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EDITORIAL : Savoir raison gardée



PICCMi.COM - «Elevons ce pays, en élevant son niveau de langage», avait crié un célèbre journaliste français. Une manière pour lui de tirer la sonnette d’alarme et de sortir le débat politique des caniveaux. Caniveaux, le mot n’est pas de trop. Ce qui se passe actuellement au Sénégal est des plus désolants et des plus déroutants. Au moment où l’on parle de nouveau type de Sénégalais, pour une meilleure prise en compte des aspirations nouvelle de citoyenneté, c’est la classe politique qui se distingue par des sorties indignes de charretier, pire de vieilles filles aigries, qui se chamaillent à longueur de journée aux bornes fontaines.



Accueil triomphal de Me Wade, des images qui doivent pousser à la retenue (image d'archives)
Accueil triomphal de Me Wade, des images qui doivent pousser à la retenue (image d'archives)
L’exemple le plus illustratif dans ce genre d’exercice, est la malheureuse et désolante sortie de l’ancien chef de l’Etat. On peut comprendre son désarroi du fait de l’incarcération qu’il juge injuste de son fils, mais de là à insulter, médire, injurier quelqu’un, fut-il le dernier des vagabonds, ne saurait être ni admis, ni toléré, a fortiori, le premier des Sénégalais. Car ceci ne peut pas expliquer cela. Que Me Abdoulaye Wade dégage des positions politiques voire politiciennes, c’est son droit le plus absolu, mais qu’il n’outrepasse pas ses prérogatives. Car quoi qu’on puisse dire, plus de 35 % des Sénégalais se reconnaissent encore en lui. Dans un Etat de droit, un Etat démocratique, en ce 21ème siècle, des propos du genre : «un tel est un esclave du fait de son ascendance», «un tel est un anthropophage», frisent le ridicule et défient toute logique cartésienne, surtout s’ils viennent d’un éminent intellectuel de la trempe de Me Abdoulaye Wade.
C’est dans ce registre qu’il faut inscrire également la sortie de la présidente du Conseil économique social et environnemental (CESE). Madame Aminata Tall n’avait pas hésité face à la presse, de qualifier le président Wade, de «vieillard menteur». Une sortie également aux antipodes de nos valeurs morales et ancestrales. Ne serait-ce que du point de vue du respect dû à l’aîné, elle aurait dû se retenir avant de proférer de telles insanités.

Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse n’est pas lui aussi exempt de reproches. Devant les caméras des télévisions, il ne s’est retenu en utilisant des qualificatifs qui auraient fait mériter à un enfant, une longue et sévère punition. «Salopards», «imbéciles»..., partant des considérations sociologiques des Sénégalais, sont des mots exclus du vocabulaire courant. Prononcés par une autorité, ils ne peuvent que créer l’émoi.

Une émotion qui d’ailleurs s’est emparée des populations lorsque Mamadou Lamine Massaly, le leader des jeunesses wadistes, avait traité la présidente du CESE de «prostituée politique». Une sortie qui d’ailleurs lui vaut ses déboires actuels.

C’est dire aujourd’hui qu’il faut savoir raison gardée et revenir aux fondamentaux de notre société que sont le «jom», la «kersa» et la «soutoura». Car, dans le vécu de chaque peuple, il est des moments, des lieux et des hommes, que la mémoire humaine et la conscience populaire, inscrivent dans le registre de l’histoire. Alors, il est de notre devoir à tous, autorités comme simples citoyens, d’œuvrer pour que cette mémoire et cette conscience retiennent de nous des choses positives, mais non pas des choses qui risquent de faire… honte à des générations entières après nous. Car nous ne leur aurions laissé que des discours aux ras de pâquerettes.



Mercredi 25 Février 2015 - 08:28



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