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Les agresseurs d’un étudiant condamnés aux travaux forcés à perpétuité





Les agresseurs d’un étudiant condamnés aux travaux forcés à perpétuité
Yankhoba Sima et Mballo Dieng ont été condamnés lundi aux travaux forcés à perpétuité, pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec violence et ayant entraîné la mort.

La deuxième session de la Cour d’assises de Dakar a démarré par cette affaire. Elle se poursuivra jusqu’au 25 mai.

Les faits remontent à 2007. Dans la nuit du 25 au 26 juin de la même année, vers quatre heures, un garçon et deux filles – tous étudiants d’un institut de formation - se font attaquer par une bande de quatre personnes, sur la rue Aimé Césaire, à Fann-Résidence, à Dakar. Les étudiants rentraient d’une séance de travail.

Les filles sont dépossédées de leur téléphone portable, après avoir pris peur devant les agresseurs. Aurélien Savi de Tové, leur compagnon de route, qui est d’origine béninoise, a été poignardé à la jambe, à la poitrine et à la nuque. Evacué à l’Hôpital Principal de Dakar, puis à la clinique Casahouse, il finit par rendre l’âme.

Yankoba Sima, qui utilisait le téléphone portable de la victime, se fait repérer grâce à l’opérateur de téléphonie mobile ayant délivré la puce téléphonique. A son tour, Mballo Dieng est identifié.

Le certificat de genre de mort atteste que l’étudiant béninois, 21 ans, a succombé à une hémorragie, conséquence d’une plaie pénétrante de la face postérieure du thorax. Une plaie qui a transpercé le poumon droit.

Yankhoba Sima, 29 ans, et Mballo Dieng, 23 ans, sont placés sous mandat de dépôt, le 11 juillet 2007. A la barre de la Cour d’assises, ils nient avoir donné des coups à Aurélien Savi de Tové.

Houda Mbaye, un membre de la bande d’agresseurs, est en fuite. Cheikhna Aidara, qui n’avait pas atteint l’âge de la majorité à l’époque des faits, a été jugé par le tribunal des mineurs, qui l’a condamné à une peine de prison de trois ans ferme.

Yankhoba Sima et Mballo Dieng, férus de football tous les deux, ont été à l’école jusqu’en classe de quatrième (collège). M. Sima devient ensuite mécanicien. Et M. Dieng, un maçon. M. Mballo a séjourné deux fois à la prison du Fort B pour vol.

‘’C’est Houda Mbaye qui a agressé l’étudiant. Je n’ai fait qu’apeurer les deux filles, avant de prendre leur sac’’, a dit Yankhoba Sima au tribunal, expliquant que les faits ont lieu pendant qu’ils rentraient d’une manifestation récréative.

Mballo Dieng déclare, devant le tribunal : ‘’Je n’étais pas sur les lieux au moment des faits. Je les avais laissés sur place.’’

A l’enquête préliminaire, M. Sima avait soutenu que c’est de M. Mbaye qu’est venue l’idée d’agresser les étudiants. ‘’J’étais ivre. Je ne savais pas ce qui se passait autour de moi. J’ai seulement entendu des cris. Quelqu’un s’est écrié : +Il m’a blessé.+’’

‘’Je ne sais pas grand-chose de cette affaire’’, déclare Mballo Dieng. L’avocat de la partie civile a demandé à la cour de faire ‘’preuve d’une extrême sévérité’’ envers les accusés qui, dit-il, ont bel et bien ôté la vie à Aurélien Savi de Tové.

‘’Il (l’étudiant tué) révisait ses cours, dans le but de préparer ses examens’’, a expliqué Me Christian Faye, qui a réclamé le franc symbolique.

Le procureur Mame Cor Ndour a, dans son réquisitoire, estimé que ‘’ces faits son horribles, pathétiques et laids’’. ‘’C’est au sortir [d’un bar situé] à Pikine qu’ils (les accusés) ont embarqué à bord d’un taxi pour se rendre au lycée Seydou Nourou Tall. De là-bas, ils ont longé l’avenue Aimé Césaire, avant de s’attaquer à ces étudiants’’, a affirmé M. Ndour.

Le représentant du ministère public ajoute : ‘’Arrivés à côté du siège du ministère de la Santé, ils ont aperçu un groupe de trois étudiants, un garçon et deux filles. Ils les ont attaqués et blessé le garçon.’’

‘’Les dénégations et la consommation d’une boisson alcoolisée et de comprimés barbituriques sont des échappatoires. Ils veulent jouer la carte de l’amnésie’’, a-t-il soutenu.

Il a juré que ‘’cette stratégie ne leur permettra pas d’échapper à la condamnation’’. Et, le procureur de requérir les travaux forcés à perpétuité.

La défense a réfuté la perpétuité requise par le procureur. Me Antoine Padanou, qui a assuré la défense de Yankhoba Sima, a déclaré que ‘’rien ne prouve dans le dossier que [son] client avait un couteau’’. ‘’Il n’a pas signé ce procès-verbal, dont on lui attribue les propos. Il vous a dit qu’il a lui-même apeuré les filles, avant de s’emparer de leur sac.’’

‘’Mon client mérite une chance. Il a fait tranquillement ses études et ne s’est jamais séparé de sa famille. Il n’est pas définitivement marginal. La société peut encore le récupérer’’, a lancé Me Padanou, qui sollicite du tribunal une application bienveillante de loi pénale.

Et, l’avocat de Mballo Dieng d’expliquer que son client a toujours réfuté les faits qu’on lui reproche. ‘’Il n’y a pas d’élément pouvant entrer en voie de condamnation’’, a soutenu Me Ibarhima Mbengue.

‘’Il (M. Dieng) a toujours nié les faits, depuis l’enquête préliminaire. Il n’y a pas de matière pour le condamner à la perpétuité’’, a lancé Me Mbengue, qui a plaidé l’acquittement de son client.

Le tribunal a reconnu les accusés coupables des faits qui leur sont reprochés et les a condamnés, comme l’avocat général, aux travaux forcés à perpétuité.

APS

Lundi 14 Mai 2012 - 20:41



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