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Benno ou les trente-six raisons d’Arlequin (Par Mamoudou Ibra Kane)



Ça y est ! Qui parlait de « Tassaaro » ? L’histoire de « Benno » est en train de lui donner raison. Les signes d’un éclatement de cette coalition de l’opposition s’amoncellent au fur et mesure que s’approche l’échéance de ce qu’on pourrait appeler « le choix de Madior ». La date du 31octobre, jour annoncé pour trancher chez les opposants du président Wade, la question de la candidature unique pour l’élection présidentielle de 2012.



Benno ou les trente-six raisons d’Arlequin  (Par Mamoudou Ibra Kane)
« Benno siggil Sénégal », cette vieille chaussette à jeter dans la poubelle après usage. C’est le sentiment qu’on peut avoir au regard du comportement de certains leaders de la coalition depuis quelques jours. Chez eux, « Benno » était juste un prétexte pour obtenir une caution populaire aux assises nationales et un rebondissement politique aux élections locales de mars de 2009. Mais aux élections locales seulement ! Pour l’élection présidentielle, la seule élection digne de respect pour ces chefs de l’opposition, les vieilles habitudes et les ego surdimensionnés refont surface. Pourtant un des leaders de « Benno », Abdoulaye Bathily avait prévenu. Il y a certains parmi nous qui pensent qu’ils sont nés pour être président, avait lancé le secrétaire général de la Ligue démocratique. Et patatras !

Au sein de la société civile, le sentiment est largement partagé que les opposants politiques au régime se sont servi des assises nationales conduites par Amadou Makhtar Mbow pour se refaire une santé politique qui était bien fragile. Me Mame Adama Guèye à son tour, il n’y a pas longtemps, n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat. Le faisant, il n’a fait que dire tout haut ce que beaucoup de personnalités de la société civile, membres actifs des assises nationales, disent tout bas. Il n’est pas exclu dans les prochains jours de les entendre crier haut et fort à un détournement d’objectif. Car il s’agit bien d’une supercherie politique qui se joue.

Le 31 octobre, quand « Benno » éclatera, nous prenons le risque d’en faire le pari, ces «nés pour être président» tenteront, pour convaincre leur monde, d’avancer les trente-six raisons d’Arlequin. Arlequin, personnage sans scrupule, rusé et malicieux, était chargé d’excuser son maître qui avait oublié de se rendre à une invitation, et de ce fait invoque trente-six raisons. La première était que son maître était mort… Sur la tombe de la candidature unique, ne croyez à aucune de leurs trente-six raisons sinon que « Benno » est mort. Quel faux bond à l’invitation de 2012 !

Sur les cendres du « Benno » politique s’impose la naissance d’un « Benno » véritablement citoyen. Qu’il soit du pouvoir ou de l’opposition, il ne faut jamais donner un chèque en blanc à un homme politique. L’alternance, qui ne saurait être comprise uniquement par des hommes et des femmes qui remplacent d’autres, donc par un simple « ôte-toi de là que je m’y mette », cette alternance sera citoyenne ou ne sera pas. Il faut dans notre pays, gage de la gestion vertueuse des affaires de la cité, remettre le citoyen au début et à la fin de tout !

MAMOUDOU IBRA KANE
DIRECTEUR DE LA RADIO RFM
Lobservateur.sn

© PiccMi.Com - Le Magazine du Web Sénégalais

Vendredi 22 Octobre 2010 - 22:20



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