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Réplique des avocats de l’Etat à la défense : «Karim est coupable»





Réplique des avocats de l’Etat à la défense : «Karim est coupable»
Pour la partie civile, Karim Wade ne peut pas échapper à une condamnation. Me Moussa Félix Sow et Cie ont décidé de répliquer à chaque fois que la défense de l’ancien ministre fera face à la presse.

Œil pour œil, dent pour dent. C’est la promesse des avocats de l’Etat qui annoncent qu’ils répliqueront à la défense de Karim Wade chaque fois qu’ils plaideront devant la presse. A la suite de Mes Seydou Diagne, Ciré Clédor Ly et Cie, qui ont boycotté le procès, la partie civile a fait face aux journalistes samedi. En attendant le verdict de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), prévu le 23 mars, Yérim Thiam estime qu’il est «évident que Karim Wade ne peut échapper à une condamnation». Cet avocat de l’Etat explique : «Ce que nous avons trouvé sur lui, sans parler des sociétés, dépasse le montant de ses revenus. Donc, il est clair qu’il s’est enrichi illicitement. Maintenant, ils viennent dire qu’on est parti de 717 milliards pour arriver à 117 milliards. Mais est-ce que c’est un moyen de se défendre ? En tant que partie civile, nous disons que Karim Wade est coupable. Et c’est notre rôle. Maintenant, c’est à la Cour de trancher», a-t-il dit. Pour Me El Hadji Diouf, l’ancien ministre a «créé» et «facilité» les conditions de sa condamnation. «Il n’appartient pas à la partie civile d’apporter des preuves. C’est à Karim Wade de se justifier. Et son silence assourdissant prouve qu’il n’a pas d’argument pour se défendre», souligne-t-il.

La partie civile considère que les avocats de la défense savent bel et bien que le délit d’enrichissement illicite existe dans le dossier de leur client. Après avoir indiqué que les biens attribués à Karim Wade, à titre personnel, «dépassent de loin ses revenus légaux fixés à 504 millions», Me Moussa Félix Sow ajoute que rien que «les voitures ont été évaluées à 550 millions». Il précise : «Il y a, à peu près, une soixantaine de sociétés, les comptes de Monaco où nous avons découvert près de 36 sociétés. En moyenne, ils en ont créé 100 par un système d’empilement dans des paradis fiscaux. Donc pour moi, l’enrichissement illicite tient.» Me Sow trouve que c’est d’ailleurs «la partie visible de l’iceberg» et jure que si l’Etat entend faire des enquêtes sur la «partie non visible», il lui faudra plusieurs années.

«Les avocats de Karim Wade n’ont pas boycotté»

Sur l’absence des avocats de Karim Wade à l’audience, la partie civile précise qu’ils n’ont pas boycotté. C’est plutôt, constate Me Félix Sow, parce que leur client a «décidé de ne plus comparaître». «Les avocats ne se sont pas déportés. Ils se préparent pour aller devant la Cour suprême. C’est leur droit. Souvent, on a dit qu’il faut utiliser la Haute cour de justice parce que Karim Wade est un ancien ministre. D’abord, la Haute cour de justice juge les ministres dans l’exercice de leur fonction. C’est une Cour politique parce que vous savez très bien qu’une partie est constituée par des députés. Pourtant, les décisions de la Haute cour de justice ne sont susceptibles d’aucune voie de recours. Pourquoi on va alors chercher la Haute cour de justice tout en disant que la Crei ne permet pas de recours alors qu’elle permet un recours en cassation. Ce qui n’est pas le cas à la Haute cour de justice», s’étonne Me Sow. La partie civile conclut que Karim Wade «gagnerait à dire pardon au Peuple sénégalais pour s’être enrichi illicitement».

Lequotidien


Lundi 23 Février 2015 - 10:23



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