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Visite mouvementée dans les zones inondées : Le Pm Abdoul Mbaye en eaux troubles





Visite mouvementée dans les zones inondées : Le Pm Abdoul Mbaye en eaux troubles
Un dispositif important certes ! Très intéressant même, avec un avancement réel des travaux. Beaucoup d’impairs tout de même. Le gouvernement actuel est décidé à faire face aux inondations, cette année. D’où la visite des sites par le Premier ministre, samedi dernier. Mais le constat est que la logistique disponible ne permet pas de maîtriser les eaux. Loin s’en faut. La machine sera toutefois bientôt mise en branle, d’après Abdoul Mbaye.

Samedi dernier, au lieu d’avoir affaire à des sites potentiellement inondables, le Premier ministre Abdoul Mbaye a eu droit à un accueil dans des lieux réellement inondés. Ce qui a permis de constater le risque sous lequel vit encore la population de Dakar, particulièrement celle de la banlieue.

Déjà, avec une pluie seulement, la coupe de certaines localités est déjà pleine. Les rues sont complètement bouffées par les eaux, rendant déjà certains sites inaccessibles, à tel point qu’un quartier comme Thiaroye a été zappé dans la tournée. Et il suffit de voir le matériel et les ouvrages disponibles pour l’instant par rapport à ce qu’il faut pour se rendre compte que le calvaire n’est qu’à son début. En réalité, le dispositif sur place est très important et l’état des travaux satisfaisant à certains endroits, mais la réalité est que la banlieue de Dakar est bien partie pour revivre les cauchemars des années passées. Sauf si, ce «plan de sauvetage fin prêt», annoncé par la Premier ministre, ne vienne à son secours.

«Nous avons tenu un comité interministériel. A la suite il y a eu un commissaire technique qui a eu la charge de finaliser une matrice d’action permettant de prévenir et d’éviter des inondations graves. Ce commissaire a achevé son travail. La matrice a été définitivement établie, les moyens de financement et les responsabilités partagés. Désor­mais, le plan de lutte contre les inondations à venir est fin prêt», déclare le chef du gouvernement qui a tenu à préciser que tout celan’est que provisoire puisque la solution définitive reste un plan d’assainissement pour toutes les villes.

MULTIPLICITE DES ACTEURS
Mais en attendant, il faut reconnaître que la question est autrement plus complexe qu’on ne le pense de prime abord. D’abord, au vu des nombreux intervenants en fonction des en­droits. En effet, en dehors des sa­peurs-pompiers omniprésents, des municipalités et autres ministères, il y a Eiffage qui est entré dans la danse par le truchement de l’Apix, puis de l’Age­route avec qui l’entreprise française a eu successivement des con­trats de pompage d’eau sur l’autoroute.
En fait, l’année dernière, face au déficit de matériel des sapeurs-pompiers à Hann Maristes, l’Apix avait fait intervenir Eiffage. Une fois son budget épuisé, Ageroute a pris le relais. Mais depuis le mois d’avril, cette dernière agence a arrêté le contrat. Ce qui laisse l’endroit vide. Il est vrai que les sapeurs-pompiers ont déclaré de­vant les autorités de disposer de moyens pouvant faire plus que Eiffage, mais un responsable de l’Apix se refuse d’adhérer à une telle thèse. D’autres techniciens comme lui pensent qu’en cas de retrait de l’entreprise privée sans solution de substitut, il suffira de quelques jours pour que l’eau envahisse l’autoroute.

UN LANGAGE DIFFERENT

Ensuite, l’autre problème fondamental est que les acteurs ne parlent pas le même langage. Les focus groupes spontanés qui se sont créés à l’occasion de l’arrivée du Premier ministre a permis de constater que les intervenants ont des approches aussi différentes que contradictoires. C’est d’ail­leurs ce que Abdoul Mbaye a qualifié sous le vocable atténuant de «quelques controverses», tout en promettant d’y apporter une solution à l’issue de la réunion prévue aujourd’hui.

En plus, ces impairs sont sans compter avec les initiatives individuelles ou communautaires des po­pulations qui, parfois sont certes heureuses comme s’en est réjoui le Premier ministre, mais également sont en contradiction totale avec les projets de l’Etat. Ce qui pose un problème de compréhension et d’adhésion. En la matière, l’exemple le plus illustratif est celui de Niétty Mbar à Pikine où le maire n’a pas voulu qu’un terrain serve de bassin de rétention, sous prétexte qu’il a des constructions sociales à faire.
Ainsi, après l’avoir persuadé de la pertinence d’un bassin au lieu indiqué, le Premier ministre s’est retourné du côté des techniciens pour leur tenir ce langage : «Si vous n’arrivez pas à convaincre les populations, vous allez échouer.» L’aveu est de taille. Le gouvernement n’arrive pas à emballer les résidents par ses plans. Cambérène fournit le parfait exemple. Mais dans tous les cas, l’échec des interventions est sans doute tout ce que les populations ne souhaitent pas, au vu des difficultés et de l’espoir réel que la visite a suscité chez eux.

Le Quotidien

Lundi 9 Juillet 2012 - 14:32



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