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CHRONIQUE ÉCONOMIQUE - Licences de pêche : une mafia organisée ?





CHRONIQUE ÉCONOMIQUE - Licences de pêche : une mafia organisée ?
C’est à se demander, si finalement, ce n’est pas une malédiction pour les pays africains de posséder des ressources naturelles. Demandez par exemple au ministre des mines la contribution de l’exportation de l’or au PIB. Aïdar El Aly a lui donné son montant après la régularisation de l’accord de pêche avec l’Union européenne. Les vociférations sont venues de presque partout, pour dénoncer - à juste titre- une transaction minable. Quarante-cinq millions d’euros en cinq ans.

L’accord n’est pas bon mais Aïdar a du mérite comparé à ses prédécesseurs. Depuis 2006, les navires espagnols et français pêchaient dans nos côtes sans aucun accord et donc sans aucune compense financière. Le Sénégal sort de la catégorie et y laisse la Gambie, les deux Guinées et les Seychelles.

Les tirs croisés entre Souleymane Ndéné Ndiaye et Khouraîchi Thiam, chacun tentant de noyer le poisson, ont fini de faire comprendre qu’on est dans une vraie mafia organisée. Aucun accord en bonne et due forme depuis 2002. Et il ne s’agit pas d’eux uniquement. Ousmane Tanor Dieng n’aime pas le sujet. Lui non plus n’a guère fait mieux. La cession des ressources halieutiques à l’Union européenne, dans notre pays, a toujours été scandaleuse.

C’est à cause des nombreux contrats mal négociés que le président Macky Sall avait interdit aux ministres d’engager le gouvernement dans les gros contrats sans son aval. Ce qui laisse présager que lui-même était au courant de cette régularisation avec l’Union européenne. Les faiblesses de l’accord sont nombreuses. Comment par exemple vérifier le respect des restrictions sur les espèces interdites : le démersal côtier, le poulpe et la sardinelle? Mais l’accord pêche aussi au plan financier. Quand le Sénégal amasse 45 millions d’euros en cinq ans, la Mauritanie encaisse 70 millions d’euros par an, le Maroc 30 millions d’euros.


Dans une économie faible et morose, supportée par le secteur primaire, avec une production agricole en deçà des attentes, les ressources halieutiques devaient être optimisées. Puisque rien ne marche à vive allure. Dans une interview récente, j’ai demandé au ministre Aïdar s’il ne s’agissait pas d’un pis-aller, il m’a répondu que c’est un très bon accord. Espérons qu’il se trompe de bonne foi, mais ce n’est guère rassurant.

Par Macoumba Beye

Mercredi 7 Mai 2014 - 13:47



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