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PORTRAIT DE LA SEMAINE - Cheikh Bakhoum, l’autre histoire…au bout du clic !



PICCMI.COM - L’homme ne campe pas dans l’étendu paysage. A l’occasion, il flirte avec les cérémonials mais ne s’invite pas dans les longues vadrouilles. Réputé peu bavard et quelque peu distant, Cheikh Bakhoum s’affiche, pourtant, en vétéran. Dans son cercle, rien ne doit lui échapper désormais. Le dernier né des «Macky Boys», aussitôt bombardé dans les plus hautes responsabilités de l’Etat, doit allumer sa propre chandelle…dans une sphère où il a un seul luxe : être connecté à son histoire, une passion de première heure qui lui accorde, d’un coup, grâce et gloire.



Photo d'illustration
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C’est un colosse au ton ébène dont le quotidien n’a rien à voir avec celui des bienheureux lutteurs, ces sportifs hauts en couleur dont il n’envie certainement pas les longs mouvements. Cheikh Bakhoum est plutôt un homme d’esprit, tellement détaché qu’il doit, plus d’une fois, s’être réjoui d’être à l’ombre d’entrelacs où il entreprend, à force de clics, des coups de génie… Derrière un décor de bureau superficiel, se dresse un homme délicat dont le destin, conduit entre mille plans, ne souffre d’aucun imprévu mais encore d’aucune imperfection. L’enfant des HLM Grand-Yoff, entrainé dans ses vœux, tient pas mal dans son joug.


Esprit crâne

Féru de Nouvelles technologies de l’information et de la communication et fou de rêves, le jeune Cheikh Bakhoum, à peine 32 ans, est jeté en pâture ; il débarque tout fringant à la tête de l’Agence de l’informatique de l’Etat. On est en 2014, le temps des éperons pour son mentor. Son fief est béni et il arrive à la bonne heure…dans la caldoche reboosté- pour émerveiller le peuple - juste pour lui ! A ceux qui ne l’attendaient pas, il jette le défi. «Personnellement, j’aimerais être jugé sur mes résultats plutôt que sur mon âge, mon expérience…», se défend-il. En effet, le directeur général n’a pas connu le long sentier avant d’arriver à cette responsabilité. Malgré tout, il peut se targuer d’avoir fait de l’ombre auprès du chef, lequel a eu foi en sa brève pratique américaine, en réalité juste un plongeoir à la suite de l’obtention de son parchemin à l’Ecole Supérieure Informatique, Electronique et Automatique (Esiea) de Paris en 2008. Le jeune homme, tout palpitant, a su convaincre de son audace, celle-là même qui l’amène à poser ses valises, à nouveau, à Dakar pour ne plus jamais retourner dans l’hexagone, là où rien, à ses yeux, n’est plus haut que son rêve. Celui de devenir patron à son propre compte. Dans le domaine qui a consacré son esprit et sa valeur humaine. En vérité, Cheikh aime son métier d’ingénieur et tout doit passer par là. «On peut lui reprocher des choses sauf son cran. C’est un jeune ambitieux, qui agit plus qu’il ne parle. C’est surtout quelqu’un qui sait ce qu’il veut», témoigne un collaborateur qui, par ailleurs, voit en lui, le modèle de manager qui aime chambouler les donnes et par qui doivent passer les «grands changements».


Bon manager

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il est parachuté comme meilleur manager, en 2017, avec la «Haute Distinction du Prix du Meilleur Homme Manager de l’Administration Publique» par ses pairs, à travers le Syndicat national des cadres et employés de l’administration publique (SYNECAP). Sa mise en scène est phénoménale. Cheikh est convaincu de son allure. «Le désenclavement numérique du Sénégal est devenu une réalité car la fibre optique est présente partout au Sénégal, sans que nous ayons fait de la densité de la population un critère de sélection des zones de déploiement… nous avons démocratisé l’accès à l’informatique à travers le projet national Large Bande. Il s’agit de près de 2500 km de fibre optique qui s’ajoutent aux 1500 km déjà existants déployés dans les quatre coins du Sénégal avec pour objectif de doter l’administration sénégalaise d’une infrastructure de dernière génération», argumente-t-il, se sentant très en phase avec «l’émergence» tant recherchée. Même s’il se dit, bien sûr, qu’il reste du chemin à faire avec une mission plus large. «Mutualiser les systèmes d’informations de l’Etat, accélérer le processus de modernisation de l’administration et alléger les procédures en mettant en place un système d’informations performant qui garantit une indépendance technologique». Son objectif tel que libellé est mis en repère. Dans un environnement austère, l’initiateur du e-conseil, notamment avec la dématérialisation du Conseil des ministres, souffre, en vérité, de plus d’un malaise structurel dans sa machine de guerre. Seulement, dans son jargon, c’est le moindre mal. Pour d’aucuns, il a encore le pari d’oser. «Certes, il reste beaucoup à faire par ses services mais, au même moment, on a senti une poussée à chaque instant». C’est que Cheikh est un passionné qui aime toujours trouver des solutions à ses énigmes et glisser au plus haut…En Afrique, désormais, il voyage beaucoup pour fixer le Sénégal au volet TIC, ce qui a valu à notre pays les honneurs avec l’organisation de sommet dédié en 2018. Entre temps, il passe à la présidence du Conseil d’administration (Pca) du SENIX qui consacre le Point d’échange Internet sénégalais, une innovation majeure sous sa directive.


Moins sûr en politique ?

Ses détracteurs diront qu’il est, cependant, moins sûr en politique. Pourquoi alors faut-il que Bakhoum pointe son attrait et s’affiche à Grand-Yoff, fief à haute tension où des ténors ont d’ailleurs souvent échoué ? Bien sûr, il fallait d’abord s’accorder à la donne et s’imprégner, à partir du palais présidentiel, où il a fait «ses preuves» à son arrivée au sein des rangs. En ce moment, il est le Conseiller Technique du chef de l’Etat et Macky Sall lui confie, dès 2012, le service informatique de la Présidence. Pas besoin de délibéré : Cheikh Bakhoum était venu pour faire de la politique aux côtés du patron de l’Alliance pour la république (Apr), camp qu’il a choisi…pour combattre le déclin et installer la jeunesse. «Avec le Président Macky Sall, je partage sans réserve cette conviction, que la jeunesse a toutes les capacités pour relever les défis du développement. C’est pourquoi, je lance un appel aux jeunes du Sénégal et de la diaspora. Venez travailler aux côtés du président de la République pour l’émergence du Sénégal», dira-t-il encore pour se convaincre de son choix.

Plus tard, c’est un parfait communicant, qui passe à la tête du comité électoral de Benno Bokk Yaakaar (BBY), au sein duquel, il gagne en parfaite cordialité. Dans le groupe, sa parole est respectée, son idée comptée. Et pour lui, c’est le meilleur pari qu’il puisse s’offrir. Il devient un cadre sans ambages. Cheikh Bakhoum, étant véritablement enrôlé, multiplie les assauts. Lors des dernières élections législatives, sa descente sur le terrain, dans un éventail de belles tranches sociales, avait fait des émules. Ce n’était peut-être pas une première mais un fait assez concluant qui méritait le soutien des populations. «Il communique bien mais devrait mieux se servir d’une autre approche. Ses seules idées ne suffiront peut-être jamais à Grand Yoff», cadre-t-on, comme pour dire qu’il est loin d’un triomphe à la hauteur de son ambition dans son fief ; celui-ci a «une réalité politique bien particulière». Pourtant, Cheikh Bakhoum passe pour être l’un des plus pertinents et des plus dynamiques…sur les pages sociales, disons sur Facebook ! Tenez-vous bien, raisons pour lesquelles sa page est certifiée et désormais soumise à une protection en ligne par l’équipe de Mark Zuckerberg. Un privilège, que seuls Macky Sall et Youssou Ndour ont eu jusque-là au Sénégal. Par ailleurs, combien de gens dans la populeuse banlieue de Grand-Yoff devront accéder à Facebook pour le suivre ? Pour ne pas, qu’une fois, son histoire se construise…au bout du clic !

Picc Ramatou


Jeudi 15 Février 2018 - 10:18



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