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PIQURE DE RAPPEL POUR MACKY SALL : Président, respectez vos engagements !



Allah Le Très Haut a dit :
« Et remplissez l’engagement, car on sera interrogé au sujet des engagements ». S 17. V 34

Monsieur le président !
Nous ne sommes pas de ceux qui se font à l’idée que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Nous croyons dur comme fer à la parole donnée. Nous vous prenons au mot, au pied de la lettre et sommes persuadés que votre parole, que nous prenons pour argent comptant, vaut bien son pesant d’or. Or, vos promesses, fussent-elles électorales, ont valeur d’engagements.



Le Président  Macky Sall
Le Président Macky Sall
Pour récolter nos suffrages en vue de présider aux destinées du Sénégal, vous nous avez fait miroiter le paradis sur terre. Aujourd’hui que vous êtes bien installé dans le cocon douillet et dans les lambris dorés du pouvoir, nous citoyens sénégalais, sommes en droit de vous rappeler vos engagements d’hier que vous avez manifestement mal à tenir aujourd’hui.
Monsieur le président !
En campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012, vos avez promis, une fois élu président de la république, de former un gouvernement restreint de 25 ministres. Autant en emporte le vent. Depuis lors, les tailles des gouvernements des 3 premiers ministres que vous avez nommés en 3 ans, sont allées crescendo, flirtant la quarantaine de ministres, compte non tenu des innombrables ministres-conseillers dont tout le monde doute de l’utilité. Autant la quantité des postes ministériels augmente à une vitesse grand V, autant la qualité de ces « intermittents du spectacle » laisse beaucoup à désirer. Les piètres prestations d’ensemble de l’attelage gouvernemental en sont la preuve la plus tangible.
Toujours en campagne électorale, vous avez pris l’engagement de réduire le mandat présidentiel de 7 à 5 ans, en vous l’appliquant à vous-même. Alors que rien ne vous obligeait à le faire. Mais, comme si voulez à présent revenir sur cet engagement, surtout lorsque certains dignitaires de votre régime vous poussent dans ce sens, c’est la valse-hésitation avec la tergiversation entre la voie référendaire et la voie parlementaire pour vous déterminer une bonne fois pour toutes.
Votre promesse de créer 500 000 emplois en 5 ans, soit 100 000 emplois par an, est aujourd’hui une gageure. Hormis les 10 000 emplois précaires générés par le recrutement des si décriés agents de la sécurité de proximité, on assiste plus à des fermetures d’entreprises en quantités industrielles, d’où des pertes d’emplois et un taux de chômage en hausse continue, qu’à des créations d’emplois. Pire, la dissolution-fusion des ex-agences pour l’emploi des jeunes (Anej, Fnpj, Ofejban, Anama) pour donner naissance à l’Anpej, n’a pas encore donné les résultats escomptés.
Vous n’avez pas encore honoré votre engagement pris le jeudi 21 mars 2012 à Rebeuss, devant le peuple sénégalais, de restituer le stade Assane Diouf à la jeunesse dakaroise. Le collectif René Sanchez qui se bat pour la sauvegarde et la réhabilitation dudit stade rasé, rappelons-le, pour l’édification d’un centre commercial, vous attend au tournant.
Aujourd’hui, les parents d’élèves ou d’étudiants et les partenaires sociaux qui sont les garants des accords signés entre votre gouvernement et les syndicats de l’enseignement scolaire ou universitaire sont désabusés, dépités et désolés que la partie gouvernementale ne respecte pas ses engagements au point de faire sortir de leurs gonds les enseignants et de faire payer les pots cassés aux pauvres élèves et étudiants ainsi pris en otage par des enseignants égocentriques et par un Etat irresponsable.
Récemment, en décembre 2014, votre troisième premier ministre en date, Mahammad Boune Abdallah Dionne, sur fond de tintamarre et de mise en scène, a pris des engagements, au nom de l’Etat du Sénégal, de réfectionner « taf-taf » ce que d’aucuns ont appelé « la route de la mort ». C’était à l’occasion du lancement des travaux de réfection de la honteuse route Fatick-Kaolack construite par l’entreprise Jean Lefevbre / Sénégal de Bara Tall, un tronçon qui compte plus de nids de poule que de kilomètres. Les populations riveraines qui ont été mobilisées à l’époque pour la circonstance, et les autres qui ont été convoyées à bord de « cars Ndiaga Ndiaye » sur le site de la cérémonie solennelle de lancement des travaux de réfection de cette route, ont toutes été saupoudrées et roulées dans la farine. Si l’on en croit au journal « Le Témoin » « (…) Les bulldozers et autres engins montrés fièrement à la télévision lors de la cérémonie de lancement, c’était donc du pipeau. Autrement dit, pour le décor car tout a été retourné au garage depuis. Inutile de vous dire que les populations avaient dansé pour rien sous le chaud soleil (…) ».
De la même façon, plusieurs de mois après l’inauguration en grandes pompes de l’usine textile Nsts de Thiès, en juin 2014, par le président Macky Sall, cette unité industrielle qui était censée réduire le taux de chômage chez les Thiessois notamment et revitaliser le secteur du textile au Sénégal, ne donne pas encore des signes de vie. Comme quoi, ce qui intéresse l’Etat du Sénégal, ce sont les effets d’annonce et les gains politiques engrangés dans l’immédiat.
Les conseils de ministres délocalisés que les mauvaises langues ont rebaptisés par « tourisme gouvernemental » ont fini par révéler leurs soubassements profonds. En effet, en marge des séances diurnes de parlottes du gouvernement, les séances nocturnes sont par contre des moments forts de recrutements massifs et de débauche de militants et de responsables de l’opposition à coups de mallettes d’argent cachées sous le manteau. Mais, le plus grave dans ces soi-disant conseils de ministres décentralisés, c’est que le gouvernement a partout et toujours pris de engagements financiers à coups de plusieurs centaines de milliards de francs CFA, de l’argent dont les populations concernées n’ont pas vu la couleur jusqu’à ce jour.
Les engagements que vous avez pris vis-à-vis des guides religieux pour l’instauration de la paix civile dans le pays qui dépend en grande partie de vous, attendent un début d’exécution ne tenant qu’à la volonté politique. La vôtre. La partie maraboutique a fait plus que son devoir. La balle est maintenant dans votre camp. Qu’est qu’un guide religieux comme Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké, Khalife Général des mourides, n’a-t-il pas fait pour vous tirer d’affaire dans des situations très difficiles ?
L’on se rappelle, en septembre 2014, la vive réaction du vénéré Cheikh à l’encontre des talibés qui vous avaient hué et conspué avec véhémence à la sortie d’une visite que vous aviez rendu au Cheikh à son domicile sis aux Hlm, à Dakar. Informé a posteriori sur votre mésaventure, le Khalife avait vivement réagi : "Je ne tolérerai plus aucun manque de respect d’un talibé à l’endroit de mes hôtes". Dans l’effervescence du grand Magal du 11 décembre 2014, les populations de Touba, toujours remontés contre vous, vous avaient préparé un accueil d’enfer. Le même Cheikh Sidy Makhtar vous a alors sauvé d’une humiliation certaine en retournant en votre faveur une situation qui était mal engagée. Ne voulant pas une réédition de l’épisode des Hlm, Serigne Cheikh Sidi Makhtar Mbacké a ainsi donné un « ndigueul » pour demander aux fidèles de sortir en masse pour vous accueillir.
« Aucun acte de sabotage ou de propos désobligeants portant atteinte à l’honorabilité de notre hôte ne sera toléré ». A-t-il laissé entendre.
A l’instar des autres guides religieux, et des simples citoyens sénégalais, « Borôm Touba » ne vous a t-il pas manifesté sa sympathie quand vous avez été victime d’attaques blessantes de Me Abdoulaye Wade ? Last but not least, quand, après l’énoncé du verdict du projet de Karim Wade & compagnie, alors que le président Wade et le Pds projetaient d’organiser à la Place de l’Obélisque, le vendredi 27 mars 2015, un « meeting de tous les dangers », c’est encore le Khalife Général des Mourides qui est venu à votre rescousse – étant entendu que c’est vous qui avez plus à gagner dans la stabilité du pays – en demandant au père de Karim Wade de surseoir à la tenue de la manifestation.
Vous est-il déjà venu à l’esprit l’idée de renvoyer l’ascenseur (en respectant vos engagements) aux guides religieux qui n’en finissent pas de vous demander d’user de clémence et d’indulgence à l’endroit de vos concitoyens, et de faire dans la magnanimité dans la gestion du pays, dès lors que lesdits « hommes de Dieu » n’arrêtent jamais de prier pour vous et pour le pays, et ne ménagent aucun effort pour vous assurer de leur soutien sans failles ?
Au lendemain de votre accession à la magistrature suprême, vous vous êtes engagé, à travers des slogans, à faire dans « la rupture », « la patrie avant le parti » et « la gouvernance sobre et vertueuse ». Vous avez dit « vertueuse » ? Il nous semble que la vertu devient de plus en plus une denrée dans le landerneau politique sénégalais, et ce n’est pas votre régime qui devrait l’ancrer profondément dans les mœurs. Pape Mamadou Pouye, un des co-prévenus de Karim Wade a fait des révélations qui donnent encore froid dans le dos : « Pouye, nous allons être francs avec vous. Vous ne nous intéressez pas, nous cherchons Karim Wade. Dis-nous ce que tu as à nous dire sur lui et tu rentreras chez toi pour reprendre ta vie » lui auraient dit les pandores à l’occasion de son interrogatoire à la gendarmerie nationale. Dans une interview accordée au journal Jeune Afrique, e reprise par plusieurs quotidiens de la place, Vieux Aïdara, ancien directeur de Canal Infos News, a fait des révélations fracassantes : « (…) A la suite de cette audition, l’un des officiers de la gendarmerie m’a appelé sur mon portable pour que je revienne le voir. Il m’a alors expliqué : " En tant que grand frère, je te donne un conseil : en Afrique, quand le pouvoir change, il faut savoir aller dans le sens du vent. Sinon, tu finiras comme un dégât collatéral dans cette histoire (…)"
A la lecture de ces deux révélations, des questions nous turlupinent et nous taraudent l’esprit : Qu’est ce qu’il faut faire alors des convictions, des principes, de la loyauté, de la fidélité et de la constance qui sommeillent en tout individu qui veut préserver sa dignité en toute circonstance ?
L’application du principe de « savoir aller dans le sens du vent », par les magistrats, a un nom : la justice des vainqueurs. C’est-à-dire « Une justice rendue, non au nom du peuple sénégalais, mais au nom d’un rancunier, d’un revanchard qui, depuis son éviction de l’Assemblée nationale, ne recule devant rien pour abattre Wade et sa famille ». J’ai cité Fatou Thiam, député et responsable des femmes de l’Ujtl du Pds. L’application du principe de « savoir aller dans le sens du vent », par les hommes politiques, a un nom : la transhumance. L’un dans l’autre, c’est un encouragement et une sublimation de contre-valeurs pour la république et pour la société d’une manière générale. Ce faisant, les performances économiques et avancées sociales ont beau être importantes, le Sénégal n’est pas loin de ressembler à une plante sans cette sève nourricière que sont les valeurs de loyauté, de constance et de fidélité qui disparaissent avec la perte du pouvoir. Le destin de cette plante dépourvue de cette substance vivifiante est fatalement son étiolement. Tout de même, les Sénégalais ne peuvent pas changer de convictions, de principes ou de ligne de conduite au gré des changements de régimes décrétés par les urnes. Ou alors c’est la loi de l’hypocrisie, du mensonge, de la mauvaise foi, de la fourberie et de la perfidie. Et ça, aucun bon indice de Mo Ibrahim, aucune bonne notation financière de Standard & Poor’s ou de Moody’s, aucun rapport élogieux d’Amnesty International, de Reporters sans frontières, bref, aucun satisfecit décerné par ces instruments internationaux de validation des actes de bonne gouvernance ne pourra panser la plaie causée par ces coups et blessures volontaires portées à ces valeurs sans lesquelles l’être humain n’est qu’une créature animée, mais qui n’a que faire des conventions, des règles de bienséance ou de la vertu. Un bipède qui n’est mu que par ses propres intérêts et dont la philosophie est la suivante : la fin justifie les moyens.
Parmi les nombreux autres engagements que vous avez pris, nous avons retenu celui qui a été le dernier à être relaté par les médias. En effet, l’Association nationale des anciens militaires invalides du Sénégal vient de vous rafraîchir la mémoire quant aux 10 millions de francs CFA et une maison pour chacun des militaires invalides et blessés de guerre, que vous leur aviez promis, le 10 novembre 2012, lors de la célébration de la journée nationale des Forces armées. Passablement rassurés par la nébuleuse qui entoure ce dossier qui traine et s’enlise même, ils ont lancé un cri de détresse : « Seul le chef de l’Etat peut nous édifier en respectant ses engagements».
Monsieur le président !
Certes, « Rome ne s’est pas faite en un jour », comme on dit. Mais, il se fait tard. Le temps presse et le peuple est impatient et exigeant à la fois. Certes, il y a les bourses de sécurité familiale, la couverture médicale universelle, la baisse de la fiscalité sur les salaires, du prix des loyers et du prix des hydrocarbures. Il ne viendra l’idée à personne de cracher dessus. Seulement, ces bons résultats ont été noyés et vampirisés par une traque des biens mal acquis suffocante.
Maintenant, plutôt que l’ingénieur que vous êtes, s’ingénie à honorer ses engagements, vous pédalez dans la choucroute. En mal de réalisations et sous la hantise de la présentation d’un bilan consistant devant les Sénégalais, pour solliciter encore leurs suffrages à la prochaine élection présidentielle, vous passez le plus clair de votre temps, nonobstant le principe de continuité de l’Etat, à « baptiser les bébés d’autrui ». Ici, « autrui » s’appelle Karim Wade, l’ancien « ministre du ciel et de la terre » et des…infrastructures : inauguration de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, de l’autoroute Linguère-Matam, de l’hôpital pédiatrique de Diamniadio, de la gare routière des Baux-maraîchers, des stades omnisports régionaux, de la Maison de la presse, réception des bateaux Aguène et Diambogne lors d’une campagne électorale déguisée en tournée économique, etc.
Monsieur le président !
La réaction mitigée des Sénégalais après l’énoncé du verdict du procès de Karim Wade & compagnie doit interpeller votre conscience et vous inviter à faire une lecture lucide et réaliste de la situation et non de faire la politique de l’autruche ou à opérer une fuite en avant illustrée par des arrestations en cascade dans les rangs du Pds. Vos concitoyens, dans de larges proportions, ont été plus soulagés par la fin de ce procès qui les a tenus en haleine et pris en otage, et par le calme qui s’en est suivi alors que d’aucuns prédisaient le pire, qu’ils n’ont été réellement convaincus d’une quelconque culpabilité de Karim Wade et de ses co-accusés. Presque un désaveu cinglant à la promesse à eux faites, qu’avec cette traque des biens supposés mal acquis, les mis en cause étaient de véritables coupables qui allaient être confondus d’une façon plus simple que de dire « bonjour », et que « l’argent volé » allait être rapatrié au Sénégal illico presto. On connaît la suite.
Maintenant, au regard du temps parcouru, et du taux d’exécution de vos engagements, vous êtes encore très loin des minima requis pour espérer rempiler en 2017.
« Wakh ló kham def ló kham só tëdée nélaw ».



Pape SAMB
papeaasamb@gmail.com


Mardi 31 Mars 2015 - 13:45



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