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Enquête : Conflits sociaux et psychologiques au sein des ménages; Quand les enfants subissent les mauvais choix de leurs parents



Ils sont nombreux à subir les querelles de leurs ascendants qui, pour un oui ou pour un non, en viennent très souvent aux mains. Les enfants victimes de cette forme d’instabilité sociale développent très souvent des comportements de résistance anormaux. A côté de ceux qui sont issus de ménages stables et équilibrés, les purs produits d’un milieu violent, malsain et peu propice à l’épanouissement, deviennent au fil du temps des marginaux que la société place immédiatement de côté. Enquête sur un phénomène qui n’en finit pas de gangréner la société.



Quand les enfants subissent les mauvais choix de leurs parents

Enquête : Conflits sociaux et psychologiques au sein des ménages; Quand les enfants subissent les mauvais choix de leurs parents
A. Touré enrichit les précédents propos en nous confiant son « malheur ». Domiciliée aux Parcelles Assainies, cette ravissante jeune femme de 27 ans, officie en tant qu’Assistante commerciale dans une Petite et Moyenne Entreprise qui vend des produits cosmétiques. Elle est la cadette d’une famille de quatre enfants et brille par son statut de fille unique. Pourtant, elle avoue qu’elle n’est pas « particulièrement heureuse » au sein de sa famille. Elle s’empresse aussitôt d’expliquer le pourquoi d’une telle attitude.

« Ma mère a fait un très mauvais choix dès le départ. Elle s’est entichée d’un type dont la totalité de sa famille ne voulait pas. Ses propres parents l’ont rejetée pour cela. Poussant le bouchon plus loin, elle s’est unie à cet homme irrespectueux envers elle et sa famille. Chaque jour que Dieu fait, ils se disputent. Un matin, il l’a battue à mort, l’a traînée par terre et l’a mise devant la porte d’entrée de notre maison. Le quartier entier était là pour assister à ce spectacle de désolation et de misère. J’en arrive à me demander si un jour, l’histoire désagréable de leur union, pourra être oubliée de nous. Quant à mon père, je le décrirai comme étant un être vicieux, cynique et sans morale. Il se comporte comme un égoïste envers toute la famille. Rien n’est jamais bien à ses yeux. C’est à croire qu’il nous hait et désire que nous disparaissions tous pour qu’il puisse se retrouver seul avec ses maitresses dans la maison que ma mère a construite. Psychologiquement, mes frères et sœurs et moi sommes devenus vulnérables.

Ma mère tolère le moindre de ses écarts de conduite et se bouche constamment les oreilles lorsque tout le monde essaie de la raisonner. Notre père l’humilie sans cesse mais c’est comme si elle était déconnectée de la réalité. Finalement, elle en arrive à insulter ceux qui tentent de lui demander de divorcer pour sauver l’équilibre psychologique de ses enfants. Elle est devenue quasiment dépendante de cet homme qui la domine moralement et l’exploite de la pire des manières. Il ne fait rien pour elle, pendant qu’elle fait au contraire tout pour lui. Elle est la dernière personne à constater qu’il la hait de toutes ses forces, et cela, depuis toujours. »

Dépitée, A. Touré, s’arrête de parler. Elle préfère s’en tenir là. Selon elle, sa mère est déficiente mentalement. Autrement, comment expliquer le fait qu’elle s’accroche à un attardé qui s’obstine à faire de leur vie quotidienne un véritable enfer ? Ne pouvant en parler autour d’elle, A. Touré tait ses états d’âme et joue de l’instrument le week-end dans un club pour évacuer son stress.

Plus loin, M. Faye, résidant à Hann, émet de très acides commentaires sur la question. A son avis, la faute revient aux parents qui n’ont pas su choisir convenablement leur conjoint dès le départ. En tirant sur sa cigarette, Moussa dont la charpente tient sur un mètre soixante dix-sept, est informaticien de profession. Marié et père de trois enfants, il déclare sur un ton pincé que c’est son défunt père qui a troublé de son vivant l’équilibre familial. En épousant tout simplement en plus de sa mère, une autre femme amère et acariâtre.

« Je me rappelle que j’avais huit ans à l’époque. J’étais le troisième bambin d’une famille de sept enfants. Tout se passait super bien avant l’arrivée de la coépouse de ma mère. Nos résultats scolaires étaient excellents et notre mode de vie assez envié par notre entourage. Un jour, de retour d’un voyage qu’il avait entrepris à l’intérieur du pays, il nous a annoncé la mauvaise nouvelle. Ma mère a failli en avoir une attaque. Quelques semaines plus tard, son infernale coépouse atterrissait dans notre demeure jadis si calme. Elle occupa l’autre terrasse, spécialement construite pour elle. Mes frères et moi, commencions alors à tomber fréquemment malades.

Mes parents se disputaient assez souvent. En plus de cela, ma mère et sa coépouse, se crêpaient à tout moment les chignons. Cette ambiance malsaine a poussé deux de mes frères à développer des comportements de résistance. Ils étaient marginalisés partout où ils se rendaient parce que leurs attitudes ne cadraient pas tout simplement avec la normale. C’est parce qu’intérieurement, ils étaient imprégnés du climat de violence qui régnait en permanence à la maison. A force d’accumuler les comportements excessifs et frustrants de mes parents, mes deux frères sont longtemps restés des êtres à part. Pour un oui ou pour un non, mon père nous battait. Il insultait à tout bout de champ notre mère qu’il traitait d’incapable. Il prenait toujours le parti de sa deuxième femme. A u moment donné, et ne pouvant plus supporter cette situation, j’ai fugué. Un camarade de classe m’a récupéré par la suite. Aujourd’hui, ce précieux ami est devenu mon plus que frère. Nous entretenons toujours d’excellentes relations fraternelles. Quant à mes frères, par la grâce de Dieu, ils ont rejoint la famille de ma mère à Louga, en compagnie de celle-ci après son divorce. Ils sont tous casés à l’heure qu’il est.

Quant à ma marâtre, elle est décédée en couches, il y’a dix ans de cela. Mon père l’a suivie trois ans plus tard. Malgré ses erreurs, je garde pourtant de lui, le souvenir d’un homme grand, doté d’un caractère incontestable et d’une nature honnête et travailleuse. C’était quand même mon père ! »
Les confessions de Moussa s’achèvent sur ces mots cinglants et touchants à la fois. On sent qu’il garde encore des blessures secrètes au fond de lui.

De son côté, A. Thiam avoue ne pas vivre, quant à elle, ce type de situation. Cette habitante des Parcelles Assainies, toucouleur bon teint, est célibataire. La vingtaine bien sonnée, elle poursuit ses études dans une école de marketing-management de la place. « Nous formons une famille unie. Mes parents se sont mariés sans contrainte et par amour. J’ai deux sœurs aujourd’hui mères de famille et un frère qui est parti vivre en Europe. Malgré notre situation financière, modeste au départ, nous nous en sommes touts très bien sortis. C’est important d’avoir des parents équilibrés. Je dis cela parce qu’ils constituent les piliers de l’épanouissement et de l’équilibre familiaux. Une de mes anciennes camarades de lycée a dû arrêter bêtement ses études parce qu’elle n’évoluait pas dans un climat social stable. Ses parents se battaient devant elle et le reste de sa famille. Cela l’a rendue amère, instable et peu encline à avoir des relations sociales équilibrées. Ce type de schéma social n’inspire personne, vraiment. Les enfants issus de ces ménages violents finissent en général catalogués et rejetés par tous. Pourtant, ce n’est pas de leur faute s’ils sont comme ça. Le tort est à chercher du côté de leurs parents qui n’ont pas su les élever dans un milieu familial normal.

Comment voulez-vous qu’à long terme, les enfants victimes de ces formes de violences morales, s’en sortent psychologiquement ? En général, ils n’ont personne à qui parler de leurs tourments. Notre société est, comme qui dirait, devenue individualiste. Les familles élargies disparaissent de plus en plus au profit des familles nucléaires. Et pourtant, nous sommes bien en Afrique où des valeurs telles que la solidarité et l’entraide devraient primer sur tout. » Le témoignage de A. Thiam se termine sur des sentences bien senties où elle évoque à la fin le caractère égoïste de certaines familles qui vont jusqu’à ignorer les problèmes que vivent les leurs.

En définitive, on aura constaté que la plupart des témoignages reviennent sur un fait commun : selon les principaux intervenants, les parents sont la plupart du temps responsables du climat social qui règne au sein de leur foyer. Un cas de figure qui n’apparait pas dans ce reportage, qu’on aurait bien aimé enrichir grâce aux avis de sociologues reconnus, est celui de deux couples qui n’ont rien à voir ensemble . Le premier couple vit dans une relative aisance, mais pourtant rien ne marche chez eux.
Le second ménage, quant à lui, est complètement démuni. Cependant, les conjoints arrivent à entretenir correctement leur progéniture qu’ils s’efforcent d’élever dans un milieu serein.
Cela nous amène en fin de compte à penser que l’adage qui dit que : « l’argent ne fait pas le bonheur est vraiment justifié.

De même, le constat selon lequel la famille s’éclate de plus en plus au Sénégal, est de plus en plus unanime. Les modes de vie, importés et adoptés par les sénégalais de nos jours, ne contribuent pas à équilibrer notre société qui se désintègre de plus en plus et perd ses us et coutumes au passage.
Les enfants victimes de l’inconstance et de l’instabilité de leurs parents devraient, de l’avis général, être acceptés, aidés et compris par leur entourage qui s’abstiendrait dès lors de les juger. La création de centres d’accueil spécialisés serait à même de pallier à ce type de problèmes sociaux. Le débat est donc ouvert, ce qui invite de ce fait les acteurs et les bénéficiaires des politiques nationales de développement durable à engager un dialogue franc en vue de trouver des solutions définitives à ce type de fléau social.



NK. Ndir - PiccMi.Com

Mercredi 27 Octobre 2010 - 11:21



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1.Posté par must@f le 28/10/2010 10:19

Tout cela est vrai.il y'a meme des '''non dits'' que la descence nous defend d'avouer.
la realite, nous sommes des africains,plus memes senegalais et non plus des toubabs.
kou wacc sa annd guis ko
le mariage n'est pas le fait de la chance, mais au contraire c'est du choix qui se concerte en famille.

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