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Vol avec effraction : Confondue par la Sonatel, la comédienne Aby Diagne risque 2 ans de prison





Vol avec effraction : Confondue par la Sonatel, la comédienne Aby Diagne risque 2 ans de prison
La comédienne de la troupe Soleil Levant de Thiès, Aby Diagne risque gros. Accablée par les réquisitions de la Sonatel, le procureur a requis 2 ans de prison ferme à son encontre. Le délibéré est fixé au 21 mai prochain.

Le contraste entre une prévenue plus qu’indélicate et une partie civile effondrée, mais digne, est parfois frappant. Hier, au Tribunal des flagrants délits de Dakar, la comédienne de la troupe Soleil Levant de Thiès, Aby Diagne, est apparue, à la barre, habillée d’un grand boubou marron et d’un voile qui lui colle en bandoulière. Elle a pris d’emblée le parti de clamer son innocence et de défier le Tribunal. Maladroitement.

Plus l’audience avançait, plus sa défense butait sur des relevés téléphoniques qui avaient déjà fermé bien des portes. Là encore, la prévenue n’apparaissait pas sous son meilleur profil. Son sort judiciaire sera scellé le 21 mai prochain. En attendant, elle encourt une peine de prison de 2 ans ferme, pour des faits de vol avec effraction. Les faits se seraient produits dans la journée du 7 avril dernier.

A la barre, elle a nié toute participation et s’est battue contre les réquisitions de la Sonatel qui l’accablent. «Je ne suis pas retournée à Dakar pour commettre un quelconque vol. Le jour des faits, j’étais à Thiès.» Pourtant, les conversations téléphoniques ont fait le sel du procès en éclairant les recoins les plus sombres du dossier. Les relevés téléphoniques fournis par les éléments de la section de recherches de la gendarmerie nationale démentent la thèse de la prévenue et l’accablent.

Pas un élément susceptible d’accréditer la thèse selon laquelle la mise en cause était à Thiès, au moment du vol. Seulement, l’examen méthodique des relevés téléphoniques révèle des traces d’appels entre la plaignante Oumou Kalsoum Ndiathie et la prévenue, avant le vol. Les bornes activées par leur portable ont montré que «l’émetteur et le récepteur n’étaient pas dans la même zone : l’une était en route sur Dakar et l’autre se trouvait à Thiès». Des éléments de preuve qui parlent d’eux-mêmes.

Le procureur, lui, a surpris plus d’un, quand il s’est agi de faire son réquisitoire. Il s’est attardé sur les relevés des appels de la Sonatel qui confirment que Aby Diagne est bien retournée à Dakar, le jour des faits. Pour le Parquet, à chaque étape de la procédure, Aby Diagne a servi une déclaration différente de la précédente. Le représentant du ministère public a fait remarquer que la prévenue est sans conteste coupable des faits de vol avec effraction qui lui sont reprochés. Il a requis 2 ans ferme à son encontre.

Ses conseils ont voulu croire à l’innocence de leur cliente, avec l’énergie de l’espoir à toutes les pistes, même les plus improbables, susceptibles de faire vaciller l’accusation. Car, pour convaincre le Tribunal, il fallait un tir groupé sur le document de la Sonatel qui a examiné méthodiquement les relevés téléphoniques. Allant jusqu’à dire que «ce n’est pas un document fiable». La relaxe pure et simple a été demandée à titre principal par les avocats de la défense et, à titre subsidiaire, la relaxe au bénéfice du doute.
Elément-clé du procès : Un arbitre nommé Sonatel

Autant les témoignages peuvent parfois être approximatifs et partiaux, autant la téléphonie, elle, ne ment pas. Ne se trompe pas. Et la synthèse des appels, passés ou reçus par la comédienne Aby Diagne au cours de la journée du 7 avril dernier, ne lui profitent pas. Désignée par les gendarmes enquêteurs comme la principale suspecte dans cette affaire de vol avec effraction, elle a nié farouchement. Et pourtant, durant toute la journée des faits, la Sonatel a passé au peigne fin, minute après minute, heure après heure, les appels reçus ou émis par chacune des deux parties, les téléphones portables permettant également, grâce aux antennes relais, de localiser les personnes concernées.

Les relevés téléphoniques font état d’appels passés ou reçus par la prévenue entre 11 heures et 23 heures aux environs du quartier dakarois Ouest Foire. Ce qui tend à alimenter la version selon laquelle Aby Diagne serait retournée à Dakar, le jour des faits, après avoir quitté la Capitale vers 11 heures. Voilà qui contrarie beaucoup la version de la mise en cause, qui prétend qu’elle était à Thiès au mo­ment des faits. Du coup, l’affaire a été marquée par l’audition des relevés téléphoniques faite par la Sonatel, qui a sans doute fait basculer le procès.

Le Quotidien

Mardi 15 Mai 2012 - 13:50



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