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Procès de Saléh Younous et Mahamat Djibrine au Tchad : Assane Dioma Ndiaye n’exclut pas une autre plainte





Procès de Saléh Younous et Mahamat Djibrine au Tchad : Assane Dioma Ndiaye n’exclut pas une autre plainte
Me Assane Dioma Ndiaye met les pieds dans le plat de la justice tchadienne. Pour lui, le procès ouvert à Ndjamena pour juger les complices de Habré ne sera ni juste ni équitable. Il estime que le Tchad fait une fuite en avant et justifie son refus de transférer Saléh Younous et Mahamat Djibrine visés par les Chambres africaines extraordinaires.

«Je persiste à dire que le procès des co-détenus de Habré ouvert à Ndjamena le vendredi dernier ne sera pas juste et équitable.» C’est du moins l’avis de l’avocat Assane Dioma Ndiaye, au cours d’un atelier de suivi avec les journalistes organisé par le Consortium. «Nous aurons soit un procès expéditif soit un procès complaisant», regrette l’avocat des victimes. Me Assane Dioma Ndiaye explique cette conviction d’abord par la précipitation dont a fait montre la justice tchadienne dans cette affaire. «Entre l’arrêt de renvoi et l’ouverture des audiences, il n’y a pas un mois. Aucun acte d’instruction n’a été fait par la justice tchadienne. Aucune confrontation entre les accusés et les victimes. Pourtant, la plainte qui est à l’origine de ces poursuites date de 2000. Pendant 14 ans, le Tchad n’a rien fait pour donner suite à cette plainte des victimes», s’indigne la robe noire qui visiblement, doute de la bonne foi de la justice tchadienne dans cette affaire.

Mais pour Hugo Jombwé, expert en droit pénal international, c’est très tôt pour douter de la procédure. Même s’il reconnaît la violation du Tchad de l’article 3 du statut des Chambres qui donne mandat aux Chambres africaines de poursuivre les principaux responsables du crime. Pour lui, il faut attendre la suite des audiences pour apprécier la bonne ou mauvaise foi de la justice tchadienne dans cette affaire. Me Ndiaye qui ne peut admettre cette précipitation, quant à lui, ne décolère pas. Il avertit : «Si au terme du procès, nos doutes se confirment, nous envisageons de porter encore plainte devant une autre juridiction compétente.»

L’avocat des victimes note que cette volonté des autorités tchadiennes à vouloir coûte que coûte juger Saléh Younous et Mahamat Djibrine dit «El Djonto», visés par les Chambres africaines extraordinaires (Cae), est motivée par une certaine peur des autorités proches de Deby au vu des investigations profondes faites par les juges d’instruction et le Parquet. «Le Tchad a fait une fuite en avant. Et la meilleure façon pour le régime de réussir son coup c’est d’organiser ce procès et de couper court à la médiation entamée par l’Union africaine dans cette affaire.»
Il faut dire que cette déclaration intervient au moment où une délégation de l’Union africaine séjourne à Dakar pour rencontrer les Chambres africaines extraordinaires et probablement leur faire un compte rendu de son entretien avec les autorités tchadiennes.


Mercredi 19 Novembre 2014 - 15:00



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