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Mondial Judo De Tokyo 2010: Le Tsunami Japonais.



Dans les deux catégories féminines qui combattaient ce dimanche, tout le monde savait que les Japonaises seraient difficiles à battre, mais toutes les combattantes avaient à cœur d'essayer de les mettre en échec. Malheureusement, les quatre judokas japonaises étaient tout simplement invincibles et une vague nippone a déferlé sur l'ensemble des autres favorites qui ont disparu, une à une, du tableau des éliminatoires.



Mondial Judo De Tokyo 2010: Le Tsunami Japonais.
Les deux finales femmes, moins de 48 Kg et moins de 52 Kg, ont donc été totalement dominées par les championnes locales. Se connaissant parfaitement, Tomoko FUKUMI (JPN) et Haruna ASAMI (JPN), en moins de 48 kg, Misato NAKAMURA (JPN) et Yuka NISHIDA (JPN), en moins de 52 kg, eurent néanmoins le plus grand mal à se départager et, en fin de compte, Haruna ASAMI ne s'imposa que d'un yuko obtenu sur pénalité. Yuka NISHIDA, quant à elle, se hissa sur la plus haute marche du podium sur décision au drapeau des arbitres.
Le fait remarquable fut, tout de même, qu'en finale, c'est systématiquement l'athlète la moins bien positionnée au classement mondial qui l'emporta.

Derrière l'invincible Armada, les places sur le podium étaient chères.


Chez les femmes, -48kg, l'expérimentée Alina DUMITRU (ROU), après son titre olympique à Beijing en 2008, remporte à nouveau une belle médaille de bronze ici à Tokyo. Au cours des éliminatoires, alors qu'elle était dominée par la Française Frédérique Jossinet, à quelques secondes de la fin, elle fut, soudain, capable de trouver l'énergie nécessaire pour projeter son adversaire par ippon. Cette victoire inattendue, étant donné qu'elle était menée au score, lui ouvrit les portes de la demi-finale. Mais c'était sans compter sur le fait qu'elle allait rencontrer la future gagnante et qu'elle n'arriverait pas à lui imposer sa puissance. Dans le combat pour la médaille de bronze, opposée à la Coréenne Chung, après une courte période d'observation, Alina se mis dans le combat, accéléra, et rapidement inscrivit un yuko au tableau de marquage, puis deux waza-aris qui lui donnèrent la victoire. La joie de la jeune femme remplit de joie le stade qui lui réserva un tonnerre d'applaudissements, comme à chaque victoire spectaculaire d'un athlète qui soit japonais ou non.
La deuxième médaille de bronze fut gagnée par une très jeune Brésilienne. Déjà championne du monde junior à deux reprises, Sarah Menezes a remporté aujourd'hui son premier résultat majeur, à l'occasion de ce championnat du monde, et cela, même si elle est déjà connue du circuit mondial et figure régulièrement sur les podiums internationaux. L'aspect significatif de sa victoire, au-delà du fait qu'elle a très bien combattu, réside dans le fait qu'elle ait pris l'avantage sur la médaillée olympique et multi-médaillée mondiale française, Frédérique Jossinet. La différence d'âge entre les deux combattantes ressemblait un peu à une jolie passation de pouvoir entre deux générations de grandes championnes.
Originaire d'une banlieue pauvre de Terezina (région de Piauí, Nord du Brésil), Sarah s'entraîne encore chez elle et jusqu'à présent n'a pas encore quitté son chez-soi protecteur. En 2008, elle a pris part aux Jeux Olympiques de Beijing, alors qu'elle n'était que junior et elle a été la toute première athlète de Terezina ayant participé aux Jeux, tous sports confondus. En 2009, elle a également remporté le prix de l'athlète de l'année attribué par le comité national olympique du Brésil.
En -52, les deux autres médailles de bronze reviennent quant à elles à Natalia KUZYUTINA, de la  Russie, et à Bundmaa MUNKHBAATAR, de la Mongolie.



Le Japon et l'Ouzbékistan repartent avec l'or



Les catégories légères, chez les hommes, ont démontré un judo de grande qualité à l'occasion de cette dernière journée. Avec plus de 69% et 61%, respectivement en -60 et -66kg, les spectateurs en ont eu pour leur argent et ils avaient toutes les raisons d'être satisfait du show qui leur avait était proposé.
En -60kg, l'état d'esprit de Sobirov (UZB), à la fin de la finale pouvait se résumer en trois mots: exténué mais heureux. Comment est-il possible que le vainqueur d'une telle compétition ne soit pas fatigué alors qu'il a eu à affronter tant de judokas de grand talent ? Et que dire alors du parcours de Georgii ZANTARAIA (UKR), qui successivement s'est défait de Min-Ho CHOI, Champion du Monde et Champion Olympique, de Ludwig PAISCHER (AUT), vice champion du monde et vice-champion olympique ou encore d'Arsen GALSTYAN (RUS), Champion d' Europe ? Mais devoir encore se mesurer, en finale, à Sobirov fut de trop pour le champion Ukrainien. Après un ippon, changé en waza-ari par les arbitres, assistés de la vidéo, l'Ouzbek continua à attaquer dans des positions acrobatiques. Le combat s'acheva finalement au sol avec Sobirov immobilisant son adversaire du jour. Quand l'arbitre annonça le résultat, il était tellement exténué, qu'il n'était même pas en mesure de savourer sa victoire. Quelques minutes plus tard, il arborait néanmoins un franc sourire sur le podium.
Pour compléter le podium, les deux médailles de bronze attribuées le furent à Arsen GALSTYAN (RUS) et Hiroaki HIRAOKA (JPN).

En -66, le plus fort de la catégorie était encore un Japonais: Junpei MORISHITA, suivi par le Brésilien Leandro CUNHA qui prit la médaille d'argent et par Tsagaanbaatar HASHBAATAR (MGL) et Loic KORVAL (FRA) qui repartirent avec le bronze. La journée de compétition s'acheva, à l'image de ce qui s'était passé au fil des combats, sur un magnifique ippon de Morishita. Le japon était en mesure de célébrer sa 8e médaille d'or.

Le Brésilien qui aurait pu être déçu de sa deuxième place étant donné que l'or était à portée de sa main, était en fait assez satisfait de sa performance, quelques heures après la fin de la compétition: « Je suis fier de ce que j'ai fait, et fier que toutes et tous, entraîneur, famille et proches m'aient fait confiance et que j'ai été capable de leur montrer que mon potentiel compétitif n'était pas qu'un potentiel mais qu'il était réalité. »
Il est ici important de souligner que depuis des années Leandro CUNHA, originaire d'un milieu assez déshérité, dans la région de Sao-Paulo, a toujours été considéré comme le numéro 2 de sa catégorie de poids, derrière des champions tels que Guimarães (médaillé de bronze au JO d'Atlanta), Derly (double champion du monde au Caire en 2005 et à Rio en 2007). Enfin, aujourd'hui, Leandro a eu sa journée à lui et s'il a perdu la finale sur ippon face au Japonais, c'est que « C'est ça le judo : gagner ou perdre par ippon ».

A la fin de sa demi-finale, le sud-américain a fait un petit geste comme s'il berçait un enfant. Dans quelques mois, il va en effet devenir père et c'est de cette façon qu'il l'a annoncé à tous ses camarades de l'équipe nationale brésilienne. Aujourd'hui le show a été total et l'émotion à son plus haut niveau; c'est ainsi que l'on aime le judo.



La Corée du Nord élue dans la commission des athlètes de la FIJ



La FIJ est heureuse d'annoncer l'élection de la Corée du Nord comme membre de la commission des athlètes. Ce nouveau membre a été désigné à l'occasion de ces championnats du monde. Elues par tous les athlètes, il s'agit de Kum AE AN, Corée du Nord. Les catégories Open vont clôturer les championnats du monde de judo, de Tokyo, ce lundi et les combats font rage déjà.



En direct de Tokyo  via SENESPORT.INFO
Nicolas Messner
Directeur de la communication de la FIJ


M.S.

Lundi 13 Septembre 2010 - 16:50



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