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Moustapha Gaye, coach : «Tandian est un menteur. A minuit, les filles étaient déjà dans leurs chambres» - «Je ne le considère pas comme un président, car…»



Ce sont de très gros missiles que Tapha Gaye a largués sur la tête de Baba Tandian. Très remonté contre le président de la Fédé de basket à qui il reproche de n’avoir pas dit la vérité sur l’affaire des primes, le coach des Lionnes n’a pas mis de gants pour asséner ses quatre vérités à celui qu’il considère comme «une calamité» pour le basket sénégalais. Le dunk est vraiment retentissant !



Moustapha Gaye, coach : «Tandian est un menteur. A minuit, les filles étaient déjà dans leurs chambres» - «Je ne le considère pas comme un président, car…»
Qu’est-ce qui s’est réellement passé avec l’histoire des primes à la veille de la finale perdue contre l’An­gola ?

Honnêtement, tout ce qu’il (Baba Tandian, président de la fédé de basket) a raconté au sujet des primes, ce sont des mensonges, des balivernes. C’est une histoire à dormir debout. Ça ne tient pas. Et je pense que les filles l’ont corrigé dans une sortie à la 2STv. D’abord, il faut savoir qu’il ne dit pas la vérité quand il déclare que les filles réclamaient leur argent jusqu’à 3 heures du matin. Car à minuit, les filles étaient déjà dans leurs chambres. Mama Ndiaye, le délégué fédéral est venu à minuit dans ma chambre pour me dire qu’il est venu me voir avec l’argent. Je lui ai dit qu’il ne fallait pas déranger les filles à cette heure-là. C’est alors que je lui ai demandé combien Tandian lui avait donné. Il me dit 10 millions 400 mille francs pour les 12 joueuses et pour un entraîneur. Je lui ai alors demandé de retourner l’argent en lui disant qu’on devait payer tout le monde, sinon on ne paye personne. En ce moment, les filles n’étaient même pas informées. Mama Ndiaye est reparti. Il est revenu plus tard pour me dire qu’il a tout fait pour rencontrer Tandian en frappant longtemps à la porte de la chambre, mais en vain. Il a même cherché à l’appeler. Voilà tout ce qui s’est passé. C’est moi donc qui ai pris la décision de retourner l’argent. Je fonctionne avec un staff. J’ai des médicaux avec moi, même s’ils sont nommés par la fédération. On ne peut pas me payer et ne pas payer les gens avec qui je travaille.

Donc, l’argent était simplement destiné à vous et aux joueuses ?

En effet, c’étaient les joueuses et moi. Et je ne comprends pas pourquoi. La veille, il (Baba Tandian) avait attaqué les filles pour leur dire qu’elles n’avaient pas le droit de ne pas jouer sinon elles auraient affaire au peuple sénégalais. Et les filles lui ont rétorqué : «20 heures sorétoul (Ce sera bientôt 20h).» Et quand il a compris que les filles ne badinaient pas, il m’a demandé une faveur. J’étais là. C’est lui qui a convié à la réunion. Quand il a senti qu’il était bloqué, il m’a demandé un service. Il m’a dit : «Coach Tapha, Svp, est-ce qu’on peut faire ça et ça ? Donc, il était question de payer les douze joueuses et moi. Je lui ai fait comprendre que pour moi, ce n’était pas possible. Je lui ai demandé de me laisser le temps de discuter avec mes entraîneurs, pour débloquer la situation et sauver la demi-finale. On a finalement trouvé un accord. Je suis revenu dans la salle et j’ai dit au président Tandian que c’était Ok en lui reppelant que par le passé, vous m’avez indexé à tort d’avoir monté les filles. Et que j’avais une bonne occasion de bloquer la situation. Je l’ai débloquée parce que ce n’est pas pour vous que je travaille. C’est pour les Sénégalais. Il a pensé que j’ai débloqué la situation pour de bon. Alors que ce n’était que pour la demi-finale. C’est pour cela, quand il y a eu une deuxième fois, j’ai dit non. Soit on paye tout le monde ou bien on garde l’argent. Donc, ce ne sont pas les filles. C’est moi. Qu’on laisse les filles tranquilles. C’est une histoire fausse, tout ce qu’il a raconté. Et ce qui est dommage, c’est que Tandian n’était pas dans l’hôtel. Il reçoit des informations fausses et après, il déclare que les filles ont veillé jusqu’à 3h du matin à réclamer des primes. C’est cette manie de raconter de fausses infos au président que j’avais dénoncée à la Coupe du monde. Il y a toujours des gens pour raconter des histoires au président Tandian. C’est dommage ! Je n’ai même pas envie de lui dire président. Je préfère lui dire simplement Tandian. Je ne le reconnais vraiment pas comme un président. Il est d’un niveau intellectuel extrêmement faible. Aucune hauteur d’esprit. Je pense que nous avons fait assez d’efforts avec lui. Il est temps de remettre les choses au point. Je ne tiens aucunement à ma fonction d’entraîneur national. Demain, si l’on me vire, je prendrai avec beaucoup de fierté et beaucoup de plaisir cette décision. Mais, j’en ai marre de travailler avec ce gars-là. Je pèse mes mots. Il n’a aucun respect envers les gens. Il manque de courage, car il s’attaque aux filles, au lieu de m’attaquer. J’assume l’entière responsabilité de cette défaite en finale. C’était un problème de jeu, l’équipe angolaise était plus forte que nous. On n’a jamais eu les solutions pour les battre. J’assume ! Mais qu’on laisse les filles tranquilles.

Pour revenir à l’argent, aviez-vous l’intention de jouer le reste des matchs ?

Je n’ai jamais dit qu’on ne joue pas. C’est à 1h 49 du matin que j’ai appelé Monsieur le ministre Faustin Diattan pour lui faire part de mes inquiétudes, de la situation et que j’allais convoquer un point de presse à midi, le jour de la finale pour dénoncer cette histoire de primes. Mais, il n’a jamais été question de ne pas jouer. Finalement, le ministre m’a demandé de sursoeir au point de presse et de faire des concessions. Jusqu’à présent, mon staff n’a pas été payé pour les dernières primes. Aucun perdium journalier n’a été payé.

Aujourd’hui, vous voulez dire que le vrai problème du basket sénégalais, c’est le président de la fédération ?

Ce n’est pas un président de fédération. C’est une catastrophe. Et, ce qui est dommage, c’est qu’il manque de courage. Il se cache derrière des choses (Il ne termine pas sa phrase). L’histoire des 50 millions Cfa qu’on lui aurait donnés, je l’ai entendue sur la 2Stv. Mais, on ne peut pas donner de l’argent aux supporters, acheter des banderoles sans payer les primes du staff. C’est un manque de respect. J’ai dit depuis le début que je n’accepterai pas d’être primé et laisser mon staff. Je ne suis pas un lâche.

Dans quelle atmosphère avez-vous collaboré durant la compétition avec tout ce qui s’est passé ?

Lors de la préparation des garçons en France, alors qu’on était aux Jeux africains de Maputo, les Lions avaient exigé le relèvement des primes journalières. Tandian avait crié sur tous les toits que c’était légitime et si le ministère des Sports ne régle pas ce problème, il allait saisir la Primature, sinon, lui-même, il allait le débloquer. Je ne sais pas si cela a été fait. Quelques jours plus tard, les filles demandent le relèvement de leur perdium, il les traite d’ingrates. Quel est son problème avec les filles. Il avait misé sur les garçons, il en a fait son cheval de bataille, il a échoué et il a souhaité qu’on échoue. Il a cherché à nous destabiliser en insinuant que c’est moi qui était derrière les filles. Tandian est pédant tout le monde le sait. Alors qu’il arrête. Il nous tape sur le système. Que j’arrête de travailler avec lui demain, ce serait un énorme plaisir. Mais, je ne démissionnerai pas. J’attends qu’on me démette de mes fonctions. Je suis fier de ce que j’ai fait avec les filles. C’est un monsieur qui se prend pour le bon Dieu et qui ne peut pas l’être. Il n’est qu’un être humain avec toutes ses tares. C’est une calamité.

Comment voyez-vous votre avenir en faisant une telle sortie ?

Je suis clair dans mes positions. Tant que j’aurai des choses à dire, je les dirai. Je n’ai pas demandé à être entraîneur national. On m’a sollicité, j’ai accepté. Si demain, on me demande d’arrêter, je le ferai avec plaisir. Surtout avec un gars comme ça qui n’a aucun niveau. Ce n’est même pas sûr que j’accepte de travailler à nouveau avec cette personne. Le ministre que j’ai cotoyé a fait preuve de beaucoup de volonté à notre égard. Même s’il n’avait pas les moyens, il a su trouver les mots qu’il fallait, la disponibilité pour faire comprendre aux gens qu’il y avait des difficultés. Je reviens sur le cas de Weisz (ancien coach des Lions du basket) dont il (Tandian) a parlé dans la presse. J’ai beaucoup de respect pour lui. On ne se connaît pas. Il a un salaire. Moi, à la veille de notre départ sur Bamako, j’ai pris mes bagages, je suis rentré. C’est monsieur le ministre qui m’a appelé pour me demander de revenir. Et on a trouvé un compromis. Mais lui Tandian, ce n’est pas son problème. Il a un mépris pour les entraîneurs sénégalais. Et je le lui rends parfaitement. Je le méprise du fond du cœur. Il sait ce que je pense de lui. J’avais dit que si l’on ne payait pas mercredi (dernier), comme Weisz l’avait fait, j’allais boucler mes bagages, j’allais rentrer sur Dakar. Monsieur le ministre a tenu ses promesses en me payant au même titre que mon staff.


wdiallo@lequotidien.sn

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Mardi 4 Octobre 2011 - 14:30



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1.Posté par Lando le 04/10/2011 19:07

Mais Monsieur GAYE, aprés avoir assumé l'entière responsabilité de cet échec, je serai mieux convaincu de ta probité intellectuelle si tu démissionnais... C'est bien d'assumer mais il est mieux d'aller jusqu'au bout en rendant le tablier. Dommage pour le Sénégal , beaucoup de paroles, peu de gestes concrets, significatifs.....

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