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Procès Karim Wade et Cie : L'alphabet d'un dossier





Procès Karim Wade et Cie : L'alphabet d'un dossier
Le 23 mars. La date n’échappera à personne. Karim Wade et ses co-prévenus seront fixés sur leur sort. Le Quotidien revient sur les péripéties, intrigues, rebondissements d’un dossier à plusieurs interrogations. Voici l’abécédaire de 15 mois d’enquêtes, 7 mois de procès pour enrichissement illicite présumé.

A charnement, Alioune Ndao, Antoine Diome
La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) est née congénitalement avec une voyelle persistante : A comme Alioune Ndao qui a lancé la liste des 7 dignitaires du régime libéral qui devraient faire l’objet d’enquête de patrimoine. Mais le Procureur spécial a sauté les 10 premières lettres de l’alphabet dont le A de Abdoulaye Baldé pour tirer un K comme Karim Wade. Et c’est parti pour que les Libéraux croient à un A comme acharnement, non seulement sur le fils de l’ancien Président et secrétaire général du Parti démocratique sénégalais, mais sur tout un parti. Ndao saute en pleine audience et Cheikh Tidiane devient le Mara spécial du Parquet. Et l’autre A de Antoine Diome préservera son fauteuil, malgré les tâtonnements autour de sa nomination comme substitut.

B ibo Bourgi, boycott
L’amitié revendiquée et assumée entre Karim Wade et l’homme d’affaires a suscité la curiosité des enquêteurs qui ont suivi les traces de Bibo Bourgi jusque dans les banques et les aéroports. Cette amitié lui vaudra le statut de principal complice présumé du principal prévenu. Difficile d’entendre Karim sans Bibo dans les différents volets de cette traque des biens supposés mal acquis. De Ahs à Monaco, en passant par Eden Rock et autres. Bourgi aura marqué ce procès avec les feuilletons de santé et d’évacuation. Karim jurait d’ailleurs qu’il ne répondra à aucune question tant que son ami ne sera pas soigné et présent. Un B comme boycott provisoire qui augurait un boycott définitif de l’audience, conséquence d’un autre B comme bouderie de la défense.

C REI, codes, comptes
A la fin du défilé des témoins, Henri Grégoire Diop et ses assesseurs ont dû pousser un ouf de soulagement. Les péripéties, débats et recours autour de la légalité de la Crei ont rallongé cette procédure. Mais parce que c’était C comme compliqué parce qu’il fallait aussi bien pour le Parquet spécial que pour la Cour décoder les codes (Hq1 et Hq2) et trouver des comptes et des coffres pour asseoir l’accusation.

D iassé
Il fallait donc trouver un D comme Diassé pour espérer des connections entre Abs et Ahs et les autres. C’est ce que la partie civile a appelé la «toile d’araignée tissée» par la «bande» : Karim, Bibo, Pouye.

E lhaj Amadou Sall, enrichissement
Il est l’avocat de la défense qui a le plus fait parler de lui. C’est parce que sa robe n’est pas que noire. Elle est aussi bleue du Pds. Le boycott des audiences par les avocats est venu de El haj Amadou Sall qui a été exclu de la salle. Et les plaidoiries se feront dans les médias.

F orcer le passage, fétichisme
C’est aussi El haj Amadou Sall qui convoquera le premier le «fétichisme» de Macky Sall qu’il accusait de faire auditionner les «candidats» à la Crei tous les jeudis. C’est aussi à la suite de l’interdiction de la marche du Fpdr à laquelle il a été brièvement interpellé que Abdoulaye Wade a usé de F comme force pour Forcer le barrage policier de la Place de l’Obélisque.

G rève de la faim
S’il y a eu des impairs dans le procès de Karim Wade, c’est parce que la Cour n’a pas su gérer les humeurs du principal prévenu. L’on aura remarqué ces appels à plus de sérénité de la part de la Chancellerie qui, à un moment, était dépassé par les événements. Il n’y aurait peut-être jamais eu de prétexte pour Karim Wade et ses avocats de boycotter le procès s’il n’y avait pas l’impertinence d’un garde pénitentiaire qui a mis à genou le prévenu.

H enri Grégoire Diop
Il aura marqué lui aussi sa présidence par ses écarts de langage et son manque de sérénité tout au long du processus. Il n’a pas su déjouer les stratégies de la défense qui, chaque jour, lui cherche la petite bête pour taquiner ses nerfs. Il rentre dans l’histoire également, car rarement un juge est tancé par ses pairs pour excès. Au point d’être accusé d’avoir sa «condamnation dans sa poche».

I llicite, inéligibilité
Ce procès tourne autour de patrimoine présumé I comme illicite. Sûrement un vocabulaire désormais plus familier même aux non initiés. Après près de 7 mois de procès, la Cour ne cherchera que ce qui est illicite. Et là, Karim risque un I d’inéligibilité si la Cour suit le réquisitoire du Parquet spécial qui demande aussi 7 ans de prison ferme et une amende de 250 milliards contre le prévenu principal.

J ulius Baer
Ci-gît les comptes de Monaco attribués à Karim, Bibo, Pouye. C’est de Julius Baer bank qu’est partie la seconde mise en demeure qui a prolongé le séjour de certains des co-prévenus à Rebeuss.

K arim
Il est l’homme qui fait le procès. Il est le procès. Karim Wade est présenté comme le symbole de la gestion du régime libéral. C’est pourquoi il est le premier sur la liste du Procureur spécial appelé à rendre compte. Son avenir politique est suspendu à la décision de la Crei attendue le 23 mars prochain.

L iberté provisoire
Que de demandes de mise en liberté provisoire dans ce procès ! L’on aura tout vu dans ce procès : des internés au pavillon spécial, tous ou presque, pris pour morts. Des certificats médicaux, des évacuations sanitaires, tout y est comme argument pour faire libérer Bibo Bourgi, Mbaye Ndiaye et autres. Karim et Pouye garderont les cellules encore puisque leurs demandes ont été rejetées.

M ise en demeure
Tous auront souffert du compte à rebours de 30 jours qui leur était réparti. Une première mise en demeure qui scellera 6 mois de prison et d’instruction pour une manne présumée de 694 milliards retenue par le Parquet spécial. Puis surprise ! Alioune Ndao sort une seconde mise en demeure après la découverte présumée de 99 milliards des comptes attribués à Karim, Bibo et Pouye à Monaco. Ce, après des propositions de médiation pénale agitée puis rangées dans les tiroirs.

N on-lieu
Cheikh Diallo aura été le seul à être sauvé par un non-lieu qui lui est tombé du ciel. Le journaliste lâchera ensuite son ami Karim Wade, lui attribuant la propriété de Cd Médias qui éditait le journal Le Pays et le site lesenegalais.net. Un divorce consommé dans la douleur pour un tandem qui aura marqué l’Anoci et la Génération du concret.

O pinion
Ce procès est, à vrai dire, celui de l’opinion. Quand les uns le qualifient de judiciaire, les autres lui collent l’étiquette politique. C’est entre le Palais de justice et le Tribunal de l’opinion. Et chacun se fait une opinion.

P rête-nom
Il peut y avoir des milliards, de l’or, du diamant et des avoirs bien logés dans des paradis fiscaux. Mais au final, il s’agira surtout d’identifier ces «prête-noms».

Q uestions
Un procès, mille questions. Ce serait un titre qui résumerait parfaitement le dossier d’enrichissement illicite. Question sur l’opportunité de relancer la Crei. Question sur les preuves d’enrichissement illicite. Question sur le départ entre le politique et le judiciaire. Question sur les manipulations et les informations.

R écusation
C’est l’une des dernières requêtes de la défense. Les avocats de Karim ont saisi la Cour suprême pour demander la récusation du président de la Crei, Henri Grégoire Diop. Mais Abdoulaye Wade aussi en avait fait sa revendication phare lors du meeting du Fpdr. Requête rejetée par la juridiction.

S ection de recherches
Le régime de Wade avait «sa» Division des investigations criminelles (Dic) qui empêchait de dormir. Macky a compté surtout sur les gendarmes de la Section de recherche de Colobane. Elle aura été le point de ralliement de journalistes et de militants du Pds.

T ahibou Ndiaye

Le T de la traque des biens mal acquis n’a pas échappé à l’ancien directeur du Cadastre. Tahibou Ndiaye a été l’un des rares exemples de médiation pénale, avant le rebondissement qui l’enverra à Rebeuss. Mais c’est aussi, en tant que haut fonctionnaire, un procès de la mauvaise administration qui a rangé l’orthodoxie hiérarchique et prôné l’interventionnisme direct d’un Président.

U rines
Bibo Bourgi, l’homme qui a été donné pour mort par des experts médicaux, a été évacué, entre autres, pour infection urinaire. Ce que les avocats de l’Etat avaient jugé «léger».

V eronique Manga
Le procès Karim Wade c’est aussi des anecdotes. Quand la mère de la domestique de Pape Mamadou Pouye détient 45% des actions de Abs Sa, société dirigée par Diassé. Cet actionnariat de Véronique Manga est à la limite insolite. Et ça se comprend que Henri Grégoire Diop veuille y voir plus clair.

W ade
Il n’est jamais allé au procès de son fils, mais Abdoulaye Wade fait de son côté le procès de Macky Sall et de la Crei. Il brandit le bâton d’un gouvernement de transition et fait appel à l’Armée, puis propose la carotte du dialogue politique. Un seul menu : la libération de son fils. L’élève Macky Sall a décodé le message de son maître.

X pour mandat d’arrêt
Au début, il y a eu des mandats d’arrêt contre des X. Vieux Aïdara et autres risquent 10 ans ferme pour avoir fui.

Y aya Abdoul Dia
Il s’est fait connaître vers la fin de ce procès fleuve avec près de 100 témoins qui ont défilé à la barre de la Crei. L’assesseur Yaya Abdoul Dia a surpris plus d’un en démissionnant en pleine audience. Officiellement, le juge n’a pas digéré les remontrances de Henri Grégoire Diop. Il devra s’expliquer à la juridiction de discipline des magistrats.

Z ap
Des sept «candidats» à la Crei, Karim Wade, Tahibou Ndiaye et Abdoulaye Baldé ont fait l’objet de poursuites. Samuel Sarr, Omar Sarr, Ousmane Ngom et Doudou Diagne ont été Z comme zappé. Pour le moment en tout cas.

Lequotidien


Mardi 24 Février 2015 - 11:16



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