effet pas qu'un phénomène mondain ; elle touche toutes les couches de la population et plus particulièrement les jeunes, qui sont dans le collimateur de la police. "Ils sont plus facilement repérables que leurs aînés, qui connaissent nos pratiques, et ils nous permettent de remonter rapidement les filières", assure un ancien de la brigade des stupéfiants.

Les ghettos de certaines zones urbaines sont en phase de devenir des plaques tournantes du trafic. Il n'est pas rare qu'à certains carrefours, dans la plus grande discrétion, des hommes revendent à la sauvette des joints, des barrettes de ¬haschich. Le fournisseur qui les emploie n'est jamais loin et les a à l'œil.

C'est un peu à la tête du client, qu’on se base pour vendre mais il y a aussi des complicités, précise ce jeune de 22 ans qui suit les tendances du marché. "Le cannabis a toujours la vedette.", assure t-il.

De plus en plus de drogués, malgré la répression

Entre 167 et 315 millions de personnes consomment des drogues dans le monde et 10 % d'entre elles en sont lourdement dépendantes. Un chiffre alarmant qu'un demi-siècle de politique prohibitionniste n'a pu entamer. Face à ce constat d'échec mondial, cinq Prix Nobel d'économie et plusieurs autres grands dignitaires politiques, appellent à "la fin de la guerre contre la drogue".

C'est ainsi que mardi 6 mai, forte du soutien de ces figures du monde économique, la prestigieuse et respectée London School of Economics (LSE) a rendu public un rapport remettant en cause la politique anti-drogue menée depuis 1961 par l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), sous l'égide de l’ONU. Une politique qui, loin d'avoir su ralentir l'expansion du trafic de drogue, a engendré un néfaste chapelet d'effets collatéraux : violences policières, lutte entre gangs, déstabilisations politiques, troubles sanitaires.

La consommation de la drogue, une coutume nocive et conviviale ?

Il y a cependant peu d'accros aux drogues dures, auxquelles la population préfère le cannabis. La consommation de chanvre est restée dans la mémoire collective comme une coutume conviviale. Douze lycéens sur 30, dont 40,9 % de filles, ont connu le cannabis dans les établissements scolaires. Les services sanitaires et de l'éducation sont appelés à adopter une posture d’alerte.

Des chargements entiers de drogue en provenance d'Amérique du Sud sont débarqués dans de petits aéroports africains, puis transportés par hélicoptère ou par petit avion vers des points stratégiques ou des trafiquants prennent le relais. Certains trafiquants préfèrent la mer, moins risquée ; en cas d'alerte, la cargaison est jetée par-dessus bord et sera récupérée sur les plages, souligne le rapport.

La stratégie de lutte contre la drogue aurait-elle échouée ?

Les experts de la LSE appellent de leurs vœux un changement radical de paradigme : accepter que la "stratégie d'un monde sans drogue a échoué" et qu'il est impossible "d'éradiquer" purement et simplement sa consommation. "

Désormais, les experts plaident pour une réponse "coordonnée et multilatérale". "Il sera beaucoup plus facile d'agir avec des politiques adaptées, conscientes des différences régionales, plutôt que d'appliquer une même politique globalisante", commente le rapport.
Une politique qui a largement fait les preuves de son inefficience, n'étant pas parvenue à freiner le marché des narcotrafics, qui génèrent encore annuellement environ 300 milliards de dollars de chiffre d'affaires (2e commerce derrière celui des armes, NDLR). Et ce, malgré les sommes colossales englouties dans la répression et dans la lutte contre les cartels : à eux seuls, les États-Unis dépenseraient plus de 50 milliards de dollars (budget du gouvernement central et des États) chaque année.

Le cannabis, principale source de consommation

Quant à la question du cannabis et à sa consommation, le rapport se refuse de trancher. Les experts ne manquent pourtant pas de relever les initiatives de légalisation à traverser le monde et de rappeler que, malgré d'indéniables risques pour la société (possible hausse de la consommation, banalisation, merchandising, etc.), elles apporteront à tous "d'importantes retombées sur la traque".


Samedi 17 Mai 2014 - 10:45



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