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Idrissa Diop : Militant de la diversité musicale


Après un exil de près de 30 ans en Europe, Idrissa Diop prend depuis quelques années un grand plaisir à retrouver la scène sénégalaise. Non sans succès puisque ses deux derniers singles « Nobel » et « Ni ma yalla Def » sont plutôt bien appréciés le public sénégalais. L’ancien membre du groupe « SAHEL » considère que le sénégalais mérite plus de diversité musicale mais plus important encore, la musique doit véhiculer des valeurs et éduquer.L’artiste ne manque pas d’ailleurs de pousser cri de colère contre certaines vulgarités notées dans la production musicale locale. Entretien avec M.F. Ndoye




Idrissa Diop : Militant de la diversité musicale
Dernièrement, vous avez sorti deux singles « NI MA YALLA DEF » et « NOBEL » bien appréciés par le public sénégalais. Quel est le secret de ce retour réussi au devant de la scène ?

Je considère qu’on ne propose pas assez de diversité aux sénégalais et au public en général. On leur propose une certaine musique et une seule vision. Il n’ya plus d’éducation dans la musique actuelle et c’est un peu ce que je déplore. Nos ancêtres nous ont légués de belles choses sur lesquelles nous devons nous appuyer. Les jeunes ont besoin de voir et d’entendre de nouvelles choses. Il ne s’agit pas seulement de voir et de montrer des chansons et des danses vulgaires. Un texte doit être fait de telle sorte que les enfants s’appuient dessus et retiennent de vraies valeurs. Voilà ce que j’essaie de véhiculer dans mes textes et ma musique.

Parlons du single « Def ma ni ma yalla def » dont le texte est très instructif. Vous évoquez à travers ce titre des faits qui gangrènent l’actuelle société.

C’est justement la société qui m’inspire. Un jour, j’étais chez moi et j’entends un enfant dans la rue crier à tue-tête en wolof « Baayilen sa ma yaay bi nguen di liguey » (Arrêtez de marabouter ma mère). Et ce cri d’alarme poussé par cet enfant m’a inspiré cette chanson. Dans le texte, je demande aux gens de respecter les choix divins et les choix des individus. Cet enfant, qui avait 8 ou 9 ans, dégageait une telle puissance pour défendre sa chère maman.

Dans ce texte, vous dénoncez surtout l’hypocrisie qui règne dans notre société…


Complètement. On ne se rend pas toujours pas compte mais c’est surtout une sorte de réflexion, d’auto-critique. Le musicien est un marchand de rêves mais aussi un éducateur. Il faut apporter aux jeunes une bonne éducation et malheureusement ce n’est pas ce que j’entends aujourd’hui. Je le répète encore une fois, faut qu’on arrête de montrer des images vulgaires de notre culture. Notre beau pays qu’est le Sénégal ne le mérite pas. Les sénégalais sont réceptifs à d’autres sonorités. La preuve depuis que le single « Nobel « est sorti, 95.500 sénégalais se sont manifestés sur notre blog et se reconnaissent dans cette chanson. On peut proposer autre chose, parler d’amour sans aucune goutte de vulgarité, de la nature et de beaucoup de sujets sans une once de vulgarité.

Sur les deux derniers clips, on a noté qu’Idrissa Diop a beaucoup travaillé sur le visuel. Parlez-nous de la réalisation de « Ni ma yalla def « et de « Nobel » !

Beaucoup de gens pensent que ces clips ont été réalisés en Europe ou aux Etats-Unis alors que ce n’est pas le cas. Je suis associé aux gens de « Gelongal » qui sont tout simplement des mecs de génies. Le premier clip « Ni ma Yalla def » a été tourné à la place de l’indépendance en pleine nuit, à un moment où il n’y avait pas beaucoup de circulation dans Dakar. L’autre clip « Nobel » a été tourné dans un hôtel de la place. On se rend compte que tout est question de réflexion, d’envie d’innovation et de savoir-faire. Dieu sait que je suis fier du peuple sénégalais.

A quand la sortie de l’album ?


Je suis entrain de travailler dessus. Il est prévu que l’album sorte entre Novembre et Décembre 2010. Je pense que ça va être extraordinaire. J’ai fait plusieurs duos avec notamment Coumba Gawlo Seck, Samaba Diabaré Samb. J’ai invité des rappeurs tels Nix, Awadi. C’est ma vision du Sénégal d’aujourd’hui ponctuée entre tradition et modernité.

Alors Idrissa Diop, on va parler de la coupe du monde qui vient de s’achever. Qu’est-ce qui vous aura marqué ?


(Ton enjoué)… J’en discutais avec ma sœur Anta Mbow (initiatrice de l’empire des enfants) et je luis parlais de la beauté des cérémonies d’ouverture et de clôture. Les sud-africains m’ont fait pleurer par la beauté de leurs prestations. Ils ont un fait un savant mélange de traditionnel et de moderne avec notamment de la musique Zoulou. C’est ça que je vois pour le prochain FESMAN et c’est cela que je vais proposer au comité d’organisation. Bien sur que j’ai suivi avec toute la fierté d’un africain cette coupe du monde. J’ai supporté le Ghana et après l’élimination des Black stars, j’ai soutenu l’Espagne.

Etes-vous fan de foot ?


Bien sur. Quand il y’a des matches de foot, faut même pas me parler. A l’instar de tous les sénégalais, je suis un mordu de foot. J’y ai joué quand j’étais jeune mais maintenant, je suis vieux (rires)!!!






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