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NOTE DE LECTURE – ROMAN : ABDOURAHMANE NDIAYE PERCE "LES COULEURS DU VIDE"





NOTE DE LECTURE – ROMAN : ABDOURAHMANE NDIAYE PERCE "LES COULEURS DU VIDE"
On n’imagine difficilement, à la vue de son titre, que "Les couleurs du vide" d’Abdourahmane Ndiaye est un roman débordant d’émotions... Il s’agit pourtant du cas puisque l’opus illustre la notion de retrouvailles, dans toutes ses facettes, entre des êtes liés par le sang ou, simplement, par un amour que le temps n’a su entamer.

"Les couleurs du vide", deuxième roman d’Abdourahmane Ndiaye, est, littérairement parlant, une œuvre aussi poignante qu’élégante de sobriété.

Fruit du mariage d’un style arrivé à maturité chez son auteur avec un sens aigu de ce dernier pour la description, la prose à travers ce roman se lit avec aisance, au point même qu’on oublie qu’il s’agit d’un roman et non d’une histoire qui se déroule devant nos yeux.

Tous ces regards, détournés des moyens stylistiques et littéraires, se focalisent ainsi sur les personnages (Bineta, Ali Grégoire, Serigne Ibra et Laye) qui se démènent pour sortir victorieux (et entiers, au sens holistique du terme) des obstacles et péripéties que leur soumet la vie.

Si l’intrigue du roman est délicieuse au point que nous ne souhaiterions pas la dévoiler ici, pour laisser le soin aux curieux de s’édifier sur la trame qui fait vaciller les destinées des protagonistes, le thème central du roman est plus facile à dévoiler.

Il s’agit, en effet, de celui de la rédemption des protagonistes, certains par la voie d’un retour au pays, d’autre grâce à des retrouvailles avec la famille, l’éclosion d’un amour de toujours ou, enfin, une quête identitaire arrivant à sa fin.

Englobant une période d’à peu près vingt ans, le roman alterne les trames narratives entre les personnages, leurs écrits et des flash-back qui, ultimement, s’assemblent en un puzzle compréhensif et dramatique dans la "normalité" des tragédies du quotidien qui sont à leur genèse.

Bineta est victime d’un viol et abandonne le fruit de la grossesse qui en suit sur le pas de la porte d’une matrone dont la famille vient d’être frappée de la perte d’un nourrisson ; Laye aime Bineta au-delà de ce qu’elle consent à lui offrir d’elle-même et se bat des années durant pour qu’elle arrive enfin à retourner ses sentiments ; Serigne Ibra hérite de son fils Abou à la suite du décès de ce dernier et quitte village et position pour retrouver une part de lui-même qu’il a perdue à la suite de cette tragédie ; Ali Grégoire, célèbre et adulé en tant que star de la chanson, part à la recherche de cette génitrice qu’il n’a jamais connue...

Bref, toutes ces histoires de vies ressemblent à s’y méprendre à celles qu’on lit tous les jours dans les rubriques "faits divers" de la presse locale. Et pourtant, elles sont bouleversantes en ce sens que jamais on n’accorde assez de réflexion aux acteurs frappés de pareils coups du sort. Mais pour une fois, le rideau se lève sur ce que peut être le reste de la vie de pareilles "victimes".

"Les couleurs du vide" sera présenté par Abdourahmane Ndiaye le 28 janvier prochain à l’Institut français de Dakar. Il s’agit de son second roman après "Terreur en Casamance : les convoyeurs d’armes", un polar publié en 1993 par les éditions l’Harmattan.

Enquête


Lundi 26 Janvier 2015 - 15:13



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