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[Carnet] US Open : L'essentiel de la journée (10/09)



La dernière levée des tournois du grand chelem a débuté ce lundi et nous tiendra en haleine jusqu' au Dimanche 12 Août. Mis à part Juan Martin Del Potro, tenant du titre à New York, tous les ténors du circuit sont présents pour cette édition qui s'annonce des plus ouvertes et des plus disputées pour le tableau masculin. Retrouvez chaque matin, décalage horaire oblige, sur PiccMi.com l'essentiel de ce qu'il ne fallait pas rater de la journée à Flushing Meadows. C'était la journée des demi-finales Dames et deux enseignements à retenir: Vera Zvonareva est arrivée à maturité pleine dans son jeu, à 26 ans, et Kim Clijters est tout simplement invincible à New York; retour sur les évènements marquants de cette douzième journée.



[Carnet] US Open : L'essentiel de la journée (10/09)

Clijsters ne pouvait pas perdre    

Un an sépare la Kim Clijsters qui joue alors pour gagner de la Kim Clijsters qui joue aujourd'hui pour ne pas perdre. Ce sont de petits détails qui font une grande différence. La Belge joue avec moins d'insouciance, son bras est moins libéré et ses choix sont moins spontanés. Et ces petites hésitations grossissent souvent les défauts (43 fautes directes) à l'instar d'un coup droit volatile et se traduisent parfois par des mauvais choix aux moments importants à l'image de deux amorties mal exécutées pour perdre son service à 3-3 au premier set et à 3-1 dans la deuxième manche. Pourtant, rien ne peut lui arriver à l'US Open. Qu'elle joue bien ou mal, elle gagne. Et cette année, elle joue mal, mais elle gagne, se qualifie pour la finale contre Vera Zvonareva et enregistre sa 19e victoire d'affilée à Flushing Meadows. 

Un an sépare la Venus Williams, défaite (6-0, 0-6, 6-4) par la Flamande en huitième de finale de l'US Open, de la Venus Williams, défaite (4-6, 7-6 [2], 6-4 en 2h23') par la même Belge en demi-finale. Pour l'Américaine, rien n'a changé. Elle joue toujours au yo-yo en alternant trois aces d'affilée à 0-3 dans la deuxième manche ou des montées au filet très percutantes au premier set avec deux doubles fautes consécutives, un smash inratable dix centimètres trop long, deux fautes de revers au tie-break ou une septième double faute à 4-4 (30-30) au troisième set. Sous le regard de sa soeur Serena, la 3e mondiale fait tout, comme souvent. Le pire (50 fautes directes) et le meilleur (27 points gagnants).


Clijsters, à qui perd, gagne

Mais les deux joueuses se rejoignent sur un point : ce sont des championnes. L'une, Kim Clijsters, déraille en coup droit au premier set. L'autre, Venus Williams, déraille en revers au deuxième set. Mais chacune sait qu'il faut aussi savoir gagner en jouant mal, en jouant avec le vent, en jouant avec ses émotions et ses frustrations. L'une se relève d'une mauvaise première manche et d'un jeu catastrophique au moment de servir pour le deuxième set à 5-3. L'autre tente de digérer un tie-break apocalyptique en débreakant à 4-3 au troisième set.

Dans ces cas-là, la confiance accumulée lors des matches précédents aide et Kim Clijsters possède l'expérience récente de la finale de Cincinnati, remportée contre Maria Sharapova en sauvant des balles de match. Touchée au genou, Venus Williams n'a plus joué depuis sa défaite en quart de finale de Wimbledon contre Tsvetana Pironkova. Au troisième set, ce surplus de confiance fait la différence. La Belge répond à une énorme douche froide à 4-3 (30-0) avec la perte de son service sur deux doubles fautes et une volée dans les bâches par un nouveau break sur un lob gagnant en revers à 4-4 et une conclusion limpide. Venus Williams peut ranger sa septième robe, dessinée pour le tournoi, elle est désormais maudite.







La maturité de Zvonareva


Toute la détermination de Vera Zvonareva.(AFP)
Toute la détermination de Vera Zvonareva.(AFP)

La créativité, cela ne s'apprend pas. Caroline Wozniacki vient de tomber dans son propre piège. Vera Zvonareva ne lui donne pas de points, il faut aller les chercher. Et la Danoise voit se refléter toutes ses limites actuelles dans cette défaite (6-4, 6-3 en 1h25') en demi-finale. Quand elle doit faire le jeu, elle déjoue, elle force et perd sa lucidité. Habituée à jouer les métronomes, elle multiplie les fautes. En un quart d'heure, elle en totalise déjà une dizaine, autant que lors de son match contre Maria Sharapova... « Caroline Wozniacki n'avait pas de solution et elle a été un peu rattrapée par la pression», résume Amélie Mauresmo, consultante pour Eurosport lors de cet US Open.

Plus stable, plus calme et plus créative, Vera Zvonareva délivre un match très solide malgré le vent, toujours très gênant. Patiente, elle attend son heure. Plus puissante, elle n'hésite pas aller chercher les points au filet sur chaque balle courte à l'image de ses deux volées gagnantes pour remporter le premier set (13 points sur 17 montées). A l'échange, elle recherche la longueur, varie avec quelques amorties bien distillées ou des montées à contretemps et Caroline Wozniacki ne trouve pas la faille. Fair-play, Caroline Wozniacki ne se cherche pas d'excuse. Le vent ? « Bien sûr, il y avait du vent, mais c'était la même chose pour nous deux. » La fatigue ? « Non, je ne me sens pas fatiguée.» Alors l'explication est simple : « J'ai commis quelques fautes et elle a pris l'avantage. Elle a réalisé un grand match, elle a vraiment très bien joué et elle mérite sa place en finale. »


Zvonareva plus créative

Simplement dépassée... Caroline Wozniacki dresse un bilan lucide. Et la Russe ne l'aide pas en servant beaucoup mieux que son adversaire. A l'abri sur ses engagements (65% de premières balles, 70% de points gagnés sur ses premières), elle se donne de l'oxygène pour sa relance. Et elle trouve le bon dosage entre l'attaque et la régularité : «Il fallait trouver le bon équilibre entre la patience et l'agressivité. Avec, tu ne dois pas t'attendre à jouer ton meilleur tennis. C'est ce que j'ai fait. Je ne m'attendais pas à jouer mon meilleur tennis, j'ai essayé d'être patiente quand j'en avais besoin et d'être offensif quand j'avais ma chance.» A 26 ans, la 8e mondiale gère mieux ses émotions et ne se frustre plus à la moindre contrariété. Quand ses cordes cassent comme du cristal sur du marbre pendant le match, la finaliste de Wimbledon ne tombe pas dans l'autodestruction. Elle change quatre raquettes et reste dans sa bulle. Sa cadette jette quelques regards désemparés vers papa Piotr qui ne peut venir au secours de sa fille comme sur le circuit. 

Avec le stress de son nouveau statut de favorite lié à ses treize victoires consécutives, le coup droit de la Danoise (20 fautes directes sur ce coup, 31 au total) se délite. Avec le sentiment de manquer d'armes, elle oublie ses forces : la régularité et la couverture de terrain. Dans le dernier jeu, elle déjoue, commet trois fautes directes et use de l'amortie comme un aveu d'impuissance. A 20 ans, la vision d'un premier titre du Grand Chelem et d'une première place mondiale dresse parfois un voile noir entre le rêve et la réalité.








Moustapha Sakho

Vendredi 10 Septembre 2010 - 23:39



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