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Validité ou non de la candidature de Karim Wade : A quel ministre se (mé)fier?



L’Etat, c’est du sérieux. Et ceux qui l’incarnent par le système de la représentation, doivent faire preuve de sérieux dans leurs actes et déclarations de toujours, surtout lorsque ceux-ci engagent l’Etat.



L’histoire retiendra en effet que sur une même affaire, l’Etat, de par ses Ministres de la Justice, a eu deux déclarations contradictoires. Ce qu’aucun tribunal ne pourrait se permettre, l’Exécutif l’a fait, c’est-à-dire donner deux positions contradictoires sur une même affaire.
Au demeurant, personne n’a oublié cette sortie du Ministre de la justice, Sidiki Kaba, au lendemain de la condamnation de Karim Wade, donnant des assurances sur le fait que ce dernier conservait tous ses droits civiques et civils. Exactement le contraire de ce qu’avance aujourd’hui son successeur Ismaël Madior Fall.
On peut me rétorquer que ce sont des spécialistes, qu’ils ont des visions qui peuvent être différentes et qu’ils peuvent même se tromper. Soit. Mais, l’Etat lui, ne peut pas se tromper sans pour autant qu’il y ait des dommages d’une extrême gravité.
De deux choses l’une : Soit ces Ministres parlent en leurs noms propres, soit ils parlent au nom de la République. Or, tout le monde sait qu’ils parlent es qualité car, s’ils ne sont pas ministres au moment des déclarations, peu de gens pourraient y prêter attention, même s’ils sont des spécialistes chevronnés.
La réalité est que leurs déclarations engagent la République sur une question aussi sérieuse que la candidature d’un concitoyen à la Présidentielle.
Mais là aussi, on pourra me rétorquer que la validité ou non d’une candidature est du ressort du Conseil constitutionnel qui est seule habilitée à en parler.
Soit ! Mais alors, pourquoi ces Ministres ont cru devoir se prononcer comme ils l’ont fait ? Ne fallait-il pas tout simplement se taire ? Et répondre que c’est au Conseil constitutionnel d’en décider ?
Tout indique en effet que leurs sorties sont guidées par le souci de mener une communication ciblée qui répond à une préoccupation du moment.
Pour Sidiki Kaba, il fallait, au lendemain de cette douloureuse affaire surtout pour les proches des Wade et une bonne partie de l’opinion publique, calmer les esprits qui étaient très surchauffés. Les choses pouvaient dégénérer à tout moment et l’assurance sur la validité de la candidature de Karim avait le don de calmer les esprits.
Aujourd’hui, nous vivons une autre époque. Nous sommes en pleine polémique sur le retour de Karim contre lequel des procédures de saisie ont été enclenchées. La bataille fait rage entre Macky et Wade, l’ancien président, dans le souci de domination du terrain de la communication.
C’est dans ce contexte qu’Ismaël Madior Fall, mandaté à cet effet, est venu porter l’estocade aux libéraux qui rêvent de voir Karim être de retour pour être candidat.
Cette sortie a été bien mûrie et réfléchie, comme du reste celle de Sidiki Kaba.
Malheureusement, les Sénégalais ne savent pas à quel Ministre se fier ou de quel Ministre se méfier.
La communication politique ne rime pas toujours avec manipulation car, celle-ci est toujours portée à être découverte.
Elle doit être cohérente, constante, brillante et circonstanciée. Tout le contraire de ce que nous servent nos chers Ministres, du moins sur cette affaire.
La question de la validité ou non de la candidature de Karim Wade se heurte à la ‘’question préjudicielle’’ de son retour. C’est le retour dont il faut parler d’abord, étant entendu qu’il peut être candidat, même à distance comme on peut l’être de Rebeuss. Et tant que Karim ne sera pas de retour, il aura du mal à convaincre l’opinion de sa bonne foi, en somme de sa crédibilité en tant qu’homme politique.
Or, l’opinion ne comprend rien ni du protocole de Doha, ni de sa candidature. Et nous sommes à 8 mois des élections. (Assane Samb/Rewmi)

PiccMi.Com

Jeudi 14 Juin 2018 - 10:02



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