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BIG D : Le poids des mots, la force du rap


Armand Damas alias Big D est le mastodonte du hip-hop sénégalais. Au propre comme au figuré. Ce rappeur au physique impressionnant ne passe pas inaperçu : 1, 86 m et 130 kg. Dans sa famille dont il est le huitième enfant, tout le monde est costaud. Tout petit, il était déjà un trublion, à l’école comme à la maison. Un tempérament qui épouse bien les contours d’une musique révolutionnaire : le rap. Portrait d’un musicien engagé.




BIG D : Le poids des mots, la force du rap
La musique rap est née aux Etats-Unis à la fin des années 1970. Comme le reste de la culture hip-hop, il est à la fois festif, hédoniste et contestataire. Les thèmes qui y sont abordés varient selon les genres et ont évolué dans le temps. Comme la soul et le funk dont ils s’inspirent, les textes des rappeurs traitent des sujets de la vie quotidienne : l’amour, la politique, la corruption, la pauvreté dans les bas-quartiers... C’est au début des années 1980 que le vent du rap a commencé à souffler sur les pays africains. Au Sénégal, parmi ses précurseurs on peut citer le duo Duggy Tee et Awadi du Positive Black Soul qui ont bien influencé le jeune Armand Damas dit Big D. Mais son idole reste l’Américain KRS1 du groupe Boojie Down productions. « Son rap est instructif. C’était son arme de combat, sa tribune pour défendre les Noirs aux Etats-Unis d’Amérique. Ses textes sont très engagés et c’est grâce à des gens comme lui que bon nombre de jeunes sénégalais ont épousé le rap à la place de la salsa, du reggae ou du mbalakh », nous confie Big D. Deux événements ont déclenché sa carrière artistique : le décès de son père et son échec au baccalauréat après deux tentatives.

En véritable expert, ce musicien né le 11 novembre 1974 à Kaolack nous explique que les rythmes du rap, comme les paroles, sont souvent en 4/4 ou 2/2, avec un caractère syncopé rappelant le funk. Big D est formel : le rap développe l’intelligence chez l’enfant. Et il est convaincu que les rimes et les rythmes aiguisent la curiosité de l’enfant et développent son intelligence. Un bon rappeur est une personne positive. « Il doit incarner tout ce qui est positif, surtout chez nous en Afrique, contrairement aux Américains qui, même pour te demander de l’eau, t’insultent », poursuit-il, tout en déplorant le comportement de certains parents qui éduquent leurs enfants par des injures ou ces pères de familles qui battent leurs épouses devant leur progéniture. « Je respecte la femme, même si elle est une prostituée », précise-t-il. En toute femme, il voit l’image d’une mère. Cette affection provient de sa complicité avec sa maman qui demeure sa seule source d’inspiration et sa conseillère. La preuve, en parlant de sa maman au cours de l’entretien, il n’a pu retenir ses larmes. Cela a créé une grande émotion, au point que notre entretien a été suspendu pour quelques instants.


LES TARES DE LA SOCIÉTÉ

BIG D : Le poids des mots, la force du rap
Big D n’a pas la langue dans sa poche. « J’ai un défaut, c’est mon franc-parler qui blesse sans que je ne m’en rende compte. Je me sers des mots pour dénoncer les maux de la société », confesse-t-il. N’est ce pas la mission du rappeur de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas ? Armand Damas l’a compris. Il tonne, dénonce les tares de la société, jette un regard critique sur la gestion de ceux qui ont choisi de présider aux destinées du peuple, sensibilise et éduque la jeunesse à travers ses paroles. Son aventure dans le hip-hop a démarré en 1989. En 1994, il rencontre son pote Jojo dans l’émission « Rap attak » d’Aziz Coulibaly. Le « Yatfu » est crée chez lui, la même année, et l’album « Stop agresseur » lance la carrière des trois acolytes que sont Big D, Jojo et Gora Diop. Leur succès est lié au fait que les agressions physiques sur de paisibles citoyens, par des jeunes désœuvrés, avaient pris une ampleur inquiétante à Dakar et sa banlieue.

Avant « Yatfu », le hip-hop sénégalais s’exprimait essentiellement dans un style Rnb : un chanteur qui assure les mélodies et un rappeur pour les paroles rimées. A titre d’exemple, l’on peut citer le Positive Black Soul, Daara J, Jant Bi, P. Froiss, Sunu Flavor « Nous faisions du rap pur et dur en mettant en avant les faits de société. Nous avions ainsi crée une rupture totale dans un style hardcore. Le public en avait marre du « mbeugeel », c’est-à-dire des chansons d’amour », explique Big D, le premier rappeur sénégalais à avoir mis sur le marché une cassette style hardcore. Le produit, dans lequel il s’exprimait aussi bien dans le flow tendance ragga, reggae ou dancehall, avait eu un grand succès. Il a ensuite enregistré quatre albums solos : « Jackpot » en 2000, « XXL » en 2002, « Jamm, la paix » en 2004 et « Amine » en 2007. Il avait également sorti un single Cd, « Fetchten », en juin 2005. Panafricaniste convaincu, Big D est membre des collectifs Aura (Artistes unis du rap africain) et Poto Poto. En duo avec El Hadji Noumoukounda, il vient de mettre sur le marché un album intitulé « Ala Athiou »

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MAKÉ DANGNOKHO
Le Soleil

CLIP VIDEO : METINA





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