contenu de la page
Connectez-vous S'inscrire
PiccMi.Com



AWA CHEIKH DIOUF CAMARA, DIRECTRICE DU CENTRE CULTUREL BLAISE SENGHOR La sagesse au service de la culture



En service depuis Janvier 2007 à la tête du centre culturel Blaise Senghor, Mme Camara Awa Cheikh Diouf fait montre d’une sagesse inégalée. Cette mère de famille au sourire et au calme légendaires est doublée de qualités qui en font un chef de service bien appréciée de ses collaborateurs. Elle met toute sa sagesse à contribution pour réussir la mission qui lui est confiée depuis trois ans déjà. Dans cette interview avec Sud Quotidien, elle a fait le point sur la place dévolue à son centre dans les activités du Festival mondial des arts nègres prévu en décembre prochain.



AWA CHEIKH DIOUF CAMARA, DIRECTRICE DU CENTRE CULTUREL BLAISE SENGHOR La sagesse au service de la culture
Quelle est l’influence du Ramadan sur les activités culturelles au niveau de Blaise Senghor ?

Pour le Ramadan, il y a quand même beaucoup d’activités au ralenti d’autant plus que nous sommes aussi en période hivernale. Présentement, nous déroulons des activités au niveau des quartiers à travers le projet « Caada ci nawetaan ». Mais il se trouve que ce sont des activités que nous développons le soir, ce qui fait qu’on a eu un peu en prélude du Ramadan, pendant la célébration des journées du patrimoine, nous avons été à Guédiawaye. C’est un projet que nous comptons continuer après le Ramadan. Il est évidemment clair que le Ramadan influe beaucoup sur nos activités parce que c’est plus de spiritualité qu’autre chose. Et il est vrai que dans la spiritualité, on est aussi dans la culture. Mais bon il y a énormément de structures qui prennent en charge ces questions, les associations de quartier, les dahiras… Mais au niveau du centre, nous avons mis un peu en standby un certain nombre d’activités.

Quelles sont les activités que vous déroulez présentement ?

C’est un peu le projet « Caada ci nawetaan » qui consiste à aller au niveau des quartiers parce que vous savez que tous les centres culturels régionaux d’une manière générale organisent des activités de vacances. Il s’agit de centres aérés, de camps de vacances où beaucoup d’activités sont développées. Pour nous, comme il y a beaucoup d’activités de vacances au niveau de Dakar, il y a Douta Seck qui organise un très grand centre aéré, nous ne pouvons pas reprendre les mêmes choses. Nous avons pensé aller au niveau des quartiers, et en collaboration avec les associations sportives et culturelles (Asc), dérouler des activités plus proches des populations. Nous faisons ce travail avec l’association des conteurs et avec le collectif des 24 h de cinéma qui sont de jeunes réalisateurs. A cet effet, nous allons dans les quartiers pour organiser des séances de contes et de projection de films. C’est une expérience que nous avons entamé depuis l’année dernière et qui a connu quand même un grand succès. Même cette année, les gens ont commencé à réagir pour demander la reprise de l’activité, mais pour l’instant nous n’avons pas encore fini d’en établir le calendrier. Cependant, il est clair que nous allons faire de notre mieux pour toucher encore beaucoup plus de quartiers.

Que direz-vous pour présenter le centre culturel Blaise Senghor ?

Le centre culturel Blaise Senghor est une structure qui reçoit énormément de monde, beaucoup de monde et tous les jours. La demande est très forte. Cela est peut-être lié au fait que le nombre d’acteurs culturels a beaucoup évolué aujourd’hui. Il y a également de plus en plus de personnes qui s’intéressent à l’art, qui veulent même devenir artistes. Ce qui fait finalement qu’il y a une demande assez forte du point de vue de l’utilisation des espaces, les répétitions au niveau du studio de musique, les répétitions de ballets, les propositions de spectacles. Nous avons aussi un programme de promotion de jeunes talents. Il y a énormément de choses qui se font ici au niveau du Centre culturel Blaise Senghor. Je crois que les acteurs culturels se sont approprié cet espace. Les gens du théâtre sont là, les ballets, les festivals comme « Kaay Fecc », « Fest’Art », « 72 h du Hip Hop », et pas d’autres structures qui travaillent en partenariat avec nous. Nous ne pouvons pas juger négatif ou positif ce que nous faisons mais en tout cas nous essayons de faire de notre mieux. Nous nous battons bien pour le triomphe de l’activité culturelle.

Selon les témoignages des artistes et du personnel du centre, vous faîtes très bonne impression. Quel est votre secret ?

Je rends grâce à Dieu et je remercie mes collaborateurs qui m’ont permis certainement de pouvoir faire cette bonne dont vous parlez. Je crois que la culture est un secteur intéressant et j’ai quand même pu faire pas mal d’années d’expérience de service au niveau de ce secteur. Ce qui m’a permis peut-être d’avoir une certaine compréhension des choses pour être capable de faire des choses intéressantes avec des personnes intéressées par le secteur. Il est vrai que les moyens financiers ne sont pas toujours suffisants, d’ailleurs des moyens suffisants on ne peut pas en avoir, mais ce qui est plutôt intéressant c’est d’utiliser l’expertise des gens, la mienne et celle de mes collègues, et les autres partenaires qui ont réellement envie de faire quelque chose. Je pense que toutes ces motivations réunies, et pas mal de choses, créer un climat de travail assez agréable, sont autant de choses qui peuvent permettre de faire de petites réalisations. Le premier investissement, c’est l’investissement humain. Si on a des ressources humaines assez outillées et motivées, je crois qu’avec peu de moyens on peut parvenir à faire des choses intéressantes. Par ailleurs, quelque soit les moyens mis à disposition, si l’expertise et la motivation ne sont pas là, on ne peut pas parvenir à de meilleurs résultats.

Que direz-vous sur l’amélioration du cadre du centre culturel Blaise Senghor ?

Blaise Senghor est là depuis 1976, il y a déjà 34 ans. Les choses ont beaucoup évolué depuis lors. Je parlais tout à l’heure de l’accroissement du nombre des acteurs culturels et des artistes, de l’évolution des choses au plan technologique et technique. Il y a énormément de choses qui ont bougé. En matière de technologie, les choses vont tellement vite que s’il y a peut-être des choses sur lesquelles il faut insister, c’est au niveau de l’amélioration des infrastructures et des équipements. Il faut essayer de reconfigurer les espaces de manière à répondre aux normes et au besoin d’aujourd’hui. Cela me paraît aussi important dans l’évolution d’un service. Si nous pouvions avoir des équipements beaucoup plus performants, je pense que nous pourrions donner plus de satisfaction au niveau du centre. Mais ce sont des choses sur lesquelles nous travaillons avec les autorités du ministère de la culture qui sont très ouvertes à cette question là. Et nous sommes en train de trouver des solutions à cela. Je ne veux pas annoncer des choses que je n’ai pas encore acquises. J’attends que les choses se réalisent pour en parler. Je crois que c’est plus sage. Mais il est clair que nous avons l’appui de l’autorité qui est en train de tout faire pour nous aider à améliorer le cadre et les équipements.

Le Fesman se profile à l’horizon. Quel est le rôle dévolu au centre culturel Blaise Senghor ?

Blaise Senghor fait partie des sites qui ont été retenus pour accueillir un certain nombre d’activités. Je crois que le festival suit son petit bonhomme de chemin. Les équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre et n’arrêtent pas de venir sur place pour essayer de voir comment prendre en charge toutes ces questions liées à l’amélioration de l’environnement. Nous aussi en tant qu’agents du ministère de la culture et acteurs culturels, car la culture est une vraie passion, avons le devoir de mettre la main à la pâte pour que les choses puissent avancer. Quelques soient les attentes qui seront formulées pour faire participer Blaise Senghor, nous seront prêts à relever le défi parce que tel est notre devoir. Et c’est ce sera un plaisir pour nous de le faire pour la réussite de cet évènement cher au Président de la République. Le festival est une activité de taille qui va nécessiter une grande mobilisation et je crois qu’on aura besoin des compétences de chacun pour que nous puissions le réussir. C’est un devoir.

Une chose qui vous tient à cœur ?

C’est peut-être essayer de saluer ce dynamisme qu’on constate au niveau des acteurs. Les gens essaient de se prendre en charge, de mettre en place des structures de diffusion, de production dans toutes les disciplines. Cela montre que la culture évolue malgré certaines difficultés liées au financement et à l’insuffisance des infrastructures comblées par les grands projets culturels du Chef de l’Etat. Avec tout cela les gens sont en train de développer des projets très intéressants dans le cinéma, la musique, le théâtre, la danse, etc. Je crois que tout cela démontre que la culture occupe une place importante dans la vie des Sénégalais, dans l’économie nationale. Bref, c’est un secteur pourvoyeur d’emplois. Ce qu’on ne comptabilise pas souvent. Mais si on parvenait à avoir les statistiques, ce sur quoi le ministère est en train de travailler, c’est-à-dire documenter davantage le secteur, on se rendrait compte de la place importante qu’occupe le secteur.


Chérif FAYE

Sudonline.Sn

Mercredi 18 Août 2010 - 08:41



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.