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Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur à l’UGB : "Le régime doit éviter de s’entêter à modifier unilatéralement les règles du jeu électoral"



Interpellé sur les conséquences de la tension actuelle sur l’organisation de la prochaine présidentielle, l’enseignant chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Maurice Soudieck Dione, nous livre ici son analyse.



Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur à l’UGB : "Le régime doit éviter de s’entêter à modifier unilatéralement les règles du jeu électoral"

«La situation actuelle va élever les enjeux de la présidentielle, à travers l’image d’un pays en crise, avec des risques de renouer avec la violence comme le révèle l’histoire politique du Sénégal, à travers les nombreux conflits que le pays a connu eu égard aux luttes pour la transparence des élections. Ce climat politique délétère, aggravé par les nombreux foyers de tension syndicale, peut avoir des conséquences néfastes. D’abord sur la conjoncture économique, en mobilisant tout le pays autour de contradictions sociopolitiques, à un an de l’échéance électorale. Cette problématique va également assombrir le bilan du président Sall, en focalisant tous les regards et en cristallisant les perceptions autour de ce qui ne marche pas. Le régime doit donc éviter de s’entêter à modifier unilatéralement les règles du jeu électoral, car en démocratie, on ne peut pas avoir la prétention d’avoir raison sur tout le monde, à priori, sans discuter !
La confiance est déjà rompue avec l’opposition, notamment en raison de l’organisation chaotique des élections législatives du 30 juillet 2017 par rapport auxquelles beaucoup de questions n’ont pas encore été réglées : les cartes d’identité et d’électeur non encore produites ou distribuées ; le rôle des arbitres : CENA, CNRA, Conseil constitutionnel ; l’audit du fichier non accepté par l’opposition significative, etc. Étant le premier responsable de la mauvaise organisation des Législatives, le régime aurait dû lâcher du lest, en prenant des mesures fortes pour rassurer l’opposition, comme la nomination d’une personnalité sans coloration partisane pour diriger un ministère chargé d’organiser les élections, pour montrer sa bonne foi, et impliquer la société civile pour renouer les fils du dialogue, pour que les acteurs du jeu puissent s’entendre sur l’essentiel afin d’avoir des élections transparentes et apaisées. À rebours de cette démarche d’humilité, d’ouverture et de conciliation, l’option privilégiée a été de rajouter de la complexité voire de la confusion dans les règles du jeu, à moins d’un an de l’élection présidentielle en voulant instaurer un parrainage contre l’avis de toute l’opposition quasiment !
Avec l’effervescence du front social en plus de la radicalisation de l’opposition, le pouvoir en place risque de construire une forte coalition populaire contre lui. En effet, si le régime persiste à manipuler unilatéralement le processus électoral, dans un contexte marqué par une rupture du dialogue politique, à réprimer les manifestations et brimer les droits et libertés, il va lui-même organiser sa perte du pouvoir, comme cela s’est passé avec le Président Wade défait à la Présidentielle de 2012. Le régime du président Sall semble s’être engagé dans une voie qui privilégie le rapport de forces ; et cela n’est plus en phase avec le niveau de maturité démocratique des Sénégalais. Dès lors, chaque décision et chaque action allant dans le sens de s’imposer à outrance éloignent davantage du peuple !» (Sudonline)

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Dimanche 15 Avril 2018 - 20:29



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