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Le Capitaine Fracasse | Par Aliou Ndiaye



Convenons-en. Ahmet Khalifa Niasse est un gladiateur peu scrupuleux. Il est aussi un humoriste fort talentueux. Rondouillard, goguenard et revanchard, le leader du Front des alliances patriotiques a déboulé comme un preux chevalier à l’avant-scène médiatique. Sabre au clair, des mots verts, le voilà à l’assaut du château de cartes libéral. Le nouveau Capitaine Fracasse a un armement bien singulier. Il s’agit d’une photo et des mots, d’une armure à scandales. Cette cuirasse est une photographie des pratiques basses et sordides dans l’espace politique local. Allégrement, on y est passé du ruisseau au marigot et du calcul à la crapule. C’est l’escalade quotidienne d’un tas d’immondices, d’une montagne d’ordures. La photo d’Ahmet Khalifa Niasse est la synthèse, la morale d’une histoire immorale. Braillez, fouaillez la poubelle et prenez de la balayure, c’est le fonds qui manque le moins. Au Sénégal, en ce moment.



Le Capitaine Fracasse | Par Aliou Ndiaye
Eugène Poubelle était le préfet de la Seine en 1884. Cet inventeur des réceptacles couverts pour les ordures ménagères aurait trouvé des similitudes frappantes entre son invention et notre nation. Car, jamais dans le passé de ce pays une bataille politique n’a dégagé une odeur aussi nauséabonde. Attaqué dans sa famille à travers le fameux dossier de blanchiment d’argent impliquant ses deux fils, Ahmed Khalifa Niasse s’est peut-être dit à la guerre comme à la guerre. Il a brandi comme une épée l’effigie d’un de ses enfants. Répondant au nom de Baye Niasse, ce dernier a posé à côté de la fille du président Wade. Lors de l’émission « Pencoo » de Pape Cheikh Sylla sur Walf Tv, il a usé de l’image comme d’une menace. Son attitude pleine de sous-entendus était accompagnée de commentaires pour le moins déplacés. Le procédé n’est pourtant pas isolé. La semaine dernière, la presse s’est fait l’écho d’une scène surréaliste. Un concours d’insanités entre ministres d’Etat au téléphone. Le fait est choquant certes, mais sa communication à la presse est bien plus indécente. Un entretien téléphonique entre Aminata Tall, Habib Sy et Samuel Sarr ne devrait jamais se retrouver dans la rue. C’est d’une incongruité inacceptable. Cette grossièreté est un violent coup de marteau. Elle assène une vérité d’évidence même. Sous l’alternance, le déficit d’hommes d’Etat est un mal endémique. Le changement de 2000 a profité à une escouade de handicapés moraux. Ces invalides boitent de l’honneur et louchent de la dignité. Une infirmité inhibitrice. Ils n’ont jamais su se hisser à la hauteur de la charge.




Le Capitaine Fracasse | Par Aliou Ndiaye
Pape Samb Mboup, alias Alfred, le tonitruant ministre chef de cabinet du président de la République, est le second Capitaine Fracasse de la semaine. Sa sortie brutale contre la Génération du concret est instructive. Par le vocabulaire, Mboup a renseigné sur les gangs et la gangrène. Tout le monde, dans ce pays, connaît l’histoire des vols directs dans la mallette du chef de l’Etat, entre ciel et terre. Tout le monde soupçonnait l’existence d’un cordon autour de Me Abdoulaye Wade. Mais Mboup est allé plus loin dans la qualification. Selon lui, il s’agit d’une prise d’otage en bonne et due forme du président de tous les Sénégalais par un clan d’opportunistes. Bravades d’un fort en thème secoué par les attaques contre son ex-camarade de cellule à Rebeuss ou simple coup de sang ? La déclaration de Pape Samba Mboup est un réveil matin. Elle ouvre les yeux sur les conséquences désastreuses de l’invasion du Pds et de l’Etat par la nébuleuse concrétiste. Ce n’est pas pour excuser les scénaristes de l’affaire Diombass Diaw. Mais il paraît bien que ce scandale politico-sexuel est aussi un des résultats pathologiques des nombreuses tentatives de viol du Pds par la Gc. La victime de cette affaire d’ébats filmés aurait été sponsorisée par le mouvement du fils du président. Objectif politique : prendre le Pds de Dagana à Omar Sarr, compagnon de longue date de Me Wade. Les conséquences de cette démarche font des éclaboussures jusqu’au gouvernement. Dans l’attelage, la présence massive des concrétistes indispose, à juste raison, les libéraux authentiques. D’autant plus que certains parcours ou profils exposent aux quolibets les plus méchants. Avez-vous entendu Ahmet Khalifa Niasse sur la composition du gouvernement ? On y trouve, selon lui, beaucoup d’hommes femmes et de femmes infâmes. L’histoire a ses égouts et ses décharges. Et notre temps semble bien être le lieu de passage de tous les déchets humains. C’est une science profonde et une technique de surface de pouvoir s’en débarrasser.

Aliou Ndiaye | Lobservateur

Vendredi 27 Août 2010 - 13:32



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