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Demba Moussa Dembélé : "Plus de 60 ans après, les Africains n’ont pas encore compris leur indépendance"



Le contour du récent séjour du président français Emmanuel Macron, la question de la souveraineté africaine, celle de l’intégration africaine et ouest africaine… Ce sont entre autres sujets abordés par le de l’Africaine de recherche de coopération pour un développement endogène (ARCADE) le Pr Demba Moussa Dembélé sur les antennes de Sud Fm.



D’emblée, le Pr Demba Moussa Dembélé a fustigé le complexe des africains, des élites africaines vis-à-vis des puissances colonisatrices. "Il y a ce complexe, ce lavage de cerveau qui consiste à considérer tout ce qui n’est pas de la France n’est pas bon qu’il faut déplorer. Ce régime a transformé le Sénégal en territoire d’outre mer. C’est cette image qu’il faut effacer car le temps est venu à commencer à penser à nos propres problèmes", a-t-il indiqué.
Sur ce point, le Pr Demba Moussa Dembélé s’empresse de se réjouir avec la prise de conscience de certains chefs d’Etat."Mais il y a une prise de conscience au niveau des chefs de l’Etat lors du dernier Sommet de l’Union africaine qu’on doit trouver des solutions aux problèmes africains. Le président ghanéen l’a bien souligné".
Se prononçant sur les promesses de 1200 milliards faites lors de la conférence du partenariat mondial pour le financement de l’éducation, il appelle à faire attention aux effets de la communication car il y a un fossé entre promesse et décaissement réel de fonds. Il en est de même pour les 30 milliards annoncés par le président français dans le cadre de la lutte contre l’érosion côtière à Saint Louis. "Sur ce dernier aspect, ce sont les entreprises françaises qui vont en bénéficier", fait-il remarquer.
A propos de l’Education sur le plan local, le Pr Demba Moussa Dembélé semble être pessimiste. "Il ya un manque de vision de l’éducation pour le développement de nos pays. Contrairement à d’autres qui forment leurs citoyens à long terme. Beaucoup de pays ne définissent pas leur politique de développement. On ne se projette pas vers l’avenir. On réfléchit en terme quantitative et non en terme qualitative", relève-t-il comme tares pouvant entraver le développement de beaucoup de pays africains.
D’ailleurs à l’occasion, il prévient : "On émerge avec ses propres entreprises et non avec des entreprises étrangères. Pourquoi j’ai dit que Macky Sall a transformé le Sénégal en territoire d’outre-mer en donnant la priorité aux entreprises françaises".
Et d’ajouter : "Quand j’ai entendu le président de la République dire ne pas dormir quand il a appris le mauvais classement du Sénégal dans le Doing business, j’ai dit que le Sénégal fait fausse route car le Doing business est une manière d’ouvrir nos pays vers la prédation des puissances étrangères".
"De même pour l’enseignement, estime-t-il, nous sommes toujours colonisés, l’élite intellectuelle reste toujours complexée. Macron avait conscience qu’il venait en territoire d’Outre-mer". Sous ce rapport, il regrette qu'en "plus de 60 ans d’indépendance l’on n’a pas toujours compris l’indépendance, la souveraineté. Les puissances colonisatrices ne veulent pas lâcher les pré-carrés africains. A côté, il ya des dirigeants qui ne veulent pas sortir de certains systèmes". "En atteste, rappelle-t-il, le rapport 2011 de la Banque mondiale a proposé 9 modèles de développement mais qui ont tous échoué. Il ya des chefs d’Etats qui ont essayé mais ont échoué, d’autres n’ont même pas voulu essayer. Certains pays veulent avoir leur drapeau, leur souveraineté quid à dépendre de l’étranger que de faires des concessions à la communauté régionale ou sous régionale".
Or, prévient-il, "aussi longtemps que cela puisse être, un pays ne se développera pas tant qu’il ne trace pas sa propre voie en tenant compte de l’intérêt de ses citoyens. Les grandes puissances savent que l’Afrique est un continent de l’avenir comme en atteste un rapport du sénat français."
Abordant le problème entre le Sénégal avec la Mauritanie, il estime que c’est un phénomène "récurrent", c’est parc que, renseigne-t-il, "il y a une séquelle profonde entre la Mauritanie et le Sénégal que les présidents n’ont jamais voulu touché jusque-là. C’est un problème complexe que peut-être les présidents Sénégalais et la Mauritanien arriveront à comprendre cela et prendre le taureau par les cornes pour trouver une solution définitive".
Sur l’ébullition du front social, il se désole le fait que "le gouvernement n’a pas respecté ses engagements signés avec les organisations syndicales. Alors que les acteurs de l’éducation et de la santé voient chaque jour le pouvoir gaspiller de l’argent du contribuable". Il ajoute comme prévenir le pouvoir : "Il y a une grand colère, beaucoup de frustrations au sein des populations, il faut ajouter des échecs patents surtout au niveau de l’emploi des jeunes, l’augmentation de la pauvreté, le procès Khalifa Sall... Si Khalifa Sall s’était rangé derrière Macky Sall il serait à la mairie. La réalité est qu’il y a deux poids deux mesures dans cette affaire et c’est ma conviction. Maintenant il faut se demander si l’opposition est capable de canaliser cette frustration."

PiccMi.Com

Dimanche 4 Février 2018 - 12:33



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