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Nouakchott: Macky invité du G5 Sahel



Le Président Sall va participer, aujourd’hui à Nouakchott en Mauritanie, à la conférence qui réunit les bailleurs et partenaires du G5 Sahel.



C’est la première fois qu’une rencontre aussi importante se tient dans l’un des cinq pays du G5 Sahel composé par la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et Burkina Faso.

Macky sera ainsi aux côtés des présidents de ces différents Etats cités. En plus de lui, il y aura, aussi, le Premier ministre marocain, Saad Eddine El Outhmani, et le maréchal libyen à la retraite Khalifa Haftar.

Et comme le Sénégal n’est pas bailleur du G5, on peut logiquement alors considérer qu’il en est le ‘’partenaire’’. Comme il s’agit de la conférence ‘’des bailleurs et des partenaires’’.

Une nouveauté. Car, jusqu’ici, Dakar était tenu à l’écart de la mise en place et des tentatives avortées d’opérationnalisation effective du G5 Sahel. Cette page semble, aujourd’hui, avoir été tournée.

Bien sûr, nous ne pouvons pas ne pas faire le lien avec le rapprochement amorcé depuis quelques temps entre le président mauritanien Aziz et son homologue sénégalais Macky.

Tout indique qu’ils ont accordé leurs violons parce qu’Aziz a tenu même à être présent et à soutenir son homologue sénégalais lors de son investiture le week-end passé.

Mieux, le G5 Sahel semble ainsi avoir amorcé une politique d’ouverture avec les pays voisins de ceux qui le composent. Le Sénégal, le Maroc et la Libye ont été les premiers élus. Comme le recommandait, justement, l’ancien Ministre des Affaires étrangères sénégalais, Cheikh Tidiane Gadio. Il théorisait un G5 Sahel élargi à ces pays pour plus d’efficacité.

Aujourd’hui, que gagne le Sénégal avec son nouveau statut de partenaire du G5 et que gagne cette structure en accueillant le Sénégal ?

Il semble aisé de répondre à cette double interrogation en mettant en avant le fait que le Sénégal n’aurait dû jamais s’écarter ou être écarté du G5 Sahel.

Jusqu’ici en effet, la vérité sur cette situation n’avait pas été rendue publique. L’opinion sénégalaise ne sait pas encore ce qui s’est vraiment passé. Les versions obtenues étant contradictoires.

Toutefois, il est clair, aujourd’hui, que les supposées divergences entre Aziz et Macky avaient plombé les velléités de travailler ensemble.

Or, comme nous l’avons toujours défendu, il n’est pas possible d’écarter le Sénégal du Sahel et des menaces qui pèsent sur les pays qui le composent de la part des extrémistes islamiques.

Si le Sénégal, menacé, fait partie du Sahel, sa mise à l’écart ne peut venir que de volontés hostiles de dirigeants mal éclairés. Qui est-il ? Ou qui sont-ils ? Ce sont, là, les vraies questions.

Toujours est-il que c’est en mutualisant leurs forces que les pays africains arriveront à lutter plus efficacement contre le djihadisme.

Malheureusement, la Force de réaction rapide de l’Union africaine est, aujourd’hui, une coquille vide. Le Général guinéen Sékouba Kouyaté qui la dirige, se tourne les puces à Addis-Abeba.

Les forces en présence au Nord-Mali (Barkane, Minusma, G5) se font une concurrence déloyale. Là où les djihadistes du Nord sévissent depuis plus d’une décennie, c’est le chef peulh du Macina, Ahmadou Kufa, qui aurait été tué. Les autres sont, eux, pour le moment ‘’épargnés’’.

Pendant ce temps, le G5 baigne dans un désert financier qui le rend incapable d’être vraiment opérationnel.

D’où l’importance de cette conférence afin de convaincre les donateurs de mettre la main à la poche. Mais l’argent n‘est que l’arbre qui cache la forêt. Face à un ennemi invisible et non-localisé sérieusement, face au fractionnement de mouvements extrémistes de plus en plus nombreux, la tâche de ces soldats sera rude.

La réalité est que la France en a marre de jouer au gendarme du désert avec ses nombreux mystères. Elle veut se déchausser sur le G5, démarche qui ne convainc ni les Nations-unies ni les Etats-Unis.

Alors, ce dont le G5 a besoin, aujourd’hui, c’est d’une bonne politique de communication pour convaincre les indécis qui sont nombreux.

Macky est peut-être attendu sur ce terrain. Car, on l’oublie souvent, la bataille de la communication est la mère des batailles.

Autant il faut convaincre les bailleurs, autant il faut convaincre les populations des différents Etats à renoncer au djihad. (Assane Samb/Rewmi)

PiccMi.Com

Jeudi 6 Décembre 2018 - 12:13



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