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Construction d’un aérodrome à Ndangane : Les Iles du Saloum vers un crash écologique





Construction d’un aérodrome à Ndangane : Les Iles du Saloum vers un crash écologique
Un aérodrome est en voie d’achèvement sur le domaine maritime de Djilor, à l’Est de Ndangane Sambou. Ce projet est entrepris par l’industriel Yves Crémieux et est actuellement réalisé à 90%. Mais le processus de sa mise en œuvre suscite beaucoup d’interrogations et attise de nombreuses inquiétudes.

L’aérodrome en cours de construction sur les Tann de Djilor, dans la communauté rurale de Fimela, ré­gion de Fatick, est entrepris par Yves Crémieux, directeur général de la société Rufsac, qui a affirmé être en partenariat avec la direction des Parcs nationaux (Dpn). Avec cet aérodrome, le promoteur et ses partenaires assurent vouloir contribuer au renforcement de la surveillance et la conservation de la biodiversité au Sénégal, et également, désenclaver les localités de cette région du Sine-Saloum ; ainsi que contribuer à la valorisation de l’écotourisme dans les îles du Saloum. L’aérodrome est à cet effet, aménagé pour accueillir des petits avions de manière à permettre une desserte régulière de la destination, qui regorge d’un important potentiel du point de vue des valeurs écologiques et culturelles. Actuelle­ment, les travaux sont réalisés à 90%. L’aérodrome sera composé entre au­tres, d’une piste de latérite, d’un km de long, d’un parking pour avions et d’un «léger» réceptif hôtelier. Pour ce qui concerne la piste, elle en est à l’étape de l’homologation.

Quid des autorisations ?

Mais, les procédures ne semblent pas avoir été respectées. Le Quotidien a appris auprès de certains techniciens que les travaux n’ont pas été autorisés par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Cette Agence, à la tête de laquelle se trouve M. Atoumane Sall, est chargée de l’étude, de la promotion et du contrôle de toutes les activités pouvant concourir au développement de l’aviation civile au Séné­gal. Elle veille également à la sauvegarde, au maintien et à l’amélioration des normes de sécurité et de sûreté de l’aviation civile. Toutefois, quand Le Quotidien est passé, le colonel Mbo­dj, chargé de ce dossier était censé être en voyage, et aucune autre personne n’a voulu se prononcer à sa place. Sous le sceau de l’anonymat toutefois, certains fonctionnaires ont déclaré que le dossier de cet aéroport ne leur avait jamais été imputé, comme il aurait dû.
Pour ce qui est de l’attribution du site abritant l’aérodrome, les choses sont allées très vite. Le conseil rural de Fimela a approuvé le dossier en fin 2011, dans la plus grande discrétion. Et sans qu’aucun cahier de charges ne lui ait été présenté. Certains membres du Conseil rural déclarent que ce n’était pas à eux de juger de l’opportunité ou de la faisabilité de la création d’un aérodrome à cet endroit. Leur tâche, selon eux, se limite à accorder ou non la terre nécessaire.

Aucune publicité

Au-delà du conseil rural et du sous-préfet d’alors, Amadou Faye, actuel Préfet de Fatick, aucun autre acteur ne semble avoir été impliqué dans ce dossier. Même les agents chargés du développement local devant apporter des conseils techniques sur ce genre de projet, n’en ont pas été informés. Une telle initiative nécessite également des enquêtes contradictoires, qui consistent à recueillir l’avis des populations, en leur exposant les motifs. Cela n’a pas été le cas. En effet, de Fimela à Mar Lodj en passant par Ndangane, tous les acteurs assurent qu’aucune réunion d’information ou de sensibilisation des populations sur la construction de l’aérodrome n’a été tenue en aucun moment. Aucun panneau pouvant indiquer la présence d’un chantier de cette envergure n’est dressé dans la localité.

L’autre zone d’ombre, est que, selon certains de ses agents, la Direction des Parcs nationaux n’a pas nécessairement besoin d’un aérodrome pour faire son travail. De manière générale, les agents de la Dpn n’utilisent pas d’avions, mais plutôt des hélicoptères de petite taille, qui n’ont pas besoin d’une piste d’un km pour décoller ou atterrir. La Dpn disposait il y a quelque temps d’un avion. Mais depuis que l’appareil est tombé en panne, cette structure n’a plus d’aéronef, et d’autant moins besoin d’un aérodrome. Le colonel Mame Balla Guèye, avec qui Le Quotidien a pu échanger au téléphone à partir de Ndangane, n’était plus joignable quelque temps après. Et le Conseil des ministres qui a suivi a scellé son sort, en l’envoyant à la retraite. Et son adjoint de l’époque n’a rien pu déclarer sur un dossier dont il affirme tout ignorer.

Zone de narcotrafic

Si la réalisation du projet est liée comme dit, à la promotion du tourisme, les acteurs de ce secteur de­vraient normalement être impliqués. Mais cela semble loin d’être le cas. «Nous ne sommes pas informés du projet. Ni en amont ni en aval. Nous devions l’être par nos élus. Mal­heu­reusement, ces derniers ne se soucient que de leur poche», s’indigne un jeune piroguier de Ndangane. Drapé dans un grand boubou de couleur bleu, son vis-à-vis appelle le gouvernement de Macky Sall à la vigilance. Le jeune homme souligne que les îles constituent une zone de prédilection pour les trafiquants de drogue. Il en veut pour preuve qu’en 2007, des trafiquants avaient été arrêtés avec deux tonnes de drogue dure à Mbour. Ces narcotrafiquants avaient trouvé une couverture à leurs activités illicites, en mettant sur pied une unité de culture de crevettes à Ndangane. Cette entreprise était uniquement destinée à blanchir de l’argent. Car, le plus petit employé de l’unité percevait 5000 francs Cfa par jour.
De plus, font remarquer d’autres esprits très méfiants, la zone où est construite l’aérodrome se trouve à proximité de la Gambie et de la Guinée Bissau. S’il n’y a pas de mesures adéquates de sécurité autour de cette nouvelle infrastructure, les con­séquences en seront très néfastes.

le Quotidien

Lundi 11 Juin 2012 - 17:00



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