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ME EL HADJI DIOUF SUR LES PROCHAINES LEGISLATIVES : «Il nous faut une Assemblée où ne régnera plus la dictature d'un parti, considérant les députés comme des valets»



Foncièrement contre une Assemblée nationale monocolore, Me El Hadji Diouf plaide pour que «toutes les sensibilités politiques de ce pays soient
représentées» au sein de cette institution. «Il nous faut une Assemblée où ne régnera plus la dictature d'un parti, considérant les députés comme des valets», souligne le leader du Parti des travailleurs et du peuple (Ptp) qui ne manque pas de solder ses comptes avec ses ex-alliés de «Bennoo Siggil Senegaal». Entretien



ME EL HADJI DIOUF SUR LES PROCHAINES LEGISLATIVES : «Il nous faut une Assemblée où ne régnera plus la dictature d'un parti, considérant les députés comme des valets»
Jamais dans l'histoire politique du Sénégalais, on a vu une Assemblée nationale où l'on s'invective aussi violemment entre députés. Ne pensez-vous pas qu'il faut une rupture par rapport à la prochaine législature ?
Vivement la fin de cette législature, pour que disparaisse ces comportements qui n'honorent pas la fonction parlementaire. Les députés du président, comme ils le disent, n'ont jamais accepté qu'on critique Abdoulaye Wade. Dès qu'on émet un avis contraire à celui de ce dernier, alors c'est la déstabilisation, les chahuts, le sabotage, les injures, qui sont érigés en règle par ces parlementaires égarés. Il nous faut une Assemblée plurielle où on ne trouvera plus une majorité écrasante, où ne régnera plus la dictature d'un parti politique, dirigeant l'Exécutif considérant les députés comme des valets qui exécutent les desiderata du chef de l'Etat. On doit enfin vivre cette rupture souhaitée par les Sénégalais. Ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui ne veulent plus la confusion des pouvoirs. Plus d'hégémonie de l'Apr, du Pds ou du Ptp. Il faudrait que toutes les sensibilités politiques de ce pays soient représentées au sein de l'Assemblée nationale. Il faudrait que l'Assemblée nationale reflète la diversité de notre peuple. L'Assemblée nationale doit jouer son rôle de contre-pouvoir.

Donc, vous êtes contre une liste commune de «Bennoo bokk yakaar» aux Législatives ?
Mais oui. Je suis contre la liste unique de «Bennoo bokk yakaar» aux Législatives. L'instauration d'une hégémonie pour écraser toutes velléités de contestation à l'Assemblée nationale, cela va étouffer l'ardeur des députés qui représentent véritablement le peuple qui souffre. Le peuple qui a des difficultés et qui doit les exprimer. Ce peuple-là, il doit avoir des députés porte-parole et non des députés représentants la majorité ou le président. Cette expérience amère, nous l'avons vécue à l'Assemblée nationale. Arrêtons cette expérience amère. Les Sénégalais doivent
être très vigilants et très prudents sur ce que nous avons vécu avec Wade. Si Wade a osé proposer le ticket présidentiel, le 23 juin, pour passer au premier tour avec 25 %, c'est qu'il était fort de sa majorité. Mais le peuple est plus fort encore qu'une majorité parlementaire. C'est pourquoi je demande au peuple Sénégalais de ne plus donner une majorité écrasante à un pouvoir. C'est ce qui avait poussé Wade à se représenter, alors qu'il n'avait pas le droit. Mais, il savait qu'il avait le pouvoir Exécutif, Législatif et Judiciaire en poche.

Quel rôle compte jouer le Ptp dans les Législatives ?

C'est le rôle de sentinelle de la démocratie, de gardien du temple. Le rôle du soldat du peuple engagé dans ce combat contre l'arrogance, l'omnipotence d'un pouvoir. Le pouvoir de Macky Sall, c'est notre pouvoir à nous. Ce n'est pas le pouvoir de Macky Sall. Donc, nous devons être vigilants, pour que ce pouvoir-là ne soit pas détourné de ses objectifs. C'est-à-dire satisfaire les aspirations du peuple sénégalais. Les dirigeants avaient un train de vie supérieur à celui des dirigeants occidentaux et américains. C'est pourquoi d'ailleurs on exige des audits. Il y a trop de vols, de magouilles, de détournements. On attend Macky Sall sur ce terrain. S'il n'audite pas, gare à lui. Il sera interpellé et rejeté par les Sénégalais. Il a intérêt à être très ferme. Les Sénégalais ont soif de justice, tellement ils ont subi l'humiliation, la marginalisation, l'arrogance, la violence d'un pouvoir inconscient et irresponsable. Et le peuple, aujourd'hui, demande justice. Justice, il réclame.

Vous avez quitté avec fracas la Coalition «Bennoo Siggil Senegaal»...

La Coalition «Bennoo Siggil Senegaal» ne m'a jamais intéressé, parce que ces Assises nationales dont elle se réclame, je les ai toujours rejetées. Parce que c'était une grosse farce. Pour moi, c'était une séance de masturbation politique. Parce que chaque politique doit avoir un projet de gouvernement. C'est ça le rôle d'un parti politique. Aujourd'hui, Macky Sall ne s'entend pas avec eux d'ailleurs. Il est chef de l'Etat et chef de parti, il a nommé un ministre de l'Intérieur de son parti, et les Assises se sont opposées. Donc, moi, j'étais venu ajouter mes voix à celle de Moustapha Niasse, pour lui permettre d'accéder à la magistrature suprême. Et de 5%, je l'ai amené à presque 13%. Ils ferment les yeux pour négliger mon apport, mais Dieu et Moustapha lui-même savent ce que j'ai apporté à la Coalition. Cette Coalition n'a aucune chance. C'est pourquoi elle s'est mise derrière Macky Sall. Elle est composée de partis vieux et de partis morts. Ces gens appartiennent au passé. Le Ptp ira aux Législatives sous sa bannière avec des partis politiques et des personnalités de la vie sociale et économique. Nous allons frapper un grand coup. Je dérange. J'ai même fait l'objet d'une cabale à Paris, parce que j'ai osé répondre aux accusations qui étaient portées sur la personne de Macky Sall qu'on avait présenté comme le candidat des homosexuels et des francs-maçons. On m'a présenté comme un violeur. Dieu sait que je suis un personnage digne. Je suis polygame, je ne suis pas en état de manque. Je suis rassasié. Pourquoi devrais-je alors violer ? C'est pourquoi j'ai servi une citation directe au journal «Le Pays», qui appartient au groupe Wade, à «Icône» et «Satellite». Ils répondront devant la Justice. Quelle méchanceté pour qu'ils me présentent comme le Dsk sénégalais, comme un récidiviste. Ils m'entendront.

Propos recueillis par Barka Isma BA

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Mercredi 25 Avril 2012 - 12:59



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