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Transfèrement des co-accusés de Habré : L’UA en audience lundi aux CAE





Transfèrement des co-accusés de Habré : L’UA en audience lundi aux CAE
Une délégation de l’Union africaine s’est rendue au Tchad le 9 novembre dernier. Ce voyage vise à convaincre le gouvernement tchadien à autoriser le transfèrement des deux co-inculpés de Habré aux Chambres africaines extraordinaires. La délégation arrive ce lundi à Dakar pour certainement faire le compte rendu de son voyage de Ndjamena.

Le procès de 29 anciens dignitaires du régime de Hissein Habré s’est ouvert solennellement, hier, à Ndjamena. Et pendant 10 jours, la Cour criminelle va procéder aux formalités d’usage notamment la présentation des prévenus. Pour autant, l’Union africaine ne désespère pas dans sa difficile mission consistant à convaincre l’Etat tchadien de procéder au transfèrement de Saléh Younous et de Mahamat Djibrine dit «El Djonto» à Dakar visés par les Chambres africaines extraordinaires (Cae). En effet, sur demande des Cae, une délégation de l’Union africaine s’est rendue au Tchad le 9 novembre dernier pour y mener des consultations avec les autorités ndjamenoises. Cette délégation se rendra ce lundi au Sénégal certainement pour rendre compte aux autorités judiciaires sénégalaises de la position de l’Etat tchadien sur cette question qui pourrit les relations entre Ndjame­na et les Cae. L’union africaine est tenue d’intervenir parce qu’elle est à la base de cette procédure judiciaire qui est à l’origine de l’inculpation de Habré pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures.

L’Union africaine va-t-il arrêter les Tchadiens dans leur volonté de juger ces deux suspects sur leur sol ? Au vu des actes qu’ils posent, on peut douter de la réussite de cette mission. D’où la crainte des avocats des victimes qui présument que la justice tchadienne est en train d’expédier le dossier sans l’attention et la préparation qu’il mérite. «Peut-être pour justifier le non-transfèrement de Younouss et de Djibrine à Dakar» avance-t-on.
D’ailleurs, les avocats des parties civiles ont dénoncé la précipitation dans l’ouverture de ce dossier. Ils disent ne pas être informés à temps de l’enrôlement de l’affaire au calendrier de la Chambre d’accusation. «La décision a été prononcée depuis le banc et distribuée à l’audience sous forme manuscrite», fustigent les avocats des victimes. Aussi, regrettent-ils, toutes les victimes présentées n’ont pas été auditionnées par la juridiction d’instruction qui n’a pas, non plus, organisé les confrontations entre les présumés tortionnaires et les parties civiles.

«On craint un procès expéditif et mal préparé»

«La date du procès a été annoncée par le procureur de la Répu­blique le 30 octobre, une semaine après la décision de la Chambre d’accusation, ne laissant que deux semaines aux parties pour se préparer pour ce procès d’envergure», se plaignent-ils. Cette précipitation laisse perplexe la principale avocate des victimes, Jacqueline Moudeina, présidente de l’Asso­ciation tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (Atpdh). (…) «La vitesse avec laquelle le pouvoir judiciaire tchadien fait avancer le dossier, après des années de retard, laisse craindre que le procès sera expéditif et mal préparé», dénonce-t-elle.

Les prévenus sont accusés d’assassinats, tortures, séquestrations, détentions arbitraires, coups et blessures et actes de barbaries. Les deux prévenus Saleh Younouss, ancien directeur de la Direction de la documentation et de la Sécurité (Dds), et Mahamat Djibrine sont présentés, selon la Commission nationale d’enquête, comme deux des tortionnaires les plus redoutés du Tchad.

Lequotidien


Samedi 15 Novembre 2014 - 12:27



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