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Accusé d'avoir tué une petite fille : Cheikh Diallo est acquitté, après cinq ans de détention préventive



La troisième session de la Cour d’assises de Dakar s’est ouverte, hier, par un acquittement. Accusé d’avoir mis fin aux jours de Penda Diagne, une fillette de moins de 10 ans, l’inculpé a continué de nier les faits. Si l’avocat général a requis à son encontre 10 ans de travaux forcés, la Cour l’a finalement blanchi.



Accusé d'avoir tué une petite fille : Cheikh Diallo est acquitté, après cinq ans de détention préventive
13 décembre 2006. Mamadou Diagne, qui vit avec sa petite famille à l’unité 2 des Parcelles assainies de Keur Massar, est cloué au lit par un asthme. Son épouse en état de grossesse avancée, qui était occupée à préparer le «Ndogou» pour la coupure du jeûne, envoie sa fille de 9 ans, chez sa grand-mère qui habite à quelques encablures. Il était près de 17 heures. Mais voilà, les heures passent et Penda Diagne ne revient toujours pas. Sa mère, qui commence à s’inquiéter, avise son père au moment de la rupture du jeûne. Ce dernier, qui tient à peine sur ses jambes, décide ainsi d’aller à la recherche de sa fille vers les coups de 20h. Revenu bredouille, le chef de famille, redoutant le pire, ne se doutait aucunement, que sa fille était déjà morte et abandonnée dans une maison en construction.
« Mon épouse a fait une fausse- couche en apprenant la nouvelle »
En effet, ce n’est que le lendemain, vers les coups de 19h qu’une jeune fille est venue leur annoncer la mauvaise nouvelle. « Mon père, il y a une fille qui a été retrouvée morte dans une maison, et selon les différentes versions recueillies sur place, se serait le vôtre », avait lâché la jeune fille. Suffisant pour que la mère de la victime, qui était en état de grossesse avancée, s’écroule et tombe dans les pommes. Prenant son courage à deux mains, Mamadou Diagne suivra sur le champ la jeune fille qui était venue lui annoncer la nouvelle. Et c’est pour découvrir, sa fille inerte et dans un état pitoyable. « On lui a fracturé le crâne et les épaules. C’était horrible » a lâché le père de famille, lors de sa déposition à la barre de la Cour d’assises. Déplacés sur les lieux, les éléments de la brigade de Keur-Massar ont tout de suite diligenté une enquête sur place, laquelle a permis d'apprendre, par plusieurs personnes, qu’un nommé Cheikh Diallo habitant le même quartier a, à deux reprises, voulu soudoyer des fillettes du même âge que la victime pour les entraîner dans un endroit isolé. Une dame s’est également plainte de ses agissements à deux reprises, auprès du chef de quartier. Les investigations menées ont établi que les chaussures de la victime ont été retrouvées non loin de la demeure de Cheikh Diallo. Les pandores ont également signalé dans leur rapport que la perquisition effectuée dans la chambre de ce dernier a permis de découvrir un pagne portant des tâches paraissant être du sang.
«Une accusation sans preuve», selon la défense
Des faits qui ont été niés par l’accusé, à l’enquête comme à la barre. Estimant qu’il n’a jamais vu la victime, l’accusé de meurtre, qui était au préalable inculpé d’assassinat et de viol sur mineure, a soutenu qu’il a appris la nouvelle par le biais de sa nièce. Appelée à la barre, pour éclairer la lanterne de la Cour, la dame Fatou Sow, qui n'a pas été en mesure d’identifier le mis en cause, a souligné que c’est juste sa fille Rougui Sall, qui lui a raconté qu’un individu l’avait intercepté dans la rue pour l’envoyer à la boutique. L’homme, qui lui avait promis en échange une pièce de 100 francs, lui avait dit qu’il ne pouvait personnellement se rendre à la boutique, car ayant contracté une dette auprès du boutiquier. Abondant dans le même sens que sa tante, Rougui Sall, a identifié l’accusé comme étant celui qui l’avait envoyé à la boutique ce jour.
Mais faut-il glisser jusqu’à dire que c’est Cheikh Diallo l’auteur du crime de la fillette Penda Diagne qui est décédée suite à un traumatisme crânien ? En tout cas, selon les gendarmes, les témoignages recueillis sur place signalent que l’inculpé qui portait une tignasse s’est empressé d’aller se coiffer le lendemain du crime. Des faits qui ont été niés à la barre par l'accusé. Dans son réquisitoire, l’avocat général a rappelé que le coiffeur de l’accusé a confirmé aux gendarmes avoir bien rasé Cheikh Diallo, qui avait une tignasse et que les chaussures de la victime avaient été trouvées devant chez lui. C’est ainsi qu’il a retenu sa culpabilité avant de requérir à son encontre 10 ans de travaux forcés. Si le père de la victime a réclamé un dédommagement de 20 millions de francs, la défense a plaidé l'acquittement, sous prétexte qu'il n'y a pas de preuves. Finalement acquitté, Cheikh Diallo va retrouver les siens, après cinq ans de détention préventive.
Ndèye Anna NDIAYE


Mercredi 14 Décembre 2011 - 15:05



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