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[Portrait] Kobe BRYANT - La Légende du "Black Mamba" !



« MVP.. MVP… ». La clameur émane sans discontinuer des travées du Staples Center. A chaque prouesse du maître des lieux, Kobe Bryant, les fans des Lakers entonnent religieusement ce refrain, comme un leitmotiv, comme une évidence surtout. Depuis bien longtemps, ils ont compris que l’étoile qui brillait devant leurs yeux n’en était pas une. Kobe est un Dieu, il est adulé comme tel. Retour sur une ascension divine…



ROAD TO GLORY

Les débuts de Kobe Bryant furent teintés de la plus grande humanité. On ne s’assoit pas à côté du trône du Dieu MJ en toute impunité, sans peines ni épreuves à surmonter. Bien peu s’en souviennent, mais l’acte de naissance de Kobe dans la ligue fut rude et douloureux. Mené 3/1 par les affreux mormons de Utah (qui le sont toujours), l’obscur Del Harris décide de se distinguer en tentant une « Le Guen » : il va laisser le frêle Kobe, alors âgé de 17 ans, prendre les shoots de la gagne. Trois airballs digne du naufrage du Kourks et un dépucelage mormon plus tard, la polémique autour de Kobe peut commencer. Elle ne désenflera plus par la suite… « Individualiste, arrogant, personnel, prétentieux, responsable de la famine en Afrique » : Kobe fut très tôt la cible de toutes les critiques. Parfois justifiée, parfois exagérée, il se nourrit de la haine de ses contradicteurs pour devenir plus fort, années après années. Kobe n’est pas « The Choosen One », l’élu des médias et des terrains de basket, il doit sa constante progression autant à son talent qu’au sérieux de son de travail. Travailler plus pour gagner plus , Kobe l’a compris, et ce, bien avant l’autre. L’éthique de responsabilité, ne cherchez plus, cela vient aussi de lui. Il récoltera bien vite les fruits de son dur labeur : avec l’aide de la machine de guerre Gros’Neal, il contribuera largement au three-peat des « angelinos ». Sa propension à buzzer-beater Portland, à défendre sur AI, à congeler le public de bouzeux d’Indiana dans un G4 resté fameux tout en dépucelant Tony P en plantant 48 pts sur la rugueuse défense des fourbes texans de San Antonio font de Kobe LA star montante de la ligue. A 24 ans et 3 bagues en poche, un avenir radieux s’ouvre alors à lui …Pourtant, il n’en fut rien, Kobe va connaître sa traversée du désert.


ALONE

Accusé de viol durant l’été 2003, peu après avoir perdu son titre face à San Antonio, Kobe va alors traverser une période de dénégation de la part du public et des médias, d’une violence sans précédent. Certes, ses exploits adultériens ne sont pas glorieux, mais l’acharnement dont il fut la victime est tout autant condamnable. Le « Black Mamba » (l’histoire ne dit pas si ce surnom est en rapport avec l’affaire) doit subir les quolibets quotidiens des haters qui s’en donnent à cœur joie, l’échec des Formidables leur donnant du grain à moudre. La renaissance n’en sera que plus grande. Elle mettra du temps à arriver… Shaq viré pour excès de Burger, Kobe s’empare alors des clés de la maison « Purple and Gold ». Kobe a 26 ans, l’âge de la maturité croit-on alors. Il va alors enchainer les performances individuelles extraordinaires pendant plus de 3 ans, en pures pertes… Sans lui, l’équipe de LA atteint à peine le niveau CBA. Avec lui, ils accrocheront tout juste les play-offs. Le terrain n’est alors qu’un refuge, les 81 pts passés à Toronto un exutoire, les 35pts sur la saison une illusion. Kobe est seul, trop seul. Meilleur scoreur de la ligue, il n’arrive pourtant pas à rendre ses coéquipiers meilleurs. Il réussira bien l’exploit d’emmener Kwame Brown, Brian Cook, Smush Parker et Chris Mihm en post-season. Il fera même douter les Suns à coup de double buzzer beater dans la tronche, mais cela ne suffira pas. Kobe l’a compris, il ne peut gagner tout seul…


SKY IS THE LIMIT

La renaissance viendra de l’inattendu Kwame Brown. Grâce au numéro un de la draft le plus périmé de l’histoire, LA va réussir le casse du siècle en échangeant ce dernier (+ un mars, ils ne sont pas radins) contre Pau Gasol. Bien aidé par cet ibère hirsute, cette saison fut celle de la résurrection pour Kobe. Le retour en grâce est spectaculaire ; il plane désormais au firmament de la planète basket. Avec une grâce de félin, il fait l’amour à toutes les défenses de la ligue à coup d’imparables fade away jump shot, de lay up soyeux et d’assist behind the back pour Pau. L’esthétisme de son jeu n’ayant d’égal que son efficacité, il incarne désormais le basketball. Plus mature, plus zen, il se mue en meneur d’hommes, inculquant sa rage de vaincra à ses coéquipiers qui ne demandent qu’à suivre le phénomène. N’en déplaise au musculeux LBJ, son titre de MVP n’est que justice : une dimension collective s’est désormais greffée à sa palette individuelle. L’ultime pièce manquante vient de s’ajouter au dessin de son être. Le destin est en marche, plus rien ni personne ne peut entraver son ascension divine…


WELCOME TO HISTORY KOBE

Bon, sur cette dernière assertion (“plus rien ni personne ne peut entraver son ascension divine”), je dois reconnaître que je me suis bien planté. En effet, Kobe a vu son ascension stoppée net par les affreux hommes verts de Boston. La piqure de rappel fut aussi cruelle que douloureuse. Rattrapé par ses démons individualistes, Kobe n’arriva jamais à se défaire de la défense de Boston et joua, bien malgré lui, le rôle de l’arroseur arrosé. En jouant tout seul, Kobe n’y arrivera pas, n’y arrivera jamais. L’égo meurtri, l’âme en peine, il retrouva néanmoins le sourire en arrachant la médaille d’or aux JO, en se concentrant sur ses premiers amours : la défense et le rôle de tueur des fins de match. Revigoré par ce succès d’estime, seule une chose lui importe désormais : regagner ce titre qui se refuse à lui. Plus qu’un objectif, cela va devenir sa raison de vivre, une obsession dévorante alimentée par sa soif de gloire, et plus encore, de vengeance.
[Portrait] Kobe BRYANT - La Légende  du "Black Mamba" !

Motivé comme jamais, n’hésitant pas à sortir, littéralement, les crocs, Kobe va finalement atteindre son but. Récitant sa partition au plus que parfait durant les play-offs de l’année suivante (30 points, 5 rbds, 5 passes), la concurrence est écrasé grâce au triangle de Phil, à la maestria de Gasol et à l’instinct de tueur de Fisher. Une destruction méthodique de la concurrence mené par un Kobe, désormais moins explosif qu’à ses débuts, mais en total maîtrise des fondamentaux du jeu. Cette grâce si particulière, faites de toucher et d’élégance, qui tranche pourtant avec son envie quasi-bestiale, d’exterminer ses adversaires. Kobe, c’est une éthique personnelle de fer dans un corps de velours. Pas encore rassasié, cette année marque un tournant dans la carrière de Kobe. Jouant blessé une partie de l’année, il doit subir le retour des critiques à son endroit. Faut dire que son pourcentage de shoot, en chute libre, interroge. Son état physique également. A l’instar d’un Federer sur le déclin, on se demande désormais si Kobe pourra retrouver à nouveau son niveau de domination d’antan. Une nouvelle fois, il se servira des critiques plaçant Lebron, Wade et d’autres devant lui, pour alimenter sa soif de vengeance. Prouver, toujours prouver, tel est le leitmotiv de sa carrière. Rarement un joueur aura dû affronter une telle défiance. Là encore, la réponse viendra du terrain. Le coup de semonce de la série contre Phoenix ne suffisant pas, Boston va lui servir de tremplin pour assoir, si besoin était, sa place dans l’histoire. En gagnant l’épique Game 7, sa légende est désormais écrite. Joueur le plus dominant de sa génération, parfois clucth, cette finale nous rappelle pourtant qu’il n’aura jamais réussi à passer la barre de la perfection. La faute à un égo capricieux qui l’empêche d’être suffisamment lucide, notamment dans sa sélection de shoot, dans certains moments chauds. Cette finale le place, de manière quasi-définitive, en dessous de Jojo. Mais en même temps, n’en déplaise à tous les haters, cette finale le fait également définitivement monter, si besoin était, dans la légende de la NBA. Ecrivant son histoire, déjà belle, très belle : il n’aura pas atteint la perfection, il aura atteint une forme d’excellence, la sienne.
[Portrait] Kobe BRYANT - La Légende  du "Black Mamba" !

L’humanité n’a donc plus lieu d’être : Kobe est entré, avec ses 5 titres, dans le domaine des dieux du basketball. Installé à l’étage en dessous de MJ, il pourrait encore se rapprocher du maître s’il venait à gagner de nouveaux titres avec LA. En attendant, le Staples Center résonne (pour) toujours du chant des fidèles… MVP…MVP…

M.S.

Mardi 6 Juillet 2010 - 14:24



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