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"THE TRAVELLER" DE BAABA MAAL : LE RÉCIT D’UNE ODYSSÉE QUI CONTINUE





’The Traveller’’ (Palm Recordings), le nouvel album de l’artiste-musicien sénégalais Baaba Maal, sorti vendredi dernier en Europe, résume - en neuf titres -, dans son esprit d’ouverture, ses mélodies, ses rythmes et ses mots, une odyssée artistique entamée il y a une quarantaine d’années.

Il y a des morceaux qui ne sont pas nouveaux, certains ayant été composés il y a de nombreuses années, mais ils prennent ici de nouvelles couleurs pour épouser les contours des rencontres humaines et musicales de l’artiste depuis que sa musique le fait voyager, de son Fouta natal vers les studios et scènes du reste du monde.

Le groove de "Fulani Rock" et "Gilli Men" – les deux premiers titres de l’opus – est illustratif d’une quête expérimentale que Baaba Maal poursuit depuis qu’il a pris l’option de faire rencontrer les rythmes et mélodies des profondeurs de son terroir avec des sensibilités d’ailleurs.

"Je pense que ‘The Traveller’ dit comment va la planète, aujourd’hui, d’un point de vue sénégalais (…) Et en dépit des problèmes à de nombreux endroits, cette vision inspire parce qu’elle est positive", souligne l’artiste dans sa description du projet.

A l’écoute, le mélomane comprendra certainement que le titre de l’album soit "The Traveller", parce que sur les neufs morceaux du produit, il voyage dans le temps et surtout dans l’espace, en appréciant le souffle du blues du Sahel, le rock anglais, les percussions wolof sous les baguettes de Bakane Seck et de son groupe, les mélodies mandingues, incontournables sources d’inspiration et socle de la démarche artistique de Baaba Maal.

Sur la pochette du disque, deux images du musicien sont mises en parallèle avec celles d’oiseaux volant vers des horizons pour passer des messages, dire des points de vue sur l’humain et sur le monde.

Baaba Maal – les yeux ouverts ou fermés pour regarder devant lui ou bien percevoir les sons et bruits alentour – est, ici, le voyageur qui, imbu d’une culture et d’un patrimoine assumés dans ses traits les plus positifs, apporte à ceux-ci des éléments fécondants recueillis ici et là, pour les enrichir et les partager.

L’album "The Traveller" se referme par deux titres sur lesquels l’auteur-compositeur sénégalais laisse le champ libre à une de ses dernières rencontres, le poète britannique Lemn Sissay, qui, entre poésie et slam, sur un ton politiquement marqué, dénonce les guerres et les silences qui entourent certaines d’entre elles.

Comme pour marquer un ancrage dans une actualité mondiale troublée par les intolérances et les violences de toutes sortes, Sissay parle de la guerre (‘’War’’) sur un ton rythmé – pour certainement illustrer les bruits de bottes – et esquisser les sillons de la quiétude que procure la paix (‘’Peace’’).

Si, sur le premier morceau, seul Sissay pose sa voix, le deuxième est le lieu d’un dialogue entre les deux auteurs. La mélodie choisie pour "Peace" est celle de "Kaira", tirée du patrimoine mandingue, que Baaba Maal chante, accompagné à la kora par Bao Sissoko et Baba Gallé à la flûte.

Ainsi donc, le chemin parcouru par le voyageur Baaba Maal et le mélomane ayant écouté "The Traveller" - entre "Fulani Rock", le premier titre de l’album, et "Peace", qui le clôture – correspondrait à celui parcouru – virtuellement - par l’artiste-musicien sénégalais entre le souci d’adapter des genres d’ailleurs (rock, pop, électro, etc.) et des mélodies classiques du Sahel et de la savane d’Afrique de l’Ouest, qui sont autant de nécessaires points d’ancrage pour lui.

Sept des neufs morceaux du disque ont été produits par Johan Hugo, qui a engagé la "fabrication" de ce Best Of qui ne dit pas son nom. Les enregistrements se sont faits à Londres, Dakar et chez Baaba Maal à Podor, où Johan Hugo s’est rendu en décembre 2013 lors du Festival "Blues du Fleuve".

Empreint de spiritualité, "One Day", dédié à ceux qui font la différence, à ceux qui sont convaincus qu’ils peuvent réaliser leurs rêves s’ils y mettent la volonté et l’engagement nécessaires, note le chanteur dans le livret du disque.

Sur "Kalaajo", Baaba Maal et les musiciens qui l’y accompagnent atteignent le sommet, entre des voix bien posées, un bassiste imperturbable (Ted Dwayne), un soliste (Kalifa Baldi) donnant le ton au lead-vocal, une calebasse qui s’intègre harmonieusement et des chœurs bien assurés par Ahmet Mall, Aliou Diouf, Kalifa Baldi…

Le très poétique "Lampenda" est une chanson en l’honneur de la communauté des pêcheurs, Baaba Maal chante en wolof pour appeler ses compatriotes sénégalais à cultiver l’unité et l’esprit de solidarité et mener la pirogue (Sunugaal) à bon port.

"The Traveller" est le récit d’un voyage qui continue à travers les premiers concerts - suivant sa sortie - que le musicien donne en Grande Bretagne (du 19 au 23 janvier), en Afrique du Sud (du 29 janvier au 7 février).

Aps




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