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TROIS MOIS DE BOURSE D’UN SEUL COUP : Comment les étudiants dépensent leur « jackpot »



La bourse d’étude est 18000 francs pour la demie et 36000 francs pour la bourse entière. Cependant, avant d’aller en vacances, les étudiants reçoivent d’un coup trois mensualités (juillet, août et septembre). Ces étudiants ont chacun sa stratégie pour épargner ou dépenser le « jackpot ».



TROIS MOIS DE BOURSE D’UN SEUL COUP : Comment les étudiants dépensent leur « jackpot »
En cette matinée de vendredi, sous la pluie battante, un nombre élevé d’étudiants est au campus, en train d’attendre l’arrivée des payeurs. Les étudiants boursiers reçoivent leur rappel de trois mois en cette période de vacances. Depuis trois semaines, ils sont, tous les jours, regroupés devant les guichets pour récupérer leurs sous. Malgré les difficultés pour empocher leur argent, les projets ne manquent pas chez les étudiants. Certains ont même fait leur bilan et ont une idée de la manière de dépenser leur « jackpot » avant même de l’avoir perçu. Au pavillon F, ils sont tous regroupés dans le hall où ils trouvent refuge pour se protéger de la pluie. Prés du guichet de payement des écoles et instituts, Abdou Koné attend l’arrivée du payeur. Interpellé, ce jeune étudiant, en première année à l’Iface, nous confie : « si je perçois aujourd’hui ma bourse, je vais régler certains imprévus et faire quelques achats personnels pour la fête de Korité. Et si l’argent reste, je vais épargner pour bien préparer l’année académique prochaine ». Cet étudiant de 21 ans, casque aux oreilles, semble s’inquiéter en pensant à l’année universitaire prochaine qui se profile à l’horizon. C’est tout le contraire de son voisin, Cheikh Tidiane Diallo qui est également à Iface.

Celui-ci s’est déjà fait une idée des dépenses à faire. « Pour l’argent de ces trois mensualités, je vais acheter des habits et des chaussures, et le reste, je le garde comme argent de poche. Avant le début de la prochaine année, il ne restera même pas un franc. Vous savez, cette somme est dérisoire, on ne peut pas faire d’épargne avec », explique Cheikh Tidiane Diallo. Le jeune homme habitant à Ouakam ajoute : « la bourse n’arrive même pas à couvrir nos besoins dans les études. Comment pouvons-nous épargner ? Pour l’année universitaire prochaine, ce sont les parents qui vont payer mon inscription et transport, en attendant les premiers paiements ». Cette idée, Mamadou Ibrahima Sarr, étudiant à l’Ebad (Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes) ne la partage pas. Cet étudiant au teint noir, trouvé en train de lire son journal, affirme qu’il fait des épargnes et pense déjà aux dépenses de l’année prochaine. « Moi, je n’ai qu’une demi-bourse (18000 francs), et avec ces trois mois de vacances, je reçois 54 000 francs. Je garde 25000 francs pour les inscriptions et diverses dépenses de l’an prochain. Arrivé au village, je donne 15000 francs à ma maman et les 10000 qui restent, je les utilise comme argent de poche. Les 4000 francs vont servir à mon transport », détaille le ressortissant des îles du Saloum. A son avis, ses camarades qui « bazardent leur argent dès qu’ils le reçoivent ont, peut-être, des parents capables de les soutenir, contrairement à moi. Dans le cas contraire, c’est une irresponsabilité puisqu’on sait qu’à l’université, les débuts d’années sont difficiles et les bourses tardent souvent à venir à notre secours ».

Même son de cloche chez cette jeune fille, Bijou Coly. Assise avec ses amies devant le guichet l’étudiante en archives songe déjà à la fête de Korité. « Avec l’argent de cette bourse des vacances, je vais me faire un peu belle pour les besoins de la fête de Korité et essayer d’épargner tant bien que mal ». Une de ces amies l’interrompt et s’invite à l’échange. Khadija, corpulence moyenne, avec ses tresses africaines estime que « c’est vrai qu’on doit épargner pour préparer l’année scolaire prochaine, mais c’est difficile, car la bourse est faible ». En face, il y a les guichets des facultés de sciences juridiques et politiques et celui de la faculté de science économiques et de gestion au pavillon B. Sur place on trouve, Idy, étudiant à la faculté des sciences juridiques et politique qui vient d’empocher la « cagnotte de 108000 francs », comme on dit dans le jargon estudiantin. Interpellé, cet étudiant, à l’allure d’un rappeur, est réticent au début. Il accepte finalement de se confier à nous, sans dévoiler son nom de famille. Par précaution. « Vous savez, si ma famille sait que j’ai perçu ma bourse chacun attendra un cadeau de ma part. Alors que je ne m’en sors même pas. J’avais beaucoup de dettes dans mon quartier, et si je les paye, il ne me restera plus grand chose. Donc impossible d’épargner. Les parents doivent même nous aider à chaque début d’année, avant l’arrivée des bourses », explique Idy. Il regrette aussi le manque de soutien dans les études universitaires, car « les parents estiment que la bourse est suffisante alors qu’elle n’aide qu’à acquérir quelques œuvres, un point c’est tout ».

Oumar KANDE (stagiaire)
Le Soleil

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Mardi 7 Septembre 2010 - 07:01



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