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ENQUETES SUR LES BIENS MAL ACQUIS : Wade devant la Haute cour de justice ?



Me Abdoulaye Wade pourrait être inquiété par la justice sénégalaise, pour avoir touché des rétro-commissions que Loum Diagne lui a reversées dans le cadre du Fesman et de l’achat d’un immeuble. Karim, Sindiély Wade, Modou Bousso Lèye et Abdoul Aziz Sow ont aussi des soucis à se faire, si l’on en croit des sources diplomatiques. Ils ont tous été bénéficiaires de rétro-commissions par l’entremise de la société de Loum Diagne, ICBS et de l’entreprise de construction CSE. Des versements irréguliers ont été, en outre, relevés entre des comptes ouverts à Ecobank et ceux de privés.



ENQUETES SUR LES BIENS MAL ACQUIS : Wade devant la Haute cour de justice ?
La Gazette a appris, auprès de sources diplomatiques, que l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade pourrait être inquiété par la justice, à cause de rétro-commissions importantes qui lui ont été payées par l’homme d’affaires Loum Diagne, pour avoir obtenu des privilèges dans la conduite des opérations financières du Fesman. Loum Diagne avait reçu de la Banque Islamique de développement (BID) des sommes d’argent équivalent à 15 milliards FCfa, au nom de l’Etat du Sénégal. Pourtant, M. Diagne n’avait pas qualité pour recevoir cet argent, encore moins pour décider des dépenses ordonnées avec cet argent. Les rétro-commissions reçues par Abdoulaye Wade ont été payées, par deux fois, auprès de la notaire Patricia Lake Diop. On se rappelle que c’est la même notaire qui avait été choisie pour couvrir l’opération d’achat et de vente d’immeuble entre Wade et le sieur Cheikh Ahmadou Amar, révélée, en son temps, dans les colonnes de la Gazette. Une enquête, signée Cheikh Fadel Barro, en juin 2011, faisait état du règlement en liquide d’un immeuble non bâti, pour un montant d’un milliard 182 millions FCfa.

Une transaction foncière au relent de blanchiment d’argent au sommet de l’Etat. L’opération remonte au mois de novembre 2010. A cette époque, une importante somme d’argent en liquide avait été déposée dans une banque de la place (BICIS). Ce jour-là, les employés de l’institution financière n’en revenaient pas, lorsque le sieur Cheikh Ahmadou Amar, (rien à voir avec l’homme d’affaires sénégalais, Cheikh Amar Tse) s’est présenté au guichet de leur agence.

Cheikh Ahmadou Amar, natif de la région de Diourbel, âgé de 60 ans et vivant, au moment des faits, dans la capitale gabonaise où il opère un grand atelier de menuiserie, s’était retrouvé incapable de présenter une pièce justifiant la provenance de l’argent, en sa possession. Face aux banquiers, Amar s’est simplement contenté d’une déclaration verbale dans laquelle, il confie avoir gagné cette fortune à la suite d’une transaction foncière.

Les agents de la banque acceptent finalement le dépôt proposé et exigent un complément de dossier. Ils insistent, néanmoins, auprès de M. Amar, pour connaître l’origine de l’argent. Et c’est à ce moment précis que le nom du chef de l’Etat (Abdoulaye Wade à l’époque) est apparu, pour la première fois, dans cette initiative qui semblait douteuse, aux yeux des banquiers. Cheikh Ahmadou Amar fait alors savoir aux banquiers que le milliard 182 millions FCfa lui a été remis, en liquide, par Abdoulaye Wade. Il lui a vendu un terrain d’une superficie de cinq mille quatre cent trente cinq (5435) mètres carrés situé à Ngor virage. Pour autant, sur cette simple déclaration, les gérants de l’institution financière ne pouvaient pas valider le dépôt, sans saisir la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières du Sénégal (Centif). Quand la banque a demandé au sieur Cheikh Ahmadou Amar de fournir des pièces complémentaires, ce dernier reviendra avec une attestation notariée qui a certifié la vente de son immeuble à Me Abdoulaye Wade.

LA NOTAIRE CONFIRME

Le document qui a autorisé le dépôt du milliard 182 millions FCfa avait été délivré par l’Etude de Patricia Lake Diop, diplômée du Centre supérieur d’études notariales de l’université d’Aix-Marseille. La Gazette, dans le cadre de ses investigations, s’était procuré la copie de la pièce justificative. On peut lire, dans cette attestation : « suivant acte reçu au rang de mes minutes, les 09 et 11 novembre 2010, Monsieur Abdoulaye Wade avocat, demeurant à Dakar, point E, né à Saint Louis le 26 mai 1926, de nationalité sénégalaise et marié, sous le régime de la communauté de biens avec madame Viviane, a acquis, de Monsieur Cheikh Ahmadou, directeur de société, demeurant à Dakar, un immeuble non bâti sis à Dakar Ngor virage, d’une superficie de 5435 mètres carrés. Moyennant le prix principal de 1 milliard 182 millions francs Cfa payé comptant ». Au moment où l’attestation est remise, le 19 novembre 2010, les formalités d’enregistrement étaient en cours. Au cours de nos investigations, nous avions été voir Madame Patricia Lake Diop. Dans l’intimité de son bureau, la notaire avait fait savoir qu’elle n’avait aucun commentaire à faire sur le dossier, tenue qu’elle est par l’obligation de réserve et le secret professionnel qui lient sa corporation. A la question de savoir si l’attestation de vente soumise à son appréciation par nos soins, est vraie ou fausse, Mme Diop s’était contentée d’une réponse laconique : « ce n’est pas faux ».

Ainsi, Me Abdoulaye s’était-il retrouvé au cœur de cette invraisemblable histoire qui pue le blanchiment de capitaux. Il fallait remarquer qu’il y a quelque chose d’inédit, voire d’incompréhensible et suspicieux, quand un chef d’Etat paye au comptant une telle somme d’argent. D’où provenait l’argent ? S’agissait-il de l’argent du contribuable sénégalais ou de ses fonds propres ? La provenance des fonds reste toujours une énigme ! Il est quasi impossible de retracer son origine, à moins qu’on nous dise que ce sont encore les fameux fonds politiques. Dans ce cas, si c’est l’Etat du Sénégal qui devait faire une telle transaction, le ministre des Finances aurait son mot à dire et on aurait dû indiquer la fonction de Président de Me Wade et non de celle d’avocat dans l’attestation cause. Il est clair que dans cette affaire, Me Wade agissait en tant que personne privée, et sans nul doute, le terrain en question a atterri dans l’escarcelle de la famille Wade, au pouvoir, de 2000 à 2012. Pourquoi, Me Wade a-t-il choisi de payer au comptant, alors qu’une simple signature auprès de sa banque aurait réglé l’achat du terrain ?

KARIM, SINDIELY, BOUSSO LEYE AZIZ SOW ET LOUM DIAGNE VISES

Les diplomates ayant informé La Gazette, expliquent que le gouvernement du Sénégal dispose de documents comptables authentiques justifiant des détournements d’argent constitutifs, à l’égard de l’ancien chef d’Etat, des faits de corruption. La question posée est de savoir si ces infractions peuvent être considérées comme de la haute trahison. Auquel cas, Me Wade pourrait se retrouver devant la Haute cour de justice, après les élections législatives. Seulement, expliquent les sources de La Gazette, l’actuel président de la République, Macky Sall, ne verrait pas d’un bon œil qu’une telle procédure soit déclenchée contre son prédécesseur. Cependant, il se montre ferme et déterminé, en ce qui concerne Sindiély et Karim Wade qui font l’objet d’enquête de la part du parquet. Selon les mêmes sources, des indices graves et concordants de détournement de derniers publics sont identifiés contre les enfants Wade mais également, contre d’autres responsables du Festival mondial des arts nègres (Fesman). Des comptes ouverts à Ecobank ont enregistré d’importants mouvements d’argent qui ont atterri dans des comptes privés. Des versements irréguliers de fonds publics ont été constatés entre la société de Loum Diagne (ICBS) et ces mêmes responsables du Fesman. L’entreprise de construction, CSE, est aussi concernée par ces transactions. A ce sujet, l’ancien ministre de la culture, Serigne Modou Bousso Lèye et le délégué du Fesman, Abdou Aziz Sow, pourraient être inquiétés, dans les jours à venir.

Alioune Badara COULIBALY (La Gazette)

Mercredi 4 Juillet 2012 - 07:43



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