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A LA DECOUVERTE DES GUERISSEURS DE BARALé NDIAYE : Voyage à la cité des os



Dans le département de Louga, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Louis, se trouve le village de Baralé Ndiaye. Un hameau paisible et grand centre de soins de fractures de tout genre. Découverte.



A LA DECOUVERTE DES GUERISSEURS DE BARALé NDIAYE : Voyage à la cité des os
Le spectacle est glaçant. Il donne des sueurs froides et fait trembler de peur. El Hadji, la quinzaine, moue triste, est évacué de Ross Béthio à Baralé; distant d'une cinquantaine de kilomètres, pour être soigné. Son genou s'est déboîté la veille lors d'un match de foot avec ses amis. Il boitille, grimace et s'appuie sur une canne pour se déplacer difficilement. Mais, El Hadji n'est pas encore au bout de ses peines. Installé sur la natte à même le sol dans la chambre du vieux Mor Ndiaye, spécialiste en «fracture en tout genre», El Hadji chiale de douleur au premier; contact des mains du médecin traditionnel avec son genou enflé comme une pastèque. Puis, commence la torture». Chaque mouvement de la main du vieux Mor est accompagné d'un cri émouvant du jeune El Hadji. Il se tord de douleur, pleure et fait perler quelques larmes. L'insoutenable scène dure 5 bonnes minutes avant qu'El Hadji ne retrouve son calme. Soulagé, le gamin se relève sur un de ses pieds et marche un peu mieux. «Je l'ai amené à Baralé pour que son genou guérisse un peu plus vite, explique le beau-père de El Hadji. Baralé est connu et reconnu, dans toute la région de Louga et même au-delà, pour les talents de guérisseurs des frères Ndiaye. »

Posé sur la route nationale, dans le département de Louga, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Louis, Baralé est un petit hameau paisible aux murs d'époque qui témoignent du caractère ancien et efficace du savoir ésotérique des Ndiaye. «L'histoire débute vers 1880, du temps des guerres de résistance de Lat Dior contre les colons, dans le Cayor. Un certain Mar Ndiaye se serait cassé une jambe lors d'une bataille, il s'est alors mis une attelle et a continué le combat, avant de revenir à Baralé», raconte Mor Ndiaye, descendant du «guerrier». «Mais, il y a également une part de mystère, ajoute-t-il. Un don de Dieu, quelque chose qu'on ne peut pas expliquer rationnellement.» Une sorte de révélation, qui leur permet de soigner mystiquement tout ce qui est lié aux os. Un secret qui se transmet de génération en génération, jusqu'à aujourd'hui. «Ce sont des incantations tirées du Coran que l'on récite sur la partie à soigner», révèle Mor Ndiaye.

Aîné de la famille Ndiaye, Mor, 60 ans, explique le mode opératoire. «Quand un malade arrive ici, on examine le membre à soigner. En tâtant la partie blessée, on sait de quoi il s'agit. On peut savoir si l'os est brisé, si c'est une fracture ouverte, s'il y a déchirure ou si c'est un déboîtement», renseigne celui qui a commencé à soigner depuis l'âge de 18 ans. Une fois la nature du mal déterminée, place aux soins. Mor Ndiaye poursuit : «Il faut remettre le bras ou la jambe dans sa position normale; afin que les os puissent reprendre leur place initiale. Pour cela, il faut bien tirer dessus et masser, ce qui est très douloureux. Ensuite, on y verse de l'eau et on récite les incantations, c'est ce qui permet d'atténuer la douleur. » Puis, une attelle est mise sur le membre amoché pour l'immobiliser et le malade est libéré. Mais pas laissé à lui-même. Le guérisseur prend un morceau de l'attelle, sur lequel il va continuer les soins par des incantations tôt le matin et tard le soir. Au bout de quinze jours, l'os se remet en place et la blessure est totalement guérie. Ou presque. Malgré le manque de moyens.

A défaut d'argent, on peut donner une poignée de sable

Longtemps spécialisé dans le traitement de blessures liées à l'os, Baralé veut se moderniser dans sa pratique et être plus proche de ses malades qui nécessitent souvent des soins d'urgence. « L'idéal aurait été de les garder pendant trois jours, au moins jusqu’à ce que l'enflure disparaisse. Mais malheureusement nous n'avons pas les moyens et les locaux adaptés pour ça, d'autant plus que nous ne demandons rien à ceux que nous soignons», regrette Mor Ndiaye. Et le guérisseur d'ajouter : «Si on avait un petit centre de santé, ou alors une salle de soins adéquate, on pourrait recevoir les malades et les garder le temps nécessaire.» Petit frère de Mor et homonyme de son aïeul «guerrier», Cheikh Mar suit aussi le sillon familial. Le cadet des Ndiaye porte sur ses frêles épaules toutes les revendications de la famille. «Si on pouvait anesthésier les malades, ça nous faciliterait la tâche et les soins seraient moins douloureux pour eux, parce que, souvent, la personne souffre tellement qu'on a du mal à la soigner, on est obligé d'arrêter parce qu'on sent qu'il ne supporte plus la douleur. Alors que si on avait pu l'anesthésier de sorte qu'il ne sente plus rien, on aurait pu manier le membre fracturé comme il faut pour remettre l'os en place. Cela nous handicape parfois et c'est très dommage», déplore Cheikh Mar. Benjamin de la famille, Ndande Ndiaye renchérit : «Si on disposait d'anesthésiants, aucune fracture ou problème lié aux os ne saurait nous résister. Ce n'est pas compliqué du tout et c'est mieux que les plâtres que l'on doit garder pendant près de deux mois et qui sont assez gênants.» En plus des locaux et des produits anesthésiants, les guérisseurs de Baralé souhaiteraient aussi pouvoir radiographier leurs patients. «Cela nous serait utile, même si ce sont nos mains qu'on utilise, pouvoir faire des radios serait plus pratique», affirme Cheikh Mar.

«On soigne à 2000 FCFA ce que les hôpitaux soignent à 200 000 FCFA»

Conscients que le premier réflexe des gens, quand ils ont une fracture, c'est d'aller à l'hôpital, Mor Ndiaye et ses frères sont prêts à collaborer avec les médecins modernes. «Les gens doivent savoir que la médecine traditionnelle a toujours existé, bien avant ce que l'on connaît maintenant. Mais nous pourrions collaborer avec les médecins, parce que ce serait dommage de laisser un tel savoir se perdre», suggère Mor Ndiaye, dans le but de mieux vulgariser leur pratique ancestrale. Et l'aîné des guérisseurs de Baralé de poursuivre : «Ils vont d'abord à l'hôpital avant de venir à Baralé ou de nous appeler. Ils ne croient pas en notre science, c'est quand ils n'ont plus de solution qu'ils se rabattent sur nous.» Très intéressé par le débat, Ndande avertit : «Si c'est une fracture récente, on peut la guérir faci¬lement et rapidement. Mais si on trimbale le blessé un peu partout avant de nous l'amener, c'est un peu plus compliqué. La douleur est telle que le blessé ne peut pas supporter qu'on le touche, alors que l'on doit tirer, plier et bien masser afin de remettre l'os en place. » Embouchant la même trompette, Cheikh Mar renseigne : «Une personne peut être hospitalisée et payer jusqu'à 200 000 FCFA, pour une opération, par exemple, pour quelque chose qu'on aurait pu soigner pour 2 000 FCFA seulement. Parce que nous ne le faisons pas pour l'argent, c'est un legs et un don divin que nous avons l'obligation d'utiliser pour aider ceux qui nous sollicitent.» Les frères Ndiaye n'ont, d'ailleurs, pas de tarifs pour leurs soins. Libre à chacun de donner ce qu'il peut, à défaut d'argent, une poignée de sable.

Mis à part les problèmes d'os, les guérisseurs de Baralé explorent d'autres horizons. «Nous sommes en train d'expérimenter des traitements pour des maladies comme la syphilis et même le Sida. Pour le Vih, nous n'avons pas encore testé le produit, mais nous croyons qu'avec l'aide de Dieu, ça pourrait guérir le Sida ou au moins atténuer la progression de la maladie, ça c'est sûr», assure Ndande. A l'époque des premières découvertes, Cheikh Mar avait même tenté d'entrer en contact avec l'ex-ministre de la Santé, Eva Marie Coll Seck pour lui parler du traitement, mais ils n'ont jamais pu se rencontrer à cause de l'emploi du temps chargé de la ministre. «Je compte, cependant, reprendre les démarches bientôt, assure-t-il. Comme tous nos traitements, ce remède probable contre le Sida est aussi basé sur le Coran.»

«Papa a soigné l'ancien Président ivoirien, Houphouët-Boigny»

Aujourd'hui en proie à quelques difficultés, Baralé a connu par le passé de haut faits d'armes qui ont fait son succès au Sénégal et même à l'étranger. «Notre défunt père Mamadou Ndiaye dit Mama, décédé en 1998, était connu pour sa science. Feu Djily Mbaye venait le prendre pour l'amener un peu partout. Il a même eu à soigner feu le Président ivoirien Houphouët-Boigny chez lui. Son grand frère, Serigne Mbaye Ndiaye Culbi, étail aussi très connu à Dakar. Il est même le parrain d'une célèbre rue au quartier Niarry Tally», explique Mor Ndiaye. Seulement, nous ne cherchons pas à nous imposer ou à nous faire connaître avec des publicités et autres», précise-¬t-il. Baralé voit défiler beaucoup de personnalités, selon les frères Ndiaye. «Nous recevons un grand nombre de clients qui viennent de partout, des régions environnantes, mais aussi de la Mauritanie, du Mali, de la Guinée..., parce qu'en plus des fractures et autres, il y a ici d'autres choses occultes, que nous n'exposons pas au grand jour», dit Cheikh Mar. Des choses dont les politiciens, les lutteurs, les footballeurs ont besoin, mais tout est basé sur le Coran, qui leur interdit, néanmoins, de faire certaines choses.

A côté de leurs talents de guérisseurs, les frères Ndiaye exercent d'autres activités. L'aîné Mor est chauffeur de taxi à Dakar. Il s'est fait une réputation à la Base militaire de Ouakam, où il a même eu à soigner des Européens. Cheikh Mar, le cadet, se présente comme un homme d'affaires, également basé à Dakar, à Thiaroye plus précisément. Quant au plus jeune, c'est l'intello de la famille. Agé de 50 ans, Ndande est, en effet, professeur de Lettres classiques au lycée de Mbao. Chacun d'eux reçoit des malades là où il se trouve. «Je peux recevoir plus de 25 personnes par jour à Dakar, déclare Cheikh Mar. J'ai été obligé de faire venir un de mes petits frères pour qu'il me seconde, parce qu'avec mes autres activités, je n'ai pas toujours le temps.»

A Baralé, les populations font confiance aux frères Ndiaye pour tout ce qui concerne les os et articulations. Alassane Diagne, directeur d'école à Dakar et natif du village, témoigne : «Il y a environ deux mois, mon fils s'est cassé un bras, tout le monde me disait de l'amener à l'hôpital, mais j'ai préféré l'amener directement ici à Baralé, et on l'a guéri en peu de temps. Si je l'avais amené à l'hôpital, on n'en aurait pas fini jusqu'à présent, en plus d'une facture salée. Ils sont vraiment des experts dans ce domaine. S'ils avaient plus de moyens, surtout des anesthésiants, aucune fracture ne leur résisterait. » Pour appuyer ses dires, M. Diagne raconte une anecdote. «Un jour, un enfant a été renversé par une voiture et il a eu une fracture au niveau de la cuisse, on l'a amené à l'hôpital. Mais il a été plâtré à deux reprises et a chaque fois qu'on lui faisait une radio, on voyait que les os n’étaient pas bien en place. Finalement on l’a amené ici et, au bout de 15 jours, il était guéri.». Grâce à la science de Baralé.

SOURCE :L’OBS ADAMA DIENG VIA XIBAR

PiccMi.Com

Mercredi 5 Octobre 2011 - 11:06



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1.Posté par xavier le 31/01/2012 12:06

salut,
J ai lu avec plaisir le mode de traitement de ce monsieur vraiment genial.
aussi pourriez vous me communiquer l adresse avec numero de telephone.
j ai de gros problémes.
Merci de votre comprehension.
xavier

2.Posté par Milckboy fall le 21/06/2015 10:51 (depuis mobile)

salut je me nome Malick fall 1fils de cette famille ndiaye,chere ami si vous avez besoin d'information ou d'adresse a propo des guerisseure de baralé ndiaye veillé me contacté avc mon adresse milckboy23@gmail.com gmail ou mon numero 777612805 merci.

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