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ACTES MALHEUREUX : Quand les couleurs de la République virent au marron-beige !



Parmi les actes malheureux que le président Macky Sall a posés depuis son accession à la magistrature suprême, il y en a un qui passait presque inaperçu au départ mais qui, aujourd’hui, est si prégnant qu’il a fini par exaspérer et outrer les Sénégalais. Il s’agit, bien entendu, de la propension du chef de l’Etat et de son parti à vouloir imposer aux Sénégalais les couleurs de l’Apr : le marron-beige.



ACTES MALHEUREUX : Quand les couleurs de la République virent au marron-beige !
Elu pour être le héraut d’un Sénégal nouveau et résolument tourné vers le progrès, mais aussi ayant prôné « la rupture » dans la foulée de son élection, le président Macky Sall avait sans conteste tous les atouts en mains pour faire en sorte que rien ne soit plus comme avant. Que nenni !
Les plus naïfs d’entre nous et à qui la grande crédulité faisait croire mordicus que, désormais, les mauvaises pratiques n’auraient plus droit de cité au Sénégal, en seront pour leurs frais. Chassez le naturel, il revient au grand galop.
On ne parlera jamais assez du statu quo à l’Assemblée nationale qui est restée plus que jamais cette « chambre d’enregistrement et d’applaudissements » toujours décriée. On ne déplorera jamais suffisamment fort l’inféodation du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif. Qui en use et en abuse. On ne s’indignera jamais assez de l’essor de la transhumance politique qui ravale nos politiciens au rang de têtes de bétail dans un cheptel électoral migrant en permanence au gré des changements de régimes, et mus aussi par la quête perpétuelle de pâturages plus luxuriants.
Mais, le dernier avatar en date du régime de Macky Sall, qui met les Sénégalais dans tous leurs états, c’est le fait de repeindre des édifices publics aux couleurs de l’Apr. C’est proprement faire dans le « je m’en-foutisme » (maatey) lorsqu’on estime que les meilleures couleurs que doivent revêtir les façades des édifices et des biens publics du pays sont le marron et le beige (couleurs de l’Apr).
Tout y passe : logements de la cité Tawfekh Yaakaar de Tivaouane Peul, murs intérieurs de la RTS, bancs du jardin public de la mairie de Guédiawaye dirigée par le maire Aliou Sall, frangin de qui vous savez, siège de l’Anpej, abris-bus et nouveaux bus de Dakar Dem Dikk, hall de départ de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, hôtel King Fahd Palace, etc. Si on n’y prend garde, ces irresponsables « peintres apéristes » étendront cette absurdité à tous les sceaux et symboles de la république. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas donner un coup de peinture en marron-beige au palais présidentiel, à l’hémicycle de la Place Soweto (siège de l’Assemblée nationale) ou au palais de justice, voire remplacer les couleurs du drapeau national (vert, jaune et rouge) par le marron-beige, mais aussi changer l’étoile du drapeau tricolore par le cheval (emblème de l’Apr) ? Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas remplacer les sceaux de la république (le lion et le baobab) par les effigies du chef de l’Etat et de la première dame ? Pendant qu’on y est, comme ces apprentis-sorciers de l’Apr et leurs valets haut perchés à la direction de Dakar Dem Dikk ont de la suite dans les idées, pourquoi ne pas défraîchir la couleur bleu-jaune encore visible sur les autres bus de cette compagnie de transport nationale et les repeindre tous en marron-beige ? Histoire d’uniformiser l’identité visuelle du parc des autobus de Dakar Dem Dikk, lever toute équivoque et régler le problème de visibilité qui pourrait survenir chez les usagers désorientés car ne sachant plus à quelle couleur de bus se fier.
Ce que ces fous de la république sous Macky Sall ne comprennent pas c’est que ce n’est pas en tentant d’imposer au peuple sénégalais les couleurs de l’Apr, en les lui mettant plein les yeux, à tout bout de champ et à la limite de l’agression visuelle, en les mettant devant le fait accompli, qu’on arrivera à faire adhérer les populations au parti au pouvoir. Pour cela, il faudra repasser.
Le danger encouru ici est que, hormis le caractère ridicule et puéril de cette histoire de couleurs, il y a une certaine forme d’instrumentalisation des édifices et symboles publics dans lesquels se retrouvent tous les Sénégalais, (re)peints aujourd’hui aux couleurs de l’Apr pour des fins purement politiciennes. Pire, en cas de troubles publics, tout ce qui est en marron-beige, donc apparenté à la propriété de l’Apr, pourrait devenir une cible désignée et privilégiée des casseurs et mécontents contre le régime, et cristalliser alors tous les ressentiments, rancœurs, frustrations et toute la furie des populations. Ce faisant, des biens publics que rien ne prédisposait à cela au départ, pourraient être ainsi exposés à la vindicte populaire à cause de l’inconséquence et par la seule faute de quelques autorités trop zélées et aux décisions non éclairées.
Après trois années consommées dans un mandat de 7 ans qu’il a voulu par la suite réduire à 5 ans, mais ayant changé d’avis depuis lors, en passant par ses lieutenants pour envoyer des ballons de sonde aux Sénégalais sur un éventuel et même imminent « wax waxeet », le président Macky Sall montre en suffisance qu’il n’est pas à la hauteur de ses missions. Un véritable désastre, au regard des grands espoirs qu’avait suscité son élection à la présidence de la république.
Il est triste aujourd’hui que le président Macky Sall en soit réduit aujourd’hui à se livrer à des discussions sur le sexe des anges et à pinailler sur des vétilles, sur des goûts et des couleurs. Un président réduit à jouer de ruse, au plus malin et à cache-cache avec les populations qui se sont fait violence pour l’élire, c’est tout simplement honteux. Ce président là, auquel on a accepté jusqu’ici tout ce qui a été refusé à son prédécesseur, (dé)montre qu’il ne mérite pas de la nation sénégalaise.
On est encore très loin et même à des années-lumière du Sénégal émergent, de la scolarisation universelle, de l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, du taux de croissance à deux chiffres, de l’accès pour tous aux soins de santé primaire, de l’apaisement dans le secteur de l’enseignement, de l’instauration du dialogue politique inclusif, bref, de tous ces objectifs stratégiques que l’Etat du Sénégal s’est fixés et qui doivent aujourd’hui mobiliser tout le gouvernement au lieu de verser dans la politique politicienne.
Le président Macky Sall, le gouvernement et l’Apr se doivent de respecter et de veiller à la neutralité des services de l’Administration publique. Un principe qui ne doit souffrir d’aucune exception au risque de vider les symboles que voilà de leur substance, de leur caractère impersonnel, impartial, non-partisan et républicain.
Ce qui donne le plus d’urticaires aux Sénégalais, c’est que les « coupables », à l’image de Me Moussa Diop, directeur général de Dakar Dem Dikk, se livrent à des tentatives de justifications aussi laborieuses que lamentables en jurant la main sur le cœur, et en mentant effrontément naturellement, que c’est…le hasard qui a fait que les nouveaux bus de sa société soient peints en marron-beige. Passe encore qu’ils prennent des décisions aventurières qu’ils veulent nous imposer. Mais qu’ils aillent jusqu’à nous prendre pour des demeurés, il est grand temps d’arrêter ces zouaves. Toutes ces initiatives, très gauches du reste, ajoutent à la colère des populations qui ont déjà les nerfs à fleur de peau.
Invité du journal télévisé de 20 heures de la Télévision Futurs Médias (Tfm), du mardi 7 avril 2015, le directeur général de Dakar Dem Dikk, Me Moussa Diop a déclaré que « la seule instruction reçue des autorités est de moderniser Dakar Dem Dikk ». Très bien. On peut donc en faire la déduction que c’est lui-même qui a poussé le zèle et la bêtise jusqu’à prendre tout seul la décision de faire peindre les nouveaux autobus en marron-beige, et à exposer à la colère des foules hystériques, qui cassent et brûlent tout sur leur passage, le patrimoine national que constituent les autobus de Dakar Dem Dikk. Le cas échéant, Me Moussa Diop aura commis une faute professionnelle et sera tenu personnellement responsable, devant l’histoire, de tout ce qui adviendra à l’outil de travail que sont les autobus qu’il a ainsi mis en péril et partant, à la préservation des emplois dans cette société qui fait vivre des milliers de chefs de famille.
Au demeurant, les arguments que le fameux directeur de Dakar Dem Dikk a étalés sur le plateau de la Tfm sont trop légers, spécieux, cousus de fil blanc et trop tirés par les cheveux pour être crus. Au contraire, leur caractère stupide et provocateur prête à sourire et incite les téléspectateurs qui ont souffert le martyre à le suivre blablater devant la journaliste Astou Mbène Thioub, à pouffer de rire, plutôt que de s’en indigner, tant les sornettes débitées sont absurdes et ridicules. Oh, le pauvre !
La même répugnance ou répulsion vaut aussi pour les avocats du diable qui soutiennent l’argument selon lequel le nouveau régime n’est pas le seul à avoir eu à peindre les autobus de la société qui assure le transport public dans la région de Dakar aux couleurs du parti au pouvoir, en rappelant expressément les cas de la défunte Sotrac ou de Dakar Dem Dikk version Christian Salvy, avec des autobus maquillés respectivement aux couleurs du Parti Socialiste (Ps) ou du Parti Démocratique Sénégalais (Pds) au temps où ces deux partis politiques étaient aux affaires.
A cet égard, la sagesse wolof dit que : « Dou mann rek bokku ma ci mó ko gën ». Et puis, le président Macky Sall n’a pas été élu pour faire aussi bien ou aussi mal que les présidents Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. Mais pour faire plus et mieux que ses deux derniers prédécesseurs. Sinon, ce n’était pas la peine de dégager Diouf et Wade. Qui plus est, avec le lourd tribut que le peuple sénégalais a payé dans l’avènement de ces deux alternances politiques.
Retenez, messieurs de l’Etat-Apr, c’est pas terrible comme politique ce que vous faîtes là ! Rapporté aux attentes du peuple sénégalais, mais aussi aux objectifs que vous vous êtes fixés, on est encore très loin du compte. Pendant ce temps, l’élection présidentielle de 2017 ou de 2019 approche à grands pas. Mieux ou pire, les électeurs sénégalais, dont vous vous payez la tête tous les jours, prend date, ronge son frein, prend son mal en patience et attend stoïquement le jour j pour mettre le président Macky Sall devant ses responsabilités dans la situation peu réjouissante du Sénégal, avant de lui faire sa fête.

Pape SAMB
papeaasamb@gmail.com






Jeudi 9 Avril 2015 - 08:11



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