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CHIFFRES D’UNE ELECTION A L’AUTRE : Victoire par Ko ou aux points ?



Ils étaient 15 candidats à l’élection présidentielle de 2007. Ils ont été 14 cette année à se présenter sur la ligne de départ. Aucune femme en 2007, deux en 2012. Moins de 200.000 nouveaux électeurs, 184.158 précisément sont venus s’ajouter au 4.917.157 contenus dans le fichier en 2007. Au premier tour du scrutin présidentiel en 2007, 3 472 712 électeurs, s’étaient rendu aux urnes, soit 70,62 % des inscrits. Ils sont seulement 2.608.329 à voter cette année au premier tour, soit 51,58% des 5.101.315 électeurs dits inscrits dans le fichier. Si on s’en tient cependant au cumul des points obtenus par l’ensemble des candidats opposés au président sortant, on peut s’attendre à un Ko au deuxième tour ou à une victoire aux points si le candidat des Fals parvient à faire voter les « abstentionnistes » à sa faveur.



CHIFFRES D’UNE ELECTION A L’AUTRE : Victoire par Ko ou aux points ?
La campagne électorale pour le deuxième tour de la présidentielle 2012 a démarré le mercredi 7 mars dernier et se termine le vendredi 23 mars à minuit. A l'issue des résultats définitifs publiés par le Conseil constitutionnel, le candidat Abdoulaye Wade s'est retrouvé avec 942 327 voix soit 34, 81 % des votants, perdant au passage comparativement à la présidentielle de 2007 près d’un million de voix. C’est énorme constate-t-on tout en cherchant à conjurer le sort, dans son camp. Son challenger, ironie du sort, qui se trouve être le directeur de campagne qui l’avait fait gagner haut la main en 2007, Macky Sall récolte lui, 719 367 des suffrages valablement exprimés, soit 26,58 % des votants. Les deux s’affrontent pour le duel de la mort du 25 mars prochain.

En 2007, le président sortant, Abdoulaye Wade à la participation cette année jusqu’ici controversée, avait raflé la mise et résumé en un seul tour la compétition. Il avait obtenu 1 914 403 voix des 3 472 712 électeurs qui s’étaient rendu aux urnes en gagnant ainsi « dès le premier tour ». Son suivant immédiat d’alors qui se trouve curieusement un de ses fils « putatif », Idrissa Seck, le maire de Thiès pour ne pas le nommer, bien que deuxième au décompte des voix était loin derrière avec ses 510 922 suffrages comptabilisés, soit 14,92 % des votants.

Le socialiste Ousmane Tanor Dieng arrivait en troisième position avec ses 464 287 voix, soit 13,56 % et 4ème Moustapha Niasse avec ses 203 129 voix, soit 5,93 % des suffrages valablement exprimés. Tous les quatre avaient pu récupérer leur mise qui avait été fixée à 25 millions de Francs. Les autres étaient : Robert Sagna, candidat de Démocratie-Solidarité avec ses 88 446 voix, soit 2,58 %, Abdoulaye Bathily de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail devenu entre temps Ligue démocratique (Ld) tout court, qui n’a eu que 75 797 2 voix soit 2, 21 % ; Landing Savané d’And-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme avec ses 70 780 voix, soit 2,07 %, Talla Sylla de l’Alliance pour le progrès et la justice / Jëf-Jël et ses 18 022 voix, soit 0,53 %, Cheikh Bamba Dièye du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël et 17 233 voix, soit 0,50 %, Mamadou Lamine Diallo du Mouvement Tekki et 17 233 0,50 % , Mame Adama Guèye « Sans étiquette » avec 13 700 voix soit 0,40 %, Doudou Ndoye de l’Union pour la République avec ses 9 918 0,29 %, El Hadji Alioune Mbaye candidat également sans étiquette qui s’est fait oublier juste après ses déboires judiciaires postélectoraux avec 9 016 voix, soit 0,26 %, le fantasque Louis Jacques Senghor du Mouvement libéral pour le peuple sénégalais qui n’a récolté que 8 212 voix, 0,24 %, Modou Dia « l’ambassadeur » qui se voulait candidat indépendant, fermait la marche avec ses 4 491 voix, soit 0,13 % des votants. Ils avaient permis au trésor public de minimiser le coût même si ce n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan au regard du chiffre faramineux de 23 milliards de Fcfa avancé pour la refonte totale du fichier électoral et l’organisation de cette présidentielle. Ils y avaient donc laissé 275.000.000 Fcfa.

Cette année, les candidats malheureux qui n’ont pas pu franchir au premier tour, la barre des 5% requis pour être remboursé, sont au nombre de 9 personnes qui laisseront dans les caisses de l’Etat, la rondelette somme de plus d’un demi milliard de nos francs, 585 millions de Fcfa précisément. La caution est en effet passée de 25 millions de Fcfa en 2007 à 65 millions de Fcfa en 2012.

Ils sont seulement par ailleurs, six sur les quinze qui avaient pris le départ en 2007, à revenir sur les starting-blocks cette année. Ils : Abdoulaye Wade le président sortant qui postule pour un troisième mandat, Moustapha Niasse de l’Alliance des forces du progrès (Afp), Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste (Ps), Idrissa Seck de Rewmi, Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj, Doudou Ndoye de l’Union pour la République. Huit « bleus » parmi lesquels, deux femmes : la Prof Amsatou Sow Sidibé et la styliste, Diouma Diakhaté. Une première dans le Sénégal postindépendance car si en 2000, la présidente du Paréna, Marième Wone Ly avait annoncé sa candidature à la présidentielle, elle a finalement désisté.
Une affaire de coalitions

L’une des particularités du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, est assurément la présence massive de coalitions de partis ou de regroupements politiques et/ou de gens se réclamant de la société civile allant au combat sous la bannière de la citoyenneté. C’est ainsi que pas moins de huit candidats sur les quatorze étaient portés par une coalition. Abdoulaye Wade porte les couleurs des Fal 2012 qui rassemblent, affirme Iba Der Thiam plus de 80 politiques, mouvements de soutien et de la société civile. Macky Sall celles de la coalition « Macky 2012 », Idrissa Seck a défendu le drapeau de « Idy4 président ». Cheikh Tidiane Gadio était porté par la coalition « Gadio président, luy jot jotna », tandis que Moustapha Niasse bénéficiait de l’équipe de « Benno Siggil senegaal » qui a battu campagne à ses côtés. Ousmane Tanor Dieng a été avec « Benno ak Tanor », jouant certainement sur le tempo du « candidat de l’unité » qu’il a farouchement disputé à Moustapha Niasse. Ibrahima Fall le nouveau venu, a disposé de sa coalition également : « Taxaw Tem ». Le maire de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye aussi.
Wade sanctionné comme en 2009

Le président sortant a été assurément sanctionné dans les principaux centres urbains du pays au premier tour. Il a encore perdu dans trois départements sur les quatre de Dakar, départements où il est même sorti bon troisième. Si en 2002, les grandes communes comme Dakar, Pikine, Guédiawaye, Kaolack, Fatick, Diourbel, Saint-Louis, Louga étaient toutes bleues, elles ont viré aux couleurs de Benno Siggil Senegaal en 2009 qui a raflé la mise.

Certes, les chiffres obtenus concernant le nombre total de votants lors des élections locales du 22 mars 2009 montrent que la Coalition Sopi 2009 avait obtenu 970. 220 voix sur les 2. 109. 498 suffrages valablement exprimés,-« tiens tiens ce nombre de votants est-il le même que celui de cette année avec ses 2.608.329 votants ? » La coalition Sopi 2009 qui a mué en Fal 2012 pour cette présidentielle, avait engrangé pour les locales de 2009, 48.55% des suffrages exprimés. Ce qui la place nettement devant ses adversaires en termes de suffrages obtenus, mais qui montre déjà sa « descente aux enfers » en perdant déjà par rapport à la présidentielle de 2007, même si les deux élections ne sont pas comparables diront certains, 7.35 points en deux ans (2007-2009).

Comparativement à la présidentielle de 2007, la coalition de la mouvance présidentielle égare cette année 21.09 points au premier tour. Enorme ! Dégringolade, chute libre, descente, plongée, les qualificatifs ne manquent pas pour ce qui passe pour une véritable bérézina, même si des départements comme celui de Saint-Louis ont été arrachés à l’opposition par les Fals, qui s’est pourtant dessiné depuis les élections législatives de 2007, boycottées par l’opposition dite significative. L’abstention était en effet sortie vainqueur des joutes. Moins de 35% des électeurs s’étaient rendus aux urnes, alors qu’ils étaient quelques mois auparavant 70,62 % des 4.917.157 inscrits à la présidentielle. Quasiment la moitié. Une tendance qui s’est donc maintenue et qui a « catapulté » le président sortant dans les cordes d’un deuxième tour…. Fatal ? Parviendra-t-il à inverser la tendance et vaincre aux points ?

Piccmi.com - ( Avec Sud Quotidien )

Dimanche 11 Mars 2012 - 08:00



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