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Le débat sur les 200 milliards s’est révélé sans intérêt



Selon Madame Aminata Touré, ancienne Première Ministre du Sénégal, la traque des biens supposés mal acquis a permis à l’Etat de recouvrer 200 milliards de FCAF. Certains éminents membres de l’opposition, de la société civile et du pouvoir contestent le montant de Madame Touré. De son côté, le Président de l’Assemblée Nationale a déclaré ignorer tout de ces milliards. Un débat fort contradictoire a fait suite à la sortie de Madame Touré. Pour l’émergence du Sénégal, ce débat s’est révélé sans intérêt pour les citoyens, l’essentiel se trouvant ailleurs. On peut se demander pour quelle raison et pour quel objectif Madame Touré a-t-elle déterré ce vieux thème polémique de la traque des biens supposés mal acquis.



La traque des biens mal acquis a-t-elle permis à l’Etat de récupérer 200 milliards de FCFA ? Madame Touré persiste et signe que oui. Toutefois elle n’a pas dit comment cette somme à été récupérée et versée dans le budget de l’Etat. Est-il possible que cette somme recouvrée par l’Etat soit intégrée dans le budget national sans une loi de finance rectificative ? Pour un Etat normal comme le Sénégal, la loi de finance rectificative est incontournable pour l’utilisation de cette manne financière. En affirmant ignorer tout des 200 milliards recouvrés par l’Etat, le Président de l’Assemblée Nationale a clos le débat. Même si les 200 milliards ont été recouvrés, il ne semble pas avoir été intégré dans le budget de l’Etat ; les députés n’ayant pas voté une loi de finance rectificative pour intégrer cet argent si on se fie aux propos de Monsieur Moustapha Niass, Président de l’Assemblée Nationale.
Dans le cadre de ce débat, pour éclairer l’opinion publique nationale et internationale, le Gouvernement du Sénégal a sorti un communiqué faisant le bilan de l’argent récupéré dans le cadre de la reddition des comptes et de règlement de contentieux. Selon Seydou Guèye, Ministre Porte Parole du Gouvernement, l’Etat a récupéré et intégré dans son budget par des lois de finance rectificative un peu plus de 152 milliards de FCFA. Ce communiqué ne confirme pas les 200 milliards de Madame Touré.
Le débat faisant suite à la sortie de Madame Touré constitue une illustration qu’on aime le verbiage au Sénégal. Pour quelle raison cette sortie a-t-elle suscité autant de commentaires et de critiques au moment où on parle de l’élevage, de l’agriculture, de l’AIBD, des mines, de la sécurité, de l’immigration, de l’environnement etc. ? Nos hommes politiques de tous bords brillent rarement sur le terrain des propositions pour sortir notre pays du sous développement qui n’a que trop duré. Ils ne parlent pratiquement jamais de l’agriculture, de la pêche, de l’éducation, de l’élevage, de l’aménagement du territoire. Ils ne dissertent que sur la constitution, la justice, le parlement, les élections. Tout semble indiquer que seuls les sujets polémiques faciles qu’ils retournent à leur guise à l’envers et à l’endroit les intéressent. Régulièrement des spécialistes parlent et même écrivent sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’environnement etc. et pourtant il n’y a jamais de débat contradictoire sur ces thèmes stratégiques.
Il est temps que nos hommes politiques, de la société civil et même les médiats s’intéressent aussi aux thèmes économiques. N’importe qui peut parler des thèmes polémiques, même les ignorants, mais seuls ceux qui savent parleront des sujets portant sur l’économie. Il est temps de porter le débat sur les vrais leviers économiques pour apprécier et critiquer le bilan et les projets du Président de la République sans oublier les propositions alternatives éventuelles de l’opposition pour 2019. Le verbiage ne fera pas avancer le Sénégal ni sur le plan de la démocratie, ni sur celui de l’économie.
Pr Demba Sow
Ecole Supérieure Polytechnique
Université Cheikh Anta Diop de Dakar

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Samedi 6 Janvier 2018 - 10:21



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