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L’oppresseur opprimé ! Quand Macky Sall et ses souteneurs vivent l’enfer dans les réseaux sociaux.



Dans les démocraties africaines, l’internet a la magie de maintenir en vie une opposition mourante. Matée et réprimée sur le terrain, les opposants font flèche de tout bois pour se faire entendre surtout quand il leur est impossible de tenir des manifestations même pacifiques. Voilà comment les réseaux sociaux sont devenus une vraie trouvaille des jeunes, révolutionnaires et opposants, pour en découdre avec un pouvoir de plus en plus insupportable. Le ‘‘printemps arabe’’ en 2011 avec les mobilisations monstres sur la place Tahrir en Egypte en est une éloquente illustration.



Face à un régime qui ne cède aucune parcelle de manifestation à la classe politique qui lui est hostile, il n’y a aucune issue qui s’offre à cette dernière si ce n’est braver les interdits et assumer les conséquences. Habituellement, en Afrique, les marches d’opposition sont bannies par les tenants du pouvoir. La nature ayant horreur du vide, avec la réduction à sa « plus simple expression » de l’opposition républicaine au Sénégal, les usagers des réseaux sociaux s’invitent dans les débats et se font justiciers dans un domaine qu’ils contrôlent parfaitement. Et sur ce terrain virtuel, les opposants au président Sall abêtissent toutes les activités de son gouvernement et ses soutiens.
Manifester violemment via les réseaux sociaux faute de pouvoir descendre sur le terrain
Des cas de lapidation des souteneurs de Macky Sall font foison sur facebook. Conscient de leur rôle et de leur impact non négligeable, le chef de l’Etat lui-même mande ses collaborateurs et partisans d’ « occuper les réseaux sociaux » pour défendre son bilan. Ab initio, facebook et les autres réseaux sociaux permettaient aux différents gouvernements et autres organismes de communiquer sur leurs programmes et activités. Mais depuis quelques temps, les usagers notamment politiques de tout bord se lancent dans des campagnes de dénigrement et font de la toile un domaine d’abjection.

En fin de semaine passée, Souleymane Ndéné Ndaye s’est jeté dans la gueule du loup avec une publication qui apparaissait comme une mise au point et un démenti à une fausse information sur son sujet. Des milliers de commentaires, plus malsains les uns que les autres, qui lui en veulent pour son attitude abjuratoire face à la transhumance qu’il fustigeait en ces termes en Décembre 2013: « je ne cesserai de fustiger le phénomène de la transhumance. Jamais ! (…) Je me demande si nous, politiques, nous rendons compte de l’image désastreuse que nous donnons à nos compatriotes ! (…) j’appelle à la raison les ‘’transhumants’’ ! Ils ne font honneur ni à leur famille politique qu’ils vont trahir ni à celle qui les accueille et qui, au fond, ne leur fera jamais confiance ». En faisant son récent post de mise au point donc, l’ancien premier ministre aurait dû numéroter ses abattis face à la salve d’insultes qui en naitraient. Mais mû par l’intrépidité et la fierté d’être d’une lignée royale dont il se targue souvent, le fusilleur des transhumants sort du bois et se fait dépecer de manière si humiliante qu’il a fini par supprimer son post.
Le cas Souleymane Ndéné n’est que l’arbre qui cache la forêt de la détestation de certains internautes au président Macky Sall. Lors de son voyage en Chine où il devait assister au sommet sino-africain, le président Sall avait jugé instructif d’informer et d’échanger avec « ses amis » sur l’importance d’un tel déplacement. Mais, ce qu’il en récolta, le contexte de la révocation du maire de Dakar aidant, n’était pas du tout souhaitable avec des commentaires ab irato. Un coup de communication raté en quelque sorte dans un terrain virtuel glissant où les gens du pouvoir réfléchiront à une multitude de fois avant de partager leurs sentiments.
Loi sur les fake news et restriction de l’internet, un abcès de fixation ?
A l’approche de l’élection présidentielle de 2019, toutes les décisions étatiques sont souvent sujettes à des interprétations et des appréciations sous un angle purement électoraliste. Même si, il faut le reconnaître, beaucoup de personnes sont victimes de l’internet et des réseaux sociaux avec une violation de l’intégrité et un vol des données personnelles qui atteint son paroxysme. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus la chasse gardée d’une importante frange de la population, jeunes et intellectuels confondus, qui en font une arme fatale contre leurs adversaires. Les sorties malencontreuses de la chanteuse Amy Collé et de Penda Ba à l’encontre de Macky Sall et de la communauté wolof avaient provoqué des ondes d’indignation et de condamnation. Ajouté à cela les lives d’Assane Diouf, les réseaux sociaux étaient finalement devenus la sphère d’activité et l’exutoire de tous ceux qui se sentaient chiffonnés par telle ou telle chose. Le constat qu’en fait Macky Sall lors de la cérémonie de remise des prix au concours général 2018 résume éloquemment tout : « le net est en train d’être complètement saboté par ces mauvaises pratiques de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ».
En faisant de Facebook leurs murs de lamentations, les usagers ne font pas que dénoncer ce qu’ils prennent pour la cause de leur malheur et chagrin. Ils en arrivent dans le même temps à diaboliser et à vouer aux gémonies d’honnêtes hommes qui ne sont coupables d’aucun délit. C’est le cas de la fausse information, une diffamation à la limite incompréhensible, véhiculée sur la personne de Bougane Gueye et sa troisième épouse qu’il aurait mariée après la naissance de leur enfant. Une information relayée par une certaine presse en ligne et qui finalement s’est avérée être un pur canular.
Aujourd’hui plus que jamais, l’opposition se choisit l’internet de manière générale (sa seule alternative) pour porter l’estocade à leurs bourreaux du pouvoir. A bon chat bon rat ; la décision du président Sall de légiférer par rapport aux «fake news» peut être vue non seulement comme un moyen de dissuasion pour les journalistes de mauvaise foi qui ne cherchent que le scoop et le buzz mais aussi une façon de contrôler l’information surtout en temps d’élection où la presse peut se permettre de donner les résultats issus des urnes. Contre les « fake news », le président Sall enjoignait le ministère de l’éducation « d’organiser une veille stratégique collective permanente pour contrecarrer les « fake news » et autres informations fausses et malveillantes ». Cette intention de contrôler les médias prêtée au régime actuel tient naturellement la route avec le nouveau code des communications électroniques qui permet désormais de restreindre l’utilisation des réseaux sociaux. Toute restriction dans ce sens, quelle que puisse être la raison avancée, est attentatoire aux libertés d’expression et de presse. (Senenews)


PiccMi.Com

Dimanche 9 Septembre 2018 - 00:56



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