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ROBERT SAGNA SUR LA CANDIDATURE AU SEIN DE BENNOO : «Si tout le monde dit : «Moi, je veux être candidat». Mais, ça fait cacophonie, »



Le fait que la principale coalition de l'opposition, Bennoo Siggil Senegaal, n'ait pas encore réussi à trouver un candidat unique n'inquiète guère Robert Sagna, Secrétaire général du Rassemblement pour le socialisme et la démocratie/Takku Defaraat Senegaal (Rsd/Tds). L'ex-maire de Ziguinchor. «Bennoo a sa propre démarche et pense que le choix de son candidat, c’est quelque chose qui ne peut pas être précipité», indique-t-il. Entre autres questions, M. Sagna ne manque pas de solder ses comptes avec Abdoulaye Baldé, sans le nommer. Entretien.



ROBERT SAGNA SUR LA CANDIDATURE AU SEIN DE BENNOO : «Si tout le monde dit : «Moi, je veux être candidat». Mais, ça fait cacophonie, »
Jusqu'à présent Bennoo n'a pas trouvé un candidat unique pour la présidentielle. Etes-vous candidat à cette candidature ?

Nous, nous sommes dans une coalition, et moi, ici, je ne peux pas vous dire : «Voilà, je suis candidat à la candidature de Bennoo». Nous ne procédons pas comme ça. Bennoo a une démarche consensuelle. Et tout ce qui peut gêner cette démarche, ce n’est pas Robert Sagna qui va s’y engager. Donc, je ne pose pas cette question. Mais, j’ai la volonté de trouver un candidat comme tous les autres militants et comme tous les autres responsables. Le moment venu, de manière consensuelle, nous allons trouver ce candidat au sein de Bennoo. Mais, aujourd’hui, si tout le monde se lève pour dire : «Moi, je veux être candidat». Mais, ça fait cacophonie, ça fait désordre. Aujourd’hui, ce que je constate, c’est que les médias, comme d’ailleurs l’opinion, est impatiente de voir ce candidat de Bennoo. Mais, ce je peux vous dire, c’est que Bennoo à sa propre démarche et pense que le choix de son candidat, c’est quelque chose qui ne peut pas être précipité. Les autres priorités, c’est quoi ? Que nous nous accordions sur une nouvelle Constitution. Que nous nous accordions sur une équipe. Et dans cette équipe qui va être le chef d’équipe. L’idéal pour nous, c’est d’avoir un candidat. Mais, si cela n’était pas possible, ce n’est pas la fin du monde. Bennoo sera toujours Bennoo.

Par rapport à la candidature de Wade, la polémique va crescendo...

C’est lui qui a dit qu'il n'est pas éligible à la candidature présidentielle pour 2012. Moi, je m’en tiens à ce qu’il dit. Un chef d’État qui parle, je suppose que nous avons le devoir de croire en ses paroles, sinon ce n’est pas la peine. C’est lui qui dit que la Constitution lui interdit cela, et nous, nous avons lu la Constitution. Nous, nous ne sommes pas des constitutionnalistes, mais, cinq ou six constitutionnalistes sénégalais ont confirmé que les textes lui interdisent d’être candidat. Par conséquent, il n’y a pas de midi à quatorze heures, je pense qu’il est conscient qu’il ne peut pas être candidat.

Comment se porte votre parti, si l'on sait que certains de vos partisans vous ont quitté au profit du Pds ?
Écoutez, la santé de mon parti, le Rsd/Tds, se porte mieux aujourd’hui qu’il ne s’est jamais portée auparavant. 32 villages du département de Sédhiou, du Fogny-Djiragone ont rallié le parti. Un grand- meeting s’est tenu, j’y étais, mais personne n’en parle. Pour moi, c’est un grand événement. Mais lorsque 10, 15 petits pelés quittent le parti, les gens en font des choux gras. Ce qui s’est passé récemment à la télévision, j’ai regardé le départ des soi-disant Moustapha Diédhiou, mais ce sont des gens qui ne sont pas avec nous depuis plus d’un an. Quand nous avons organisé le meeting du 14 mai de Bennoo Siggil Senegaal, ici, à Ziguinchor, ils n’étaient pas avec nous. Ces gens-là avaient quitté le parti depuis bien longtemps. À-t-on besoin d’organiser une publicité à la télévision, allez rencontrer le Président Wade, comme si c’était un événement nouveau pour nous ? J’ai vu à la télé des gens que je ne connais même pas, des gens qu’on est allés prendre à Dakar pour gonfler la délégation. Moi, je ne les connais même pas, ils n’ont jamais adhéré à mon parti. En tout cas, vous interrogez les militants, ici, à Ziguinchor, ils vous diront que c’est un non- événement. Le Moustapha Diédhiou en question, je regrette, mais il y a longtemps qu’il n’est plus avec nous. Vous êtes à Ziguinchor, vous savez comment le Pds se comporte à Ziguinchor, vous savez quelle est la santé du Pds à Ziguinchor. Mais, nous, nous progressons.

Donc, Me Wade, qui prétend atteindre les racines du «Baobab» à Ziguinchor, se trompe de cible ?
Je ne crois pas que ça soit Wade, on est en train tout simplement d’induire Wade en erreur. Et puis Wade, ça l’arrange. Il est en train de faire sa campagne permanente. Donc, des événements comme celui-là, on projette ça sur sa figure, en disant voilà : «On vous amène des militants de tel ou tel parti, ils vous rejoignent parce que vous avez réalisé je ne sais quoi ?». C’est de la pure campagne électorale ça, c’est de la propagande. Quand on lui dit : «Voilà l’essentiel du parti de Robert Sagna». Mais, c’est de la folie. Mais, ces gens, je dis qu’ils ne sont plus avec nous depuis longtemps. Nous ne sommes pas ébranlés par ça. Mais, ce qui nous choque, c’est qu’on veuille tromper le président de la République par une mise en scène du Pds.


Parlons maintenant de la visite du chef de l’État en Gambie où le dossier casamançais a été abordé. Quelle lecture en faites-vous ?
Écoutez, moi, je trouve que c’est une bonne initiative d’aller voir le Président Jammeh pour obtenir de lui une forte adhésion pour la recherche de la paix en Casamance. Ce sont des démarches qui auraient dues être faites, depuis fort longtemps. Mais, il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Là aussi, je ne vois pas de nouveauté. Peut-être que Yaya Jammeh renforce son action en faveur de la Casamance. Mais, Yaya Jammeh a toujours marqué sa disponibilité pour aider le Sénégal à régler cette question. Si cela n’a jamais été fait d'une manière efficace et rapide, ça ne vient pas du Président Jammeh, ça vient du Sénégal, et en particulier du Président Wade. Que ce soit la Gambie ou la Guinée-Bissau, ces deux pays se sont toujours montrés disponibles pour aider le Sénégal. Que le Président prenne enfin l’initiative de se déplacer après deux ou trois missions qu’il a dépêchées là-bas pour voir son collègue Gambien et obtenir de lui davantage d’adhésion à la cause de la paix en Casamance, on ne peut que le saluer, même si je dis encore que ça devait se faire depuis bien longtemps. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire. La paix en Casamance, il faut d’abord que le président de la République s’investisse pour la paix en Casamance, c’est d’abord ça. Une volonté politique, elle doit être manifestée, elle doit être concrète. Toutes les initiatives prises par le président de la République pour la paix en Casamance ont été des initiatives superficielles. Lorsqu’on refuse de tirer les bonnes conséquences des actions menées par son prédécesseur, notamment le départ des négociations en Gambie en 1999, parce qu’on prétend avoir une capacité de régler cette question-là, en omettant les pas qui ont été franchis par son prédécesseur, notamment le Président Diouf, je trouve que ce n’est pas sérieux. Nous avons reculé, nous n’avons pas avancé dans la recherche de la paix en Casamance. Combien de Messieurs Casamance ont été nommés par le régime de l’Alternance ? Quel résultat avons-nous eu ?


Qu’est-ce que Robert Sagna préconise pour une sortie de crise en Casamance ?

Ce que je préconise, c’est une volonté politique du gouvernement. Il doit prendre le train là où nous l’avions laissé, quand on était au Parti socialiste. Il faut des négociations directes entre le gouvernement et ceux qui détiennent les armes. On négocie avec ceux qui ont les armes, ceux qui se battent. Souvenez-vous, en 2004, quand il a mobilisé tous les ambassadeurs, tous les ministres, ici, à Ziguinchor, avec le ministre de l’Intérieur, à l’époque, l’actuel d’ailleurs, pour soi-disant signer les accords de paix, je savais que c’était du bidon. Quand je me suis élevé contre ça, en disant que c’était un accord de plus, mais le président de la République m’ait rentré dedans. Je ne faisais que dire la vérité, et l’histoire m’a donné raison. On fait la paix avec ceux qui font la guerre, on ne peut pas faire la paix avec ceux qui ne sont pas dans le maquis, qui ont quitté le maquis depuis longtemps. Donc, ce problème perdure. Donc, négocier avec les preneurs de décisions et avoir une alternative à l’indépendance que propose le Mfdc. Que les gens déposent les armes, qu’on les réinsère, qu’on démine et qu’on fasse des projets, soi-disant pour pouvoir les insérer dans la vie sociale. Les chances de la paix sont plus grandes qu’hier, parce qu'on a des contacts avec le Mfdc. Ce que nous ne pouvions pas avoir, il y a quelques années. Le Mfdc a aussi exprimé son envie d’aller aux négociations et d’aller à la paix.
Propos recueillis par Idrissa Benjamin SANE (Correspondant)b[

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Mardi 23 Août 2011 - 17:51



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