contenu de la page
Connectez-vous S'inscrire



LOBE NDIAYE, ÉCRIVAINE ET RÉALISATRICE DE TÉLÉVISION : Une femme à la source de la littérature senghorienne



L’écrivaine Lobé Ndiaye est une passionnée de la littérature. A force de dévorer les pages des romans, elle finit par prendre la plume pour se livrer, pour exprimer ses sentiments, son point de vue.



LOBE NDIAYE, ÉCRIVAINE ET RÉALISATRICE DE TÉLÉVISION : Une femme à la source de la littérature senghorienne
Lobé Ndiaye a consacré une bonne partie de ses recherches sur les œuvres du président poète, Léopold Sédar Senghor qui a lu son premier livre et affirme être « une senghorienne ». Réalisatrice à la RTS, elle a dans ses projets un documentaire sur Léopold Sédar Senghor.

Mercredi Matin. Il est 8 heures 40 minutes à la Radio Télévision Sénégalaise (Rts). Un calme règne dans cette structure où la majeure partie du personnel n’est pas encore au travail. Au deuxième étage où se trouve le bureau des réalisateurs, Lobé Ndiaye est seule dans la salle. Assise sur une chaise, elle tient un livre entre ses mains. Un indice. Cette dame est une passionnée de littérature. Elle aime la solitude pour méditer et aussi pour s’évader.

Bien à l’aise dans sa robe blanche confectionnée à la main, Lobé est d’une noirceur d’ébène. Ses lunettes claires laissent à peine transparaître ses yeux. L’écrivaine sait bien concilier la littérature à la réalisation. Depuis la Faculté des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, elle dédie son temps à l’analyse littéraire plus précisément, sur les œuvres de Senghor avec comme toile de fond, la maîtrise des ficelles de la littérature.

« L’analyse littéraire consiste à reconnaître l’idée générale exprimée par l’auteur, à chercher si cette idée maîtresse a été exposée nettement avec précision et dans l’ordre, tout en étudiant la forme qu’à revêtu chaque idée et à faire les remarques de toute nature qu’occasionnent les mots et expressions employés par l’auteur », confesse la réalisatrice.

Dés le bas âge Lobé Ndiaye est piquée par le virus de la littérature. « A mes premiers jours à l’école au moment où on apprenait les lettres de l’alphabet j’ai commencé à lire tellement fort que le directeur de l’établissement est entré dans notre salle pour dire que cette petite sera une littéraire. Et, c’est comme ça que j’ai commencé à avoir l’encouragement de ma famille et de mes professeurs pour commencer à vivre la littérature », rapporte l’écrivaine.

A l’école Léontine Graciané de Saint Louis


Elle a fait sa première classe à l’Ecole Léontine Graciané de Saint-Louis. Avec des débuts dans cette ville, il ne faut pas s’étonner qu’elle se soit orientée vers l’écriture. Saint-Louis a produit plusieurs générations d’écrivains. « Mes parents ont été tout le temps affectés à l’intérieur du pays », raconte Lobé Ndiaye. Elle fait plusieurs localités du Sénégal lors de l’affectation de ses parents et plus tard pour les besoins de ses réalisations. « J’ai fait de nombreux pays de la sous région, mais aussi avec l’Inde, New Delhi, Paris entre autres » explique-t-elle. Elle a participé à plusieurs ateliers d’écriture. Lobé Ndiaye décroche son bac en 1991, puis s’inscrit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au département de lettres modernes. Après avoir obtenu sa licence en lettres, elle poursuit avec une maîtrise en anglais et se spécialise en littérature britannique. Ce moment est un tournant de sa carrière lorsqu’elle entre au Média centre, (une école de formation audiovisuelle) par le biais d’un concours. Elle en ressort avec un diplôme option « réalisatrice ». Assoiffée de connaissances, elle poursuit ses études au centre culturel américain et fait une formation en management. « J’ai obtenu un master 2 en management (mention Très bien) dans une université privée de Dakar » dit-elle. Cela lui a valu d’être un cadre de gestion en ressources humaines à la Télévision nationale, avant de devenir réalisatrice.

Son dernier roman intitulé « Sirènes de la nuit » a été publié à Paris en juillet 2009. Cette œuvre d’une soixantaine de pages en écriture littéraire et sous format électronique est déjà mise en ligne. L’ouvrage retrace l’histoire d’Aminata, une jeune fille d’une grande beauté.

Elle vit dans la pauvreté et fréquente un cercle de nantis pour échapper à la misère. Cette histoire peint dans toute sa sincérité de la société sénégalaise, narre Lobé Ndiaye. « La sirène », soutient-elle dans la mythologie est une création hybride, mi- femme mi-poisson. Dans le roman, elle symbolise paradoxalement le charme, la beauté et le danger.

Le recueil de nouvelles « De goût aigre et d’encens » de Lobé a reçu la mention spéciale du jury lors du concours de « nouvelles et poésie » en 2000 organisé par la Fondation Léopold Sédar Senghor. Elle est aussi l’auteur de la « Princesse de Sabodola » qui a été interprété en court métrage version Française par La télévision nationale. Cette œuvre a reçu également un prix lors du concours Afrik’Art organisé par une structure italienne.

L’écriture et la réalisation sont compatibles


Depuis 1997, Madame Ndiaye associe l’écriture à sa vie professionnelle, la réalisation. Lobé assure ainsi la réalisation de certains émissions de la télévision nationale. Deux boulots qui vont ensemble selon l’écrivain. « L’écriture et la réalisation sont compatibles. Dans mon travail de réalisation il y a des préalables autrement dit, il y a l’écriture de scénario » explique-t-elle. Mais le travail de la réalisation lui prend beaucoup de temps. « Je suis organisée dans ma démarche donc quand je suis inspirée, je me trouve le temps d’écrire » affirme Lobé Ndiaye. Elle a, en son actif, plusieurs documentaires tels que « Gorée, l’île métisse », « Yayou dokhandème, la dame de Saint-Louis » qui décroche un prix international et « le refus » une réalisation de cinq minutes sur le Vih/Sida et Bakel .

Cette écrivaine a beaucoup étudié Senghor à l’université. « Je me suis totalement enracinée à la littérature surtout la négritude » souligne-t-elle. Et c’est ce qui lui a donné le goût de l’écriture. Lobé Ndiaye n’a pas hésité à échanger des correspondances avec le président Léopold Sédar Senghor qui a publié ses premiers écrits. C’est pour cela qu’elle le considère comme « son père spirituel ». « Je suis senghorienne parce que j’aime les œuvres de Senghor » répète-t-elle. Senghor fut le premier à lire l’un de mes premiers poèmes intitulé « Fille de Gorée » et il l’a publié dans la « revue Ethiopiques » de la Fondation Senghor en 1992. Ensuite, il publie mon premier roman « les voies du destin », se souvient Lobé Ndiaye. En 1993 dans le cadre de la seconde édition de la journée internationale de l’écrivain, Lobé a publié « la création poétique, itinéraire passionné » dans la revue « Lettres majeures » de la Fondation Léopold Sédar Senghor.

Elle estime que ce qui impressionne chez le poète Léopold Sédar Senghor, c’est l’humaniste et l’homme de culture ancré sur le dialogue des peuples. « Nous ne pouvons pas parler de négritude, et d’enracinement, d’humanisme, de métissage et d’universalité sans penser à Senghor » défend-elle. Plus hier qu’aujourd’hui, l’immortel Senghor accompagne les idées de cette jeune écrivaine.

Codou DIAGNE (stagiaire)
Le Soleil

© PiccMi.Com - Le Magazine du Web Sénégalais

Dimanche 3 Octobre 2010 - 11:35



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.