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L'Afrique de l'Ouest à l'heure de la finance islamique



Avec un marché global estimé à quelque 4 000 milliards de dollars, la finance islamique semble représenter une option sérieuse pour les pays de l'Afrique de l'Ouest qui peuvent la mettre à profit pour leur développement. L'engouement pour ce financement alternatif gagne de plus en plus les pays de la région qui mettent les bouchées doubles pour en déployer les mécanismes.



L'Afrique de l'Ouest à l'heure de la finance islamique
L'Afrique de l'Ouest veut sa part du gâteau de la finance islamique. La sous-région compte sur cette source de financement pour en faire un levier de croissance de son économie. La cinquième édition du forum sur la finance islamique, prévue à partir du 19 mars 2018 à Dakar, où quelque 500 grandes entreprises de la zone sont attendues, sera l'occasion pour les pays ouest-africains de travailler à renforcer leur positionnement sur ce marché.
Selon l'Institut africain de la finance islamique (AIIF), à ce jour, alors que le volume global des transactions de la finance islamique a évolué de 800 à 4 000 milliards dollars, l'Afrique de l'Ouest n'en est que pour 5% dans la part de l'Afrique qui était estimé à un peu plus de 1% en janvier 2017. Le défi pour ces pays sera donc de trouver des voies et moyens pour pouvoir profiter de cette opportunité de financement pour leur développement.
«Avec l'essor des services financiers de proximité, la population à 65% analphabète et très attachée à des valeurs culturelles et religieuses. On pense que le Sénégal pourrait arriver au taux de bancarisation universel en incitant les gens à se tourner vers la microfinance islamique », confiait à "La Tribune Afrique", Ahmed Karim Cissé, président Afrique de l'Ouest de Charia Finance qui milite pour la vulgarisation de la microfinance islamique.
Pour certains spécialistes, face à un déficit d'infrastructure sévère, avec les budgets des pays qui sont sous pression, en raison de la chute des prix des matières premières et l'évolution de la géopolitique des partenaires traditionnels de développement et d'investissement en Europe et en Amérique, les instruments financiers islamiques sont une alternative pour financer les projets de développement.
D'ailleurs les pays concernés sont conscients de l'enjeu. Ainsi, les problèmes structurels avec la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont la législation n'est pas conforme à la finance musulmane, n'ont pas empêché les pays de la zone développer leur expertise le domaine. C'est le cas du Nigeria et de la Côte d'Ivoire qui sont en avance dans ce processus ou même du Togo ou du Sénégal qui est considéré comme un pays pilote, l'un des rares à émettre des Sukuk (emprunts obligataires conformes à la Charia). C'est aussi le cas du Mali, du Niger, de la Guinée ou du Bénin, où des banques islamiques se sont installées et prospèrent en menant leurs activités en toute légalité.

Plus de sécurité ?
Certains promoteurs de la finance islamique estiment que si les pays courent vers cette source de financement, c'est aussi pour la sécurité qu'elle garantit. «Comprenant que ce système bancaire est un gage de sécurité et réduit les crises et conflits juridiques, aujourd'hui, les Occidentaux, même ceux qui ne sont pas musulmans, misent de plus en plus sur la finance islamique», a expliqué Mouhamadou Lamine Mbacké, PDG de l'AIIF.
Cependant, malgré tout le bien qu'on pourrait en dire, la finance islamique doit aussi relever des défis d'ordre juridique. «Le cadre réglementaire de la finance islamique, que ce soit en Afrique de l'Ouest ou du centre reste faible. Beaucoup d'aspects n'ont pas été clarifiés, tant sur le plan fiscal que régal. Ce qui rend les investisseurs frileux, hésitants. C'est un réel problème qui freine le développement de ce secteur», soutient Ahmed Karim Cissé.
Par La Tribune Afrique

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Mercredi 14 Février 2018 - 23:01



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